Dirty New-York

Qui a dit que le linge sale se lavait uniquement en famille ?
 
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 Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]

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MessageSujet: Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]   Mar 23 Juin - 17:29

Pendant ma mission, je résidais dans un petit appartement. L’agence de détective me payait mon séjour à New York étant donné que c’était à cause d’eux que je me trouvais là. J’avais une mission : espionner un certain Matteo Rinaldi, et le coffrer si je découvrais quoi que ce soit nous permettant de le mettre sous verrou. Durant le vol qui m’avait mené dans la ville de la Grande Pomme, j’avais étudié son dossier et apparemment, il était connu pour être un mafieux. C’était bien la première fois que j’avais affaire à une personne de sa catégorie et même si certain craignait les représailles, personnellement, j’y allais de façon confiante. Peut-être était-ce de l’inconscience de ma part mais je m’en moquais. J’avais un boulot que j’aimais et j’étais plutôt forte en filature. J’avais débarqué à New York avec ma panoplie de valises remplies de vêtements tous plus différents les uns que les autres afin de pouvoir faire ça correctement. J’ignorais combien de temps j’allais être ici alors il fallait bien que je prévois.

En tout cas, l’appartement était plutôt confortable, il y avait tout ce qu’il fallait. J’avais passé les premiers jours à chercher ce fameux Matteo qui s’avérait étonnement discret et presque dur à trouver, mais j’avais réussi et ma filature pouvait enfin commencer ! Je m’habillais de façon quelconque afin de passer inaperçu et chaussais mon nez de mes Rayban. J’avais trouvé l’adresse de mon suspect et m’y rendis sans plus attendre. Normalement, à cette heure-ci, il se trouvait encore chez lui. Sinon, je pourrais toujours le tracer mais ça prendrait un peu plus de temps. Je pris un taxi qui me fit traverser les rues de New York. Même si la circulation était affreuse, il ne mit pas trop longtemps à arriver à destination. Je le fis s’arrêter quelques mètres avant et sortis du véhicule en lui laissant son argent. Tranquillement, j’observais tout en me faisant discrète. Puis je le vis sortir. Sans plus attendre, je me mis à le suivre dans la rue. Tout en veillant à garder une distance raisonnable. Pour faire un peu plus vrai, je mis mes écouteurs et lançais mon ipod.

Je n’étais pas encore trop habituée à la foule immense qu’il y avait à New York, du coup à plusieurs moments, je faillis le perdre de vue, mais heureusement pour moi, il était plutôt grand alors je réussissais à le retrouver sans trop de mal. Contre toute attente, il entra sans hésiter dans une église. J’arquais un sourcil et le suivis à l’intérieur. Je coupais mon ipod et le rangeais dans mon sac. L’air se rafraichit aussitôt et un petit frisson me parcourut. Sans plus attendre, j’effectuais le signe de la croix et repérais mon suspect sur un banc. Silencieusement, je me comportais comme une véritable touriste en faisant lentement le tour, observant les différents vitraux que je trouvais toujours magnifiques. Néanmoins, je jetais des coups d’œil vers lui afin de ne pas le perdre de vue. Je m’intéressais un peu aux plaques commémoratives. Bref, une touriste dans toute sa splendeur. Je continuais de faire le tour puis brusquement, je le perdis du regard. Et merde ! Je me retournais assez vivement pour me diriger vers la sortie quand je heurtais malencontreusement quelqu’un dans le dos.

« Oh ! Pardon je suis désolée, je ne vous avais pas… »

Ma voix s’éteignit lorsque je vis qui je venais de percuter puis comme si mon cerveau était lancé, je terminais par un « vu » pitoyable.
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MessageSujet: Re: Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]   Lun 14 Sep - 15:15

Assis sur un banc, tête baissée, je demandais à Dieu de me pardonner mes fautes et mes manquements. Et disons que j'en avais des choses à me reprocher. Mais en "bon" chrétien, je continuais à demander pardon à Notre Seigneur.
Faisant le signe de la croix, baisant mon chapelet qui ne me quittait jamais, je me levais. Je me dirigeais vers cette cabine que j'avais surnommé étant plus jeune, la "cabine aux péchés". J'y entrais, refermais derrière moi et je commençais le petit rituel avant de me confesser auprès du Père Garett. Il me connaissait plutôt bien à force d'entendre ma voix et mes confessions. Bien sûr, jamais je ne lui avouais clairement mes péchés, on ne sait jamais. Mais j'avais ce besoin de m'épancher afin de me laver la conscience. Même si cela faisait bien deux ans que je n'avais pas exécuter qui que ce soit, je préférais continuer ce rituel. J'avais grandi dans le respect de la religion chrétienne.... Et même si mes parents n'étaient pas des saints, ils étaient très à cheval sur les principes bibliques. Une fois mes confessions finies, je quittais la petite cabine.

Je me dirigeais vers la sortie, la tête pleine de pensées sur ce que j'allais pouvoir faire. A Turin, je ne me posais pas ce genre de questions, pour la simple bonne raison, qu'il était rare que je n'ai rien à faire ! Il y a toujours à faire dans la mafia. Mais ici... J'étais un parfait inconnu, certes, j'avais toujours ma fortune mais... Bizarrement, je ne vivais pas comme un roi. J'avais emménagé dans le Queens pour avoir la paix. Je ne connaissais personne et personne ne me connaissait. Je ne sortais que rarement et mon argent me servait essentiellement à payer mon loyer, à manger et entretenir ma voiture. Même ma voiture n'était pas si luxueuse. Une voiture d'occasion, le genre de voiture qui dit "Je ne suis pas riche mais je ne suis pas pauvre non plus". Bref, je me faisais le plus discret possible. Je continuais d'y réfléchir lorsque je me sentis percuté. Bon pas au point de faire un bond mais tout de même !

Je me retournais et vis une magnifique, non une sublime blonde l'air complètement perdue. Malgré qu'elle parle un anglais parfait, je perçus un petit accent que je reconnaitrais toute ma vie. Alors, je lui répondis en italien :

"Ce n'est rien, belle demoiselle, je peux comprendre que l'architecture de cette magnifique église m'est totalement rendu invisible à vos yeux."

Je m'étais alors permis de lui prendre la main avec douceur et de la baiser en m'inclinant. Qui ça ? Moi un charmeur ? Oui, je l'avais toujours été et face à une femme aussi belle... Mon côté séducteur refaisait surface. Une fois que je me fus relever, je lui disais en anglais cette fois :

"Je m'appelle Matteo... Matteo Garibaldi. Et vous ?"

Je lui avais mentis sur mon nom de famille. Mais étant donné qu'elle était italienne, je ne voulais surtout pas qu'elle puisse découvrir qui j'étais réellement. J'avais réussi à me faire discret, je n'allais pas tout foutre en l'air maintenant. Alors j'avais pris le premier nom de famille qui me venait à l'esprit. Des Garibaldi, il y en avait des tas en Italie !
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MessageSujet: Re: Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]   Jeu 1 Oct - 18:36

Suivre quelqu’un, c’était vraiment tout un art qu’on mettait parfois énormément de temps à s’apprendre. Mais moi, je n’avais pas eu trop de mal à comprendre les ficelles et j’étais rapidement devenue une des meilleures. J’avais toute une série de tenue pour parfaire mes filatures. Seulement voilà, en suivant Matteo je n’avais pas prévu de me retrouver face à lui en confrontation directe. Il n’était pas censé me voir, ni voir à quoi je ressemblais. ET MERDE ! C’était la poisse ! Pourquoi est-ce que je n’avais pas simplement attendu à l’extérieur au lieu de rentrer dans cette foutue église pour aller admirer l’architecture ? Sauf que si je ne l’avais pas suivi, il aurait très bien pu sortir par une autre porte… Et là, j’aurais pu dire adieu à ma séance de filature. Mon formateur aurait été avec moi, il m’aurait déjà traité de nulle. D’ailleurs, j’entendais sa voix qui me disait à quelle point j’étais distraite et qu’il fallait que je prenne ce boulot un peu plus au sérieux. Mais ce boulot était tout ce que je prenais au sérieux !

Je n’eus pas d’autres choix que de passer pour une simple visiteuse de passage qui venait de lui rentrer dedans par mégarde. Bon, je lui étais vraiment rentrée dedans par mégarde, mais je n’étais pas une visiteuse de passage. C’était ma cible et moi, je venais de lui signaler ma présence par la pire des façons qu’il soit. Il aurait limite peut-être mieux valu qu’il me surprenne entrain de l’espionner que comme ça parce maintenant, j’étais coincée. Vraiment trop coincée ! A aucun moment je n’avais prévu d’entrer dans son espace, sauf pour l’arrêter suite à une bourde qu’il aurait faite. La vie était trop imprévisible, s’en était vraiment pénible. Mon accent italien dû se faire entendre parce qu’il me répondit dans notre langue natale, comme si c’était normal. J’ouvris la bouche pour lui répondre mais je n’en eus pas le temps parce qu’il attrapa ma main et y déposa un baiser. Non mais… NON MAIS JE RÊVE !! Il me drague ou quoi ?!

Je restais interdite pendant quelques instants, ne sachant pas du tout comment réagir. J’en avais vu des trucs dans ma vie, mais ça c’était bien la première fois que ça arrivait. Je faillis lui crier dessus en lui répliquant que je savais pertinement qui il était et qu’il avait pas besoin d’être aussi mielleux avec moi parce que ça ne changerait pas du tout l’opinion que j’avais de lui, mais je me retins. Ne fais pas tout foirer Jeza ! On se contrôle un minimum ! Au lieu de quoi, je lui offris un magnifique sourire, dévoilant mes dents blanches et parfaitement allignées.

- Chiara Mancini, lançais-je en italien. Ravie de retrouver un compatriote aussi loin de la maison.

Quoi ?! Oui, j’aurais pu faire actrice ! Dans mon métier, mentir devenait une seconde nature. Par contre j’avais remarqué qu’il avait menti sur son nom de famille. Mais je ne laissais rien paraître. Moi-même, je lui avais donné, dans un sens, ma véritable identité, sauf que voilà, mis à part mes parents, personne ne connaissait mon premier prénom. Je ne l’aimais pas spécialement, je le trouvais beaucoup trop banale alors que Jezabel, ça sonnait nettement mieux. Je remis mon sac à main correctement sur mon épaule et continuais :

- Vous aussi, vous êtes en vacances ? Ou… Voyage professionnel ? Je marquais une légère pause avant de continuer : Oh pardon, je suis indiscrète. Vous n’êtes pas obligé de répondre. D’ailleurs, je dois vous importuner plus qu’autre chose, désolée.

J’avais essayé de faire une tentative pour que nos chemins se séparent et pour que je reprenne ma filature, mais je ne savais pas du tout si ça allait fonctionner… Je ne le connaissais pas au niveau des relations professionnelles et je n’avais pas envie de le connaître ! D’ailleurs, j’avais la main où il avait apposé ses lèvres qui me démangeait et je devais à tout prix éviter de me la frotter pour faire disparaitre sa marque.
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MessageSujet: Re: Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]   Mer 17 Fév - 1:16

Aussi incroyable que cela puisse paraître, j'étais du genre religieux ! Oui, je ne manquais jamais la messe du dimanche, je priais avant chaque repas et avant d'aller me coucher. Je faisais le Carême, je lisais régulièrement la Bible... Et pourtant, j'étais impliqué dans de nombreux meurtres, vols et escroqueries... Je le savais que Notre Seigneur ne tolérait aucun de mes péchés et que je risquais de ne pas voir Son pardon... Mais, c'était mon gagne pain. Je ne connaissais aucune autre façon de gagner ma vie... Enfin, j'avais fini par me calmer. Ici, à New-York, j'étais un parfait inconnu. Même si je me baladais toujours avec une arme sur moi... Les vieilles habitudes.

Alors que je comptais sortir, je tombais nez à nez avec une sublime blonde... Qui après avoir ouvert la bouche, me fit comprendre qu'elle était italienne. J'avais rencontré de nombreuses personnes ayant des origines italiennes sans pour autant en être à part entière. Je veux dire qu'ils ne connaissaient rien de ce beau pays ou de cette langue magnifique ! Leurs parents étaient italiens mais eux... Seulement d'origine grâce à leurs parents. Mais en entendant parler cette jeune demoiselle, je compris bien vite qu'elle était italienne. Et lorsqu'elle me répondit en italien... Mon coeur se mit à cogner dans ma poitrine. Tant de souvenirs me revinrent en mémoire... Ma mère qui préparait de bons petits plats à la cuisine tandis que mon père et moi discutions au salon, les amis que je m'étais fais... Nos voyages... Je devenais un peu trop nostalgique ! Chiara Mancini... Je me promis de ne pas oublier son prénom !

" Il faut dire que rares sont les italiens à partir aussi loin... L'Europe nous est plus agréable que les Etats-Unis, on dirait." lui dis-je en riant doucement.

La raison pour laquelle j'avais préféré fuir au pays du McDonald's plutôt que celui de la baguette ou de la paëlla... Sincèrement, j'aurais préféré me réfugier dans ces pays. Ils étaient bien plus proches et m'étaient plus familiers que les Etats-Unis. Et puis, j'avais déjà fais un petit tour en Espagne... Un pays magnifique ! Et les femmes étaient juste... Des fantasmes vivants ! Pas autant que la femme qui se tenait face à moi... Il faut dire que Chiara dégageait une classe incroyable et... Une touche de mystère planait au dessus d'elle et je voulais savoir ce qu'elle pouvait bien cacher.

" En quelque sorte. Je suis ce que les américains appellent un globe-trotter. Je voyage au grès de mes envies... Et vous ?"

Ma deuxième identité ? Je la connaissais par coeur. J'étais un fieffé menteur et je ne m'en cachais pas. Mais c'était ce qui m'avait sauvé la vie jusqu'à maintenant... Ca et mon intuition. Et ma méfiance. Dans le milieu où je vivais, il fallait se méfier de tous. Je me méfiais même de mes parents. Oui, même eux pouvaient se retourner contre moi pour quelques milliers d'euros. Alors dans un pays qui m'était totalement inconnu... Ma méfiance devenait paranoïa. Même cette magnifique femme était un danger à mes yeux... Oui, une femme peut faire tourner la tête d'un homme au point qu'il en oublie tout ce qui fait de lui ce qu'il est... Un proverbe dit : "Ce que femme veut, Dieu veut."

"Que diriez-vous de poursuivre cette conversation autour d'un café, c'est moi qui invite..."
lui proposais-je, un sourire charmeur aux lèvres.
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MessageSujet: Re: Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]   Mer 30 Mar - 9:04

Espionner les « méchants » faisait parti de mes attributions mais jamais encore je ne m’étais retrouvée en face à face avec la personne que je filais. C’était une grande première et je ne savais pas du tout comment gérer la chose. La première chose à laquelle j’avais pensé, c’était de me faire passer pour une simple touriste italienne qui venait de lui rentrer dedans. J’aurais préféré que les choses se passent autrement mais parfois le destin nous réservait des surprises auxquelles on ne pouvait pas lutter. J’enfilais mon habit d’actrice et entrais dans le personnage de la touriste ravi de tomber sur un compatriote. Je lui offris mon plus magnifique des sourires avant de lui offrir mon identité. J’aurais peut-être dû lui donner un autre nom de famille que le mien, mais tellement peu de personnes me connaissaient sous le nom de Chiara que j’étais certaine de ne rien risquer. Et puis de toute façon, il aurait un jour l’occasion de me connaître réellement lorsqu’on lui mettrait la main dessus !

- Il faut croire oui. Pourtant les Etats-Unis sont tout aussi charmantes, répondis-je. Dommage que les billets d’avion soient trop chers. J’ai économisé des mois pour venir ici, du coup ça n’a rien d’étonnant que l’Europe soit plus attrayante.

Je continuais de sourire. Bien évidemment, je n’avais rien économisé du tout, c’était la boîte qui payait, donc elle avait les finances pour. À un moment ou un autre, on ne pouvait pas faire la fine bouche quant à l’arrestation d’un trafiquant. Aussitôt j’enchaînais en lui demandant ce qu’il faisait à son tour aussi loin de l’Italie. Bien sur, je lâchais des suppositions idiotes : des vacances ou peut-être le travail. J’étais dans mon rôle de parfaite touriste. Enfin il ne fallait pas trop que j’entre dans la naïveté non plus parce que sinon, j’allais apparaître comme une débile. Pour être un bon acteur, il ne faut pas trop se dénaturer.

- Oh ! Vous avez un blog ? demandais-je avec un intérêt feint. Vous en avez de la chance ! Moi je suis en vacances. Je suis arrivée il y a peu donc je n’ai pas encore tout découvert, mais à la fin du mois, je compte bien tout savoir.

Et quand je disais « tout savoir », c’était relatif à lui bien évidemment ! La Grande Pomme, je m’en fichais. Ou peut-être reviendrais-je en une autre occasion : de vraies vacances avec Diego, par exemple. Je lui offris un grand sourire et remis mon sac correctement sur mon épaule. Matteo me mentait, il n’était pas un globe-trotteur, ça je le savais. Mais je mentais aussi alors disons que c’était donnant-donnant. Sauf que ça, il ne le savait pas. Pour l’instant tout du moins. Dès que je serais débarrassée de lui, il faudrait que j’appelle le centre pour leur dire l’évolution de la situation.

Je fis une tentative afin que nos chemins se séparent, mais celle-ci tomba à l’eau car Matteo me proposa d’aller prendre un café. MERDE ! Intérieurement, je pris une grande inspiration et expirais lentement. J’offris à nouveau mon meilleur sourire à l’homme en face de moi.

- Si c’est vous qui invitez, comment pourrais-je dire non ? C’est si gentil de votre part.

Je repoussais ma chevelure blonde derrière mon dos et me tournais afin de sortir de l’église. Une fois dehors, je constatais que niveau café, nous avions l’embarras du choix. Je me tournais vers mon suspect numéro 1 et lui demandais :

- Vous avez une préférence ou bien un de ceux là vous conviendrait ? Je vous aurais bien proposé celui en face de mon hôtel, mais nous sommes un peu loin de celui-ci.
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MessageSujet: Re: Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]   Mar 24 Mai - 15:02

Comme quoi, les Voies du Seigneur sont impénétrables. Qui aurait cru que j'aurais rencontré une aussi belle femme dans une église... C'était peut-être un signe, je devais en savoir plus sur elle et pourquoi pas, avoir une relation avec ce bel ange.
Donc, je continuais à lui parler, lui poser des questions afin de pouvoir la revoir etc.
Nous discutions alors de ce nouveau pays qui nous accueillait tous les deux. Il faut dire que l'Italie me manquait beaucoup, mais si je mettais le pied sur ma terre natale, je risquais de finir en cellule pour un long moment.

"C'est vrai que les billets sont couteux mais de temps en temps, il faut savoir se faire plaisir. Et puis, les Etats-Unis est un pays à voir au moins une fois dans sa vie !"

Oui, j'aimais mon nouveau pays, même si j'avais parfois envie de retourner en Italie. Mais aux Etats-Unis, tout était plus grand, plus pharamineux. Dans certains cas, c'était plus beau, plus bon. Enfin bref, l'envie de grandeur des Etats-Unis se ressentait dans tout ce qui nous entourait.
La jeune femme me demandait alors si j'avais un blog. Je hochais la tête, toujours souriant. J'avais parfaitement travaillé mon personnage. Je savais bien que je pouvais être suivi ou faire l'objet d'une enquête. Donc, j'avais déjà tout préparé, juste au cas.

"Bien sûr, j'ai un blog que je pourrais vous le montrer... Et pourquoi pas, vous faire faire visiter New-York. Je connais quelques bonnes adresses. Les bons restaurants, les musées à voir etc..."

Oui, je voulais la revoir. Je ne pouvais pas laisser une aussi belle femme s'évaporer dans la nature. Il en était tout simplement hors de question !
En voyant que la jeune femme acceptait mon invitation, je souriais.

"C'est avec plaisir que je vous invite, chère demoiselle."

J'étais un jeune homme plein de politesse et de galanterie... Malgré mon côté macho. Mais je savais séduire les femmes grâce à ce côté poli et doux que je savais montrer. Personne ne pouvait deviner que j'étais en réalité un dangereux criminel. J'avais tué, volé, menti, torturé ! Et pourtant, je restais quelqu'un de très respectueux, poli et agréable à vivre...
J'entrainais Chiara dehors. Elle me demanda alors si je connaissais un café où nous pourrions nous installer.

" Celui d'en bas de la rue est excellent et en plus j'adore leurs viennoiseries !" dis-je avec entrain. J'avais pris l'habitude d'aller y boire après la messe. J'y avais pris mes petites habitudes, le patron me connaissait et savait que je prenais souvent la même chose. Un cappuccino et des croissants. J'emmenais donc ma toute nouvelle connaissance avec moi dans le café que j'avais choisi.
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MessageSujet: Re: Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]   Jeu 26 Mai - 11:13

J’étais détective et me voilà obligée de devenir actrice. Me faire passer pour une italienne en voyage aux Etats-Unis s’avérait beaucoup plus facile que ce que je pensais, mais j’aurais préféré ne pas avoir à le faire. Sauf que manque de chance pour moi, je m’étais faite ‘découverte’ à cause d’une inattention de ma part. Ça m’apprendra. En attendant, il fallait que je prenne sur moi et que je joue mon rôle pour ne pas être découverte. Je soulignais le fait que j’avais dû économiser pendant des mois pour pouvoir m’offrir des billets d’avion. Ce qui était complètement faux parce que c’était la boîte qui me les avait offerts mais face à lui, j’étais une touriste. Donc j’étais censée être celle qui les avait payés.

- Vous avez entièrement raison, répondis-je. Je ne suis pas mécontente de mon voyage. Mais ce n’est que le début, j’espère bien découvrir d’autres choses. Tant que je suis ici, autant en profiter, non ?

Je continuais de jouer mon rôle, demandant à Matteo ce qu’il faisait loin de l’Italie. Celui-ci me répondit le plus naturellement du monde qu’il était un globe-trotteur. Je feignis l’admiration, sachant pertinemment que s’il était coincé là, c’était tout simplement parce qu’il ne pouvait pas rentrer au pays. Mais je souhaitais savoir s’il avait peaufiné son rôle jusqu’au bout ou pas. Alors je lui demandais s’il possédait un blog avec l’ensemble de ses voyages. Je ne m’attendais pas trop à ce qu’il me réponde par la positive, mais je ne laissais rien transparaître. Je lui offris mon plus beau sourire colgate quand il me proposa de me le montrer, mais aussi de me faire visiter New-York.

- C’est vrai ? Oh ce serait merveilleux, mais je n’ai pas envie de vous déranger.

Très honnêtement, je n’avais pas spécialement envie que cette rencontre ait une prochaine fois parce que sinon, il allait falloir que je change de tactique et je n’aimais pas ça. Je n’aimais pas changer ma façon de travailler, mais si ça continuait comme ça, il allait falloir. Enfin, ne pensons pas à au-delà, je n’y étais pas encore. Sauf que ça se gâtait quand il me proposa un café. L’idée qu’il fallait être proche de son ennemi pour le connaître m’effleura l’esprit, mais est-ce que c’était une si bonne idée que ça ? Je ne sais pas trop pourquoi, mais j’acceptais la proposition. Je continuais mon rôle. Un sourire se dessina sur mes lèvres tandis que j’acceptais. Il m’invitait. Comment pouvais-je refuser ? Enfin, je pourrais, c’était certain, mais c’était sans compter que j’étais certaine qu’il insisterait et ne me laisserait pas partir comme ça.

Je hochais la tête quand il me proposa le café en bas de la rue. Je ne le connaissais pas encore celui-là. En même temps, je n’étais pas là depuis très longtemps donc j’ignorais encore toutes les habitudes qu’avait Matteo. Je le suivis jusqu’au café qui selon ses dires faisaient de merveilleuses viennoiseries. Une fois arrivés au café, nous nous installâmes à une table de deux. Il faisait tellement beau que j’étais bien contente qu’on soit installé en terrasse. Quand le serveur arriva, je commandais un macchiato – les racines obliges – ainsi qu’un pain au chocolat. Cela n’avait rien d’original mais je préférais prendre une valeur sûre plutôt que d’essayer quelque chose et être déçue. Une fois le serveur partit avec nos commandes, je reportais mon attention sur ma mission qui se trouvait assise en face de moi.

- Alors, que me conseillez-vous de faire dans cette ville ? demandais-je.
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MessageSujet: Re: Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]   Ven 12 Aoû - 23:08

Pour une fois, depuis plusieurs mois, je pouvais enfin séduire une femme, qui plus est une belle italienne. J’étais juste heureux de retrouver un peu de mon pays. Du coup, je n’étais pas prêt de la laisser partir aussi facilement. Donc, oui, je jouais un peu le pot de colle avec elle, mais je n’y pouvais rien, elle m’attirait franchement. Chiara avait quelque chose qui me poussait à la connaître un peu plus, à savoir plus sur elle… Si l’on était encore en Italie, j’aurais sûrement utilisé mes contacts pour en savoir un peu plus sur elle. Mais malheureusement, nous n’étions pas sur notre terre d’origine, je ne pouvais donc pas en savoir plus sur elle, sauf si elle acceptait de se dévoiler un peu plus à moi.

« Oui, vous avez bien raison ! Et puis, il y a beaucoup de choses à visiter ici ! La Statue de la Liberté, Central Park, Time Square ! Ce sont des endroits incroyables. »

Personnellement, j’adorais le calme de Central Park. Dès que j’avais l’occasion de m’y balader, j’y allais. C’était un endroit paisible, beau à voir. Parfait pour courir ou pour un pique-nique.
Je voyais bien que Chiara avait peur d’abuser de mon temps. Mais ce n’était absolument pas le cas. Je voulais réellement passer du temps en sa compagnie, découvrir sa personnalité etc. Pour une fois que j’avais l’occasion d’apprendre à connaître une personne sans avoir à me renseigner d’abord sur son identité et son intention, je voulais en profiter. Je savais qu’ici, les femmes ne s’intéressaient pas à moi pour mon argent mais pour ma personne. Il faut dire qu’aux Etats-Unis, j’étais sensé être un citoyen lambda, globe-trotteur avec un tas d’anecdotes à raconter. Heureusement que j’avais beaucoup voyagé, sinon ma couverture ne tiendrait pas longtemps.

Je lui avais proposé de prendre un café avec moi et c’est gentiment qu’elle accepta. Nous sortîmes de l’église et nous rendîmes au café que je lui avais désigné un peu plus tôt. Une fois sur place, je décidais de changer de commande. Une façon de fêter ma rencontre avec Chiara mais aussi une façon de retrouver un peu de mes origines. Je demandais un espresso lungo et des beignets à la pomme. Un autre de mes péchés mignons après les croissants. Le patron me fit la remarque sur ma nouvelle commande, je lui répondis avec un sourire qu’il n’y avait pas de mal à changer quelques habitudes. Avec un peu de chance, Chiara ferait partie de mes nouvelles habitudes.
Pendant que nous attendions nos commandes, la jeune femme me demanda si j’avais des conseils à lui donner concernant ce qu’elle pourrait faire dans la ville. Je réfléchis quelques secondes avant de lui répondre :

« Si vous aimez les musées, il y a le musée d’art contemporain à voir absolument. Le pont de Brooklyn n’est pas mal aussi, ainsi que ses jardins. J’aime beaucoup être au calme, donc j’ai beaucoup aimé ces endroits. Et si vous aimez le sport, vous ne pouvez pas partir sans avoir vu le Madison Square Garden ! »
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MessageSujet: Re: Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]   Ven 23 Sep - 13:07

Je ne savais pas du tout comment faire pour me débarrasser de lui. Il ne semblait pas du tout pressé de repartir à ses occupations. Surement avait-il le mal du pays ? Ça pouvait se comprendre parce que moi, je n’avais qu’une hâte, c’était de retourner en Italie. Mais je ne pouvais pas. Tant que je n’avais pas mené à bien cette mission, ce serait malheureusement pas possible pour moi de rentrer. Du coup, je me demandais comment est-ce que lui vivait le dépaysement total. Il n’avait plus le droit de mettre les pieds au pays. En même temps, ce n’était pas comme s’il ne l’avait pas cherché. Je ne me défaisais pas de mon sourire, autant être une excellente actrice jusqu’au bout après tout. Mais il faudrait que je fasse une demande d’augmentation !

- Je n’ai pas encore eu l’occasion d’aller voir la Statue de la Liberté. Je ne l’ai vu que de loin et je la trouve magnifique.

De toute manière, je ne pouvais que la voir de loin étant donné que je ne devais pas perdre de vue ma cible. Malheureusement pour moi, ma cible m’avait vu aussi. Heureusement qu’il ne se doutait pas un seul instant que j’étais là pour le faire arrêter et que j’attendais simplement qu’il se fasse un faux pas pour lui tomber dessus. N’importe qui pourrait être impressionné par sa taille, sa corpulence etc. mais pas moi. J’en avais battu des plus gros que lui. Et oui, il ne fallait jamais sous-estimer une femme. Nous aussi nous pouvions soulever des montagnes ! Et nous n’avions pas besoin d’hommes pour ça.

Quand il me proposa de me faire visiter New-York et de m’inviter à boire un café, je ne pus m’empêcher de continuer dans mon rôle de parfaite gentille demoiselle et de faire comme si je ne voulais pas déranger. Quelque part je trouvais qu’être proche de mon ennemi me permettrait de mieux le surveiller mais dans un autre sens, j’aurais préféré que les choses se passent autrement. Je le suivis jusqu’au café du coin que je ne connaissais pas. En même temps, je n’avais jamais vraiment le temps de m’arrêter dans un café pour en boire un. Je ne le faisais que quand lui s’arrêtait dans un et encore, je me posais dans un autre ou pas du tout, ça dépendait. Là-bas j’y commandais un macchiato et un pain au chocolat. Matteo ne m’avait pas menti, il avait l’habitude de venir dans ce café car le patron semblait connaître par cœur ce qu’il commandait habituellement. Et la commande qu’il venait de faire n’avait rien d’habituel.

Histoire de faire la conversation, je lui demandais s’il avait des conseils à me donner sur ce que je pourrais visiter dans la ville. Bien évidemment, je n’irais jamais faire du tourisme. Sauf s’il devait visiter quelque chose auquel cas je le suivrais. Mais étrangement, je sentais que la mission ne se passerait plus comme prévu. Je replaçais une mèche de cheveux derrière mon oreille tandis qu’il me répondait.

- Je prend bonne note, fis-je face à ses conseils. J’essaierai de m’organiser ça très prochainement.

Le serveur revint avec nos commandes. J’attendis qu’il ait fini de tout déposer devant nous et de repartir pour demander ma cible :

- Quelle serait votre prochaine destination par la suite ? Je suppose que vous allez continuer à voyager ?

Deux questions purement innocentes mais qui seraient incroyablement utile par la suite. J’aurais sans doute plein de choses à dire pour mon rapport du soir.
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MessageSujet: Re: Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]   Ven 16 Déc - 21:18

Très sincèrement, Chiara avait tout pour me plaire. Une belle italienne aux cheveux blonds avec un sourire d’ange. Alors oui, je voulais en savoir plus sur elle. Je ne voulais pas la laisser repartir comme ça. New-York était une grande ville, je risquais de ne plus la revoir. Je voulais éveiller sa curiosité car, avec un peu de chance, elle me laisserait son numéro pour que je puisse la revoir. Surtout que depuis que j’étais à New-York, je n’avais plus de contact avec ceux qui avaient fait partie de mon entourage. C’était les risques du métier. Je le savais et les avais acceptés malgré tout. Mais il m’était arrivé de regretter malgré tout… J’avais tout quitté pour éviter la prison… J’étais libre mais loin de mon pays.

J’avais réussi à entraîner Chiara avec moi pour prendre un café. C’était une petite victoire mais je ne comptais pas m’arrêter en si bon chemin. Mais chaque chose en son temps. Chiara me demanda alors ce que je lui conseillais de voir à New-York, je lui donnais alors les endroits que j’avais préféré. C’était stratégique car avec un peu de chance, un jour, je l’y croiserais peut-être. Le serveur nous déposa notre commande. Je le remerciais et commençais à touiller mon café. L’odeur me mit l’eau à la bouche, je croquais dans un de mes beignets. Un pur délice. J’étais réellement un gros gourmand, même si ça ne se voyait pas.

Chiara me demanda alors si je comptais voyager à nouveau et où. Tout en mâchant, je réfléchissais à la question. A vrai dire, je n’y avais pas songé mais ça pouvait être une excellente idée, histoire de brouiller un peu les pistes. Une fois que j’eu avalé mon beignet, je lui répondis :

« Oui, j’avais pensé à aller au Japon. J’ai toujours voulu y aller mais je n’en ai jamais eu encore l’occasion. Il serait peut-être temps que je fasse le grand saut. »

Je lui fis un sourire charmeur avant de lui retourner ses questions :

« Et vous, avez-vous des projets de voyage ? »
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MessageSujet: Re: Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]   Dim 25 Déc - 10:38

J’ignorais totalement jusqu’où me mènerait cette mascarade pas vraiment amusante, mais autant joindre « l’utile à l’agréable » en me faisant passer pour une touriste en vacances plutôt qu’en détective. Disons que je pourrais au moins me rapprocher de ma cible et savoir plus de choses que si je continuais de l’observer au loin. Au moins, je tirerai mes informations directement de la source, plutôt que de devoir faire mes propres conclusions. De façon plus ou moins innocente, je demandais à Matteo où est-ce qu’il comptait se rendre par la suite. Si jamais nous n’arrivions pas à le prendre la main dans le sac maintenant, ce serait toujours intéressant de savoir où est-ce qu’il pourrait se trouver par la suite. Je doutais qu’il soit du genre à vouloir s’installer définitivement dans le coin.

- Le Japon ! Ah oui ? fis-je en avalant une petite gorgée de mon macchiato. J’y suis déjà allée.

Avant que je ne puisse m’en rendre compte, cette information s’était échappée de mes lèvres. Pourquoi est-ce que j’avais dit ça ?! Bien évidemment, ce n’était pas un mensonge, j’étais déjà allée au Japon avec Diego. Nous avions été là-bas pour fêter nos deux ans. Mais je n’aurais pas dû dire une telle chose parce que c’était me révéler et je n’avais pas à le faire. Je devrais m’inventer une vie afin qu’il en sache le moins possible sur moi. Il connaissait déjà mon premier prénom – celui que je détestais le plus – ce n’était pas la peine qu’il en sache plus. Mais comme une idiote, quand j’avais entendu le Japon, j’avais immédiatement pensé à ça.

Diego me manquait, indubitablement. Même si nous nous téléphonions tous les jours, sa présence à mes côtés me manquait. Et je n’arrivais pas à réaliser que nous allions nous marier prochainement. J’ignorais ce qu’allait être réellement notre vie une fois que nous nous serions passés la corde au cou, mais j’avais hâte. Après tout, n’était-il pas l’amour de ma vie ? Je replaçais une mèche de cheveux derrière mon oreille et me concentrais à nouveau sur l’homme assis en face de moi.

- Je ne sais pas trop. Je n’ai pas prévu aussi loin pour le moment. Et puis, il faut aussi avoir le porte-monnaie qui va avec, plaisantais-je légèrement.

En fait, mon prochain voyage serait en fonction de l’endroit où Matteo irait, si jamais c’était toujours moi qu’on mettait en mission. Sauf que je ne visitais pas. Je le suivais. Là où il allait, j’allais aussi. Ainsi était mon métier. Je grignotais mon pain au chocolat. Rien à voir avec les pains au chocolat français qui étaient sans aucun doute mille fois meilleurs, mais il n’était pas mauvais.
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MessageSujet: Re: Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]   Lun 5 Juin - 15:24

La jolie blonde me faisant face était réellement magnifique. Le genre de femme à vous faire tomber à ses pieds. Et même si j’étais bien trop fier pour tomber littéralement à ses pieds, je savais quoi faire pour lui montrer qu’elle me plaisait réellement. C’est ainsi que je l’avais emmené prendre un café en bas de la rue. C’était une habitude chez moi. Après chaque messe, je finissais au café. Pour une fois, j’étais en charmante compagnie et j’étais heureux de constater que malgré tout ce temps passé seul, je me débrouillais toujours aussi bien avec le beau sexe.

Chiara et moi commencions à parler de voyage. J’avais une couverture : celui d’un globe-trotter. Une excellente couverture qui justifierait que je disparaisse un jour. Et puis, j’aimais voyager aussi. Même si Chiara me plaisait, je restais méfiant. Après tout, je ne la connaissais pas, je ne pouvais pas me permettre de lui livrer trop d’informations à mon sujet. Donc, j’inventais une histoire selon laquelle j’irais un jour au Japon. Ce qui était possible mais rien n’était sûr. Après tout, selon les événements, je pouvais tout aussi bien aller en Amérique Latine.
La jolie blonde me dit alors qu’elle était déjà allée au Japon. La curiosité s’empara de mon cerveau et avant même que je ne m’en rende compte, j’avais déjà ouvert la bouche.

« Ah oui ? Et c’était comment dites-moi. »

Mon père m’avait appris à ne jamais me montrer trop curieux car c’était ainsi qu’on s’attirait des problèmes. Si je me montrais curieux, elle voudrait elle aussi en savoir plus sur moi. Et tant que je ne saurais pas qui elle était vraiment, je risquais de me mettre dans la mouise jusqu’au cou. Pour le coup, je n’avais pas été très malin !

Je lui avais alors demandé si elle avait d’autres projets de voyage. Sa réponse me fit sourire. Oui, il est vrai que sans le portefeuille, on ne pouvait pas aller bien loin. Je n’avais pas de soucis à me faire. J’avais fait ce qu’il fallait pour ne jamais manquer de rien. Contrairement à beaucoup d’autres avant moi, j’avais couvert un minimum mes arrières. Et même si j’étais recherché en Italie, j’avais fini par apprendre que leurs preuves n’étaient pas suffisamment solides. Si j’étais resté, ils m’auraient fait suivre, auraient fait pression sur mon entourage pour obtenir des aveux etc. Mais en disparaissant, l’affaire restait en suspens. Tant que je restais éloigné de l’Italie, rien ne pouvait être fait. Bien sûr, je savais que j’y retournerais un jour. Quand on m’aurait oublié d’ici là…

« Oui, c’est pourquoi chaque fois que je m’installe quelque part, je travaille et mets un maximum de sous de côté pour pouvoir m’envoler à nouveau vers une nouvelle destination. »

Quel beau menteur je faisais. Bon, c’est vrai qu’il m’était arrivé de bosser un peu. Juste assez pour ne pas rester sans rien faire mais de là à me faire passer pour un bon petit citoyen… Si mes parents me voyaient, ils seraient fiers de moi. Bizarre à dire que des parents soient fiers des mensonges de leur fils. Mais il faut dire que je ne venais pas d’un milieu normal. La mafia n’est pas une famille comme les autres.

Je bus une gorgée de mon café. Il était excellent même s’il n’arrivait pas à la cheville de celui de ma mère.
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MessageSujet: Re: Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]   Mar 5 Sep - 16:54

Contrairement à ce que j’aurais pu penser dans un premier abord, la compagnie de cet homme n’était pas forcément désagréable. Normalement, je n’avais rien à faire à cette table, assise en face de lui entrain de boire un café avec lui, mais je commençais à me dire que je devrais peut-être changer de technique pour pouvoir le coincer. Je le suivais depuis un bon moment maintenant et je n’avais toujours rien trouvé pour lui tomber dessus et l’emmener face à la justice. Peut-être qu’en étant proche de lui je découvrirai quelque chose qui me permettrait de mener mon travail à bien ? C’était ce que j’allais savoir. Mais maintenant qu’il connaissait ma tête, si je ratais, je serais obligée de faire envoyer quelqu’un d’autre à ma place. C’était les risques du métier et je m’y pliais. Ce que je craignais le plus, c’était les retombés que ça aurait. Mais tant pis. Je n’avais pas une mauvaise réputation, je faisais encore parti des meilleurs et une erreur ne faisait pas forcément tout rater.

Comme identité, je lui avais donné mon vrai prénom : celui que je détestais. Tout le monde m’appelait Jezabel depuis que j’étais petite. Je n’aimais pas Chiara pour la simple et bonne raison que je le trouvais beaucoup trop commun et aussi parce que tout au long de ma scolarité, j’en avais croisé des dizaines. Quand on était trois dans une même classe à s’appeler Chiara, on trouvait très vite un système D pour se reconnaître. Mon système c’était mon deuxième prénom. Même mon fiancé avait été surpris la première fois qu’il avait vu que Jezabel n’était pas mon identité première mais ma seconde. Il s’était fait à l’idée et surtout, il continuait de m’appeler par mon deuxième prénom. Matéo était le seul à l’heure actuelle à m’appeler Chiara. Ou tout du moins à me connaître sous ce nom là.

La discussion que nous avions était légère et sans prise de tête. Je lui parlais de mes voyages. Voyages que j’avais fait – pour certains – dans le cadre de mon enquête mais quand la personne qu’on filait était un fervent touriste qui prenait tout en photos, on prenait le temps aussi d’admirer le paysage. Je lui parlais du Japon et cela semblait l’intéresser car il me demanda mon avis. Surement parce qu’il projetait aussi d’y aller et il souhaitait un avis avant de se lancer dans le pays du Soleil Levant.

- Et bien c’est totalement différent de l’Europe et de l’Amérique. Les asiatiques ont un mode de vie complètement différents du notre, avec leurs traditions, leurs croyances. Néanmoins, pour faire une orgie de sushis et de makis, c’est la destination première à prendre ! lançais-je en riant légèrement. Non blague à part c’est un magnifique pays. Je n’ai pas pu faire toute l’île mais les quelques villes que j’ai visité étaient magnifiques. J’ai beaucoup aimé leurs temples. Par contre, les quartiers du centre des affaires sont une véritable horreur. Un nid à fourmis que je préférais éviter au maximum.

Bien sur, sauf quand mon travail m’obligeait à y aller… Enfin bon, je gardais ça pour moi et terminais mes paroles avec un léger sourire. A présent, il souhaita connaître mes futurs projets de voyage. Je lui offris une réponse qui mettait en avant le portefeuille. Je lui fis croire que je ne pouvais pas voyager comme je l’entendais. Et c’était vrai ! Bien souvent quand j’étais en vacances, nous ne partions jamais réellement bien loin étant donné que les finances ne pouvaient pas forcément nous permettre d’aller à l’autre bout du monde. Les seuls voyages que je faisais au quatre coins de la planète étaient dans le cadre du travail. Alors oui, on pouvait dire que j’en voyais des jolies choses, mais je ne pouvais pas les apprécier comme il se devait.

- C’est une vraie vie d’ermite que vous vivez là, fis-je. Ca ne vous intéresse pas de vous posez un jour ? Avoir un endroit à vous où vous pourrez vivre… hum… je ne sais pas moi, une vie posée avec pourquoi pas une compagne ?

Personnellement, au cours des voyages que je faisais dans le cadre de mon travail, tout ce que j’attendais, c’était de rentrer chez moi et de me poser avec mon fiancé. Je n’attendais que ça à chaque fois. Je savais que certains n’était pas spécialement motivé à trouver un endroit où fixe où se poser. Ils avaient constamment ce besoin de bouger, d’aller à gauche et à droite. Si on leur imposait un lieu de vie, ils déprimaient ou bien devenaient fou. Enfin dans tous les cas, cette information me serait intéressante pour mon rapport. Sauf s’il envisageait de se poser dans trente ans. Là, j’étais certaine qu’on attendrait pas autant de temps pour lui tomber dessus.
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MessageSujet: Re: Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]   Mar 31 Oct - 23:02

J’écoutais la belle Chiara me parler de son voyage au Japon. D’après elle, le Japon était complètement différent de l’Europe et de l’Amérique. Pour ce que j’avais pu apprendre sur Internet, les japonais avaient une mentalité totalement différente de la nôtre, ne serait-ce que par leur rapport au travail. Ils étaient bien plus assidus et plus dévoués que nous autres, occidentaux.
Bon, je n’avais pas réellement l’intention de voyager… Mais à l’occasion, je pouvais l’envisager. Il faut dire que j’étais vraiment bien aux Etats-Unis. Même si rien ne valait mon pays natal, je me sentais bien ici. Presque comme chez moi. Et puis, le fait de pouvoir vivre tranquillement sans avoir à regarder derrière mon épaule si un concurrent n’allait pas tenter de me renverser… Bon, je devais tout de même rester sur mes gardes. J’avais beau avoir déserté l’Italie, il n’en restait pas moins que ma tête était mise à prix. Je ne prenais aucun risque. D’où mes mensonges à la belle blonde qui me faisait face.

« Je dois avouer que j’aimerais bien visiter leurs jardins et leurs parcs. Je les imagine tellement calmes et reposants. Ce doit être le genre d’endroit parfait pour se ressourcer ! » dis-je avec un sourire.

J’étais d’une nature plutôt calme, du coup, ce genre d’endroit m’attiraient énormément. J’aimais les coins apaisants, sans trop d’animation. L’agitation, la foule étaient le genre de chose que je fuyais. Je n’étais jamais allé à un concert ou un festival, je fuyais les rues bondées de touristes, bref, j’évitais le plus possible ces endroits désagréables à mes yeux.

J’avais expliqué à Chiara mes envies de voyages mais surtout comment je payais ces soi-disant voyages. En réalité, il me suffisait de piocher dans mon compte offshore pour pouvoir me payer un voyage luxueux… Un de ces voyages qui pourraient faire perdre la tête à n’importe qui. Sauf que je me montrais prudent. J’étais sensé avoir un revenu moyen, je ne pouvais pas me permettre de dépenser de l’argent sale. Je n’avais aucune justification pour ce genre de dépenses.
Elle me demanda alors si je n’avais pas envie d’une vie plus posée, avec une compagne etc. J’eus un petit sourire, tandis que je buvais une gorgée de mon délicieux breuvage. Bien sûr que je me voyais me marier, avoir une belle maison et des enfants. Et pourquoi pas un chien. Tout le côté famille ressortait dans ces moments-là. Sauf que pour le moment, ça m’était impossible. Je risquais à tout moment la prison et puis, il faut dire que ces derniers temps, je ne m’étais pas réellement préoccuper de ma vie sentimentale…

« Eh bien, si je trouvais une femme qui puisse me faire changer d’avis, il se pourrait bien que je choisisse de me ranger. C’est vrai qu’une vie plus posée ne me ferait pas de mal. Mais pour le moment, je n’ai jamais connu une personne capable de me retenir… »

Après tout, je n’avais pas réellement tort. Seulement, l’histoire était différente. En réalité, j’avais parfois pensé à tout quitter. Abandonner cette vie de mafieux, me ranger afin de pouvoir avoir une vie de famille. Mon père avait cela, certes mais…. Honnêtement, nous n’étions pas une famille normale, nous avions des principes plus ou moins louches. Et puis, je refusais que mes enfants fassent partis d’un réseau criminel comme mon père l’avait fait avec moi. Je voulais donner à mes enfants la chance de pouvoir réussir honnêtement. Et pas se cacher pour X raison.
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MessageSujet: Re: Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]   Mar 14 Nov - 17:21

Le Japon restait un souvenir assez merveilleux dans mon esprit. Je me souvenais parfaitement de ce voyage. Et c’était un des rares que j’avais pu faire dans le cadre d’un véritable voyage et non pas pour le travail. Diego et moi avions fêté nos deux ans de couple. Je n’aurais pas dû en parler, mais ça avait été plus fort que moi. Peut-être parce que j’avais passé un excellent séjour, j’y avais été heureuse comme jamais, et je ne pouvais pas m’empêcher d’en parler ? Allez savoir. En tout cas, il fallait que je fasse attention à ce que je disais, je ne devais pas trop en dévoiler sur ma vie. J’étais un agent infiltré et pour la première fois de ma vie, je m’étais faite voir de celui que je pistais. Pour cette raison, je me maudissais, mais vraiment. Sauf que le mal était fait et il fallait que j’emploie une technique différente de tout ce que j’avais pu faire jusqu’à présent : entrer dans le cercle de « mon ennemi » pour mieux le faire tomber.

- Je ne peux guère contester vos paroles, répondis-je. J’avais la sensation de retrouver une certaine paix intérieure. C’est très ressourçant en effet. Et quand on rentre chez soi, on a l’impression que tout le monde vit à cent à l’heure et on est vite dépassé.

Je me souvenais parfaitement, quand on était rentrés, avoir dit à Diego que je ne voulais plus sortir de chez nous à cause de cette vie à cent à l’heure que nous avions quotidiennement. Il avait ri, m’avait embrassé et m’avait rassuré en me disait : « Ne t’inquiète pas, il n’y a personne qui affronte cette vie mieux que toi ». Ca m’avait requinqué et j’avais repris ma petite vie de détective. Et maintenant, j’étais là, assise en face de celui que je devais faire tomber, dont je devais analyser le moindre geste.

Toujours dans mon rôle de touriste italienne, j’essayais de m’intéresser à la vie de Matteo tout en lui demandant s’il n’avait pas un jour l’objectif de se poser quelque part et d’avoir une vie rangée. Visiter le monde, c’était sympa. Moi aussi ça me plairait, mais à un moment donné, la réalité vous rattrapait et vous n’aviez pas d’autres choix que de vous en conformer. Je lui posais cette question en toute innocence, sachant pertinemment qu’il finirait probablement la fin de ses jours en prison si jamais je pouvais trouver un élément assez solide pour le coincer. Sauf que pour l’instant, je faisais un peu chou blanc, alors j’espérais qu’en me rapprochant un peu, je trouverai mieux que rien.

- Je vois, répondis-je. La personne ne s’est toujours pas présentée à vous. Pourtant, vous devez en rencontrer des gens au cours de votre périple. Certains auraient déjà eu le coup de foudre…

Je repris ma tasse entre mes mains et bus une nouvelle gorgée de mon macchiato avant de m’attaquer à mon pain au chocolat.

- Vous comptez rester combien de temps encore dans le coin ? Même si ce n’est pas encore défini, vous devez bien avoir une idée, non ?

Oui, je tâtais le terrain afin de savoir à quel moment j’allais devoir préparer mes valises pour le suivre. La dernière fois j’avais tout fait dans la précipitation et j’avais eu le même vol que lui de justesse. Ce n’était pas pour recommencer. Oh non ! Il m’était déjà arrivé de devoir partir sans mes valises et demander à quelqu’un de me les expédier. C’était une démarche qui coûtait cher à l’entreprise alors si je pouvais partir avec, mon patron m’en serait grandement reconnaissant !
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MessageSujet: Re: Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]   Lun 25 Déc - 12:39

Je savais que bientôt, je devrais lever le camp et partir sans laisser la moindre trace. Cette idée ne m’enchantait pas particulièrement mais je n’avais pas le choix. Tôt ou tard, il me faudrait brouiller les pistes En disparaissant… Je changerais d’identité cette fois. Moi, j’étais plutôt le genre de personne qui aimait avoir son chez soi et son confort. Quitter l’Italie avait été déjà difficile pour moi, devoir quitter à nouveau ce pays pour un autre… Je n’avais qu’à penser à tout ce que je devrais faire pour m’installer pour être épuisé, vidé de mon énergie.

Mais la jeune femme qui me faisait face me donnait réellement envie de voyager. Je commençais à me demander si je n’allais pas finalement réellement devenir globe-trotter. Après tout, ce n’était pas les moyens qui me manquaient et puis, ce serait une bonne idée de découvrir d’autres cultures, d’autres environs.

« J’ai eu cette impression en arrivant ici, et surtout dans Manhattan. Je ne suis pas habitué à toute cette cohue et ces gens pressés. Et puis, le métro… C’était une grande et nouvelle aventure ! » terminai-je en riant.

Pour avoir été le fils d’un mafieux, j’évitais tous les transports en commun. Je n’avais jamais pris le bus, le train ou le métro. Même dans l’avion, j’étais en première classe, sans personne autour de moi. Puis lorsque j’avais eu l’âge de conduire, je m’étais acheté une voiture que je conduisais. Mais une fois que j’eus atterri aux USA… Les choses changèrent radicalement. Je devais me faire discret donc je ne claquais plus mon argent dans tous les caprices qui me passaient par la tête. J’avais été contraint d’utiliser les transports en commun. Et très sincèrement, je détestais ça. Particulièrement aux heures de pointe. Entre la chaleur, les odeurs, la fatigue et l’impossibilité de trouver une place assise… J’avais cru devenir fou.
Depuis, j’évitais au maximum ces engins de malheur.

« Sûrement mais je suis quelqu’un de plus terre à terre. Je n’ai jamais cru au coup de foudre… Je n’ai jamais été amoureux mais je ne suis pas pressé. Je vis au jour le jour, je prends les choses comme elles sont. Et le jour où se présentera celle avec je ferais ma vie, je verrais bien… »

Je bus une gorgée de ma boisson chaude. J’avais un petit côté séducteur qui m’aidait bien à attirer les femmes mais elles n’étaient pas dans mes priorités. Mon père m’avait bien formé. L’argent était plus important, c’était donc mon but principal. Le jour où j’aurais une femme, ce serait pour me donner un héritier que je formerais à diriger mon empire, comme mon père l’avait fait avec moi.

« Je vous avoue que non, je ne sais pas encore. Tout dépend de mes humeurs et aussi de mes revenus… »

Mon instinct me conseilla de me méfier. Je ne connaissais pas cette jeune femme. Elle était italienne, il se pouvait qu’elle connaisse mon passé, voir l’histoire de ma famille. J’avais déjà eu droit à mon portrait dans un journal local etc. Je ne devais pas prendre le moindre risque… Je me rappelais alors d’un contact que j’avais… Il pouvait me dire ce dont j’avais besoin sur la jeune femme. Je mémorisais alors les traits de son visage.
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MessageSujet: Re: Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]   Lun 1 Jan - 15:27

Être une touriste. Voilà le rôle que je me donnais depuis quelques minutes maintenant – peut-être voire même pouvais-je parler en heure. Si mon chef voyait ça, il aurait sans aucun doute pété un câble. Pour lui, il était inconcevable d’agir de cette façon. Mais que pouvais-je faire d’autre ? Il m’avait vu. Je lui étais malencontreusement rentrée dedans – ou peut-être était-ce l’inverse – et il avait fallu que j’improvise. Il connaissait mon visage, il pourrait me reconnaître à n’importe quel moment pendant une de mes filatures. J’avais fait la première chose qui m’était venue à la tête et j’avais pris un rôle qui n’était pas le mien. Et maintenant je me retrouvais assise dans un café juste en face de lui à avoir un semblant de conversation. Même si mes paroles n’étaient pas des mensonges, elles n’étaient pas totalement vraies non plus. Je cachais la vérité sans pourtant mentir. Disons que j’évitais d’étaler de trop ma vie.

Matteo partageait mon avis sur le métro. Ce qu’il ignorait, c’était que je me déplaçais en fonction de ses déplacements à lui. Et comme il évitait le métro, je ne le prenais pas tant que ça non plus. Mais les rares fois où j’avais dû le suivre dans le métro, ça avait été compliqué car le temps pour sortir et rentrer dans le métro était assez court et il m’était déjà arrivé de devoir taper un sprint pour pouvoir le suivre et ne pas le perdre de vue. C’était aussi une des raisons qui faisaient que je n’aimais pas le métro. Mais j’avais aussi une expérience personnelle du métro ! J’avais voyagé dans ma vie et pas uniquement pour le travail. Donc je pouvais quand même dire que le métro n’était pas mon moyen de transport préféré. Il était pratique, bien évidemment, mais quand j’étais réellement touriste, je profitais aussi du paysage et des différentes rues que je pouvais trouver. On trouvait souvent des trésors assez intéressants.

Notre conversation dévia sur l’amour et Matteo m’avoua ne jamais être tombé amoureux de sa vie. Je fis la sotte romantique qui affirmait qu’il n’avait pas encore rencontré la personne qui lui donnerait l’envie de se poser une bonne fois pour toute. Je ne pouvais pas lui révéler que j’étais déjà en couple avec quelqu’un et fiancée. Cela relèverait trop de ma vie privée et je comptais bien la garder pour moi autant que possible. Du coup, j’étais bien contente que la question ne se retourne pas contre moi. En même temps, je faisais aussi en sorte qu’on ne s’intéresse pas trop à ma vie. Ce n’était pas toujours facile dirons-nous. Mais je tenais bon. Il fallait que je n’oublie pas que j’étais en mission et pas en vacances.

- Elle viendra, j’en suis certaine.

Je lui offris un sourire, mais intérieurement je ne pouvais pas m’empêcher de me dire qu’il trouverait peut-être jamais cette femme car si nous arrivions à lui mettre la main dessus, ce ne serait pas pour le relâcher de sitôt. Mais pour l’instant, nous n’avions pas ce qu’il nous fallait, alors nous patientions. J’espérais que cette attente ne serait pas trop longue non plus car mon séjour ne pouvait pas être éternel. Il me faudrait rentrer et se serait soit les mains pleines, soit les mains vides. Et autant avouer que je préférais pleines que vides pour le coup. Il en allait de ma carrière ! Un échec dans sa carrière n’en faisait pas la ruine non plus, heureusement d’ailleurs. Mais c’était toujours une fierté de revenir victorieux.

J’essayais d’en savoir un peu plus sur sa future destination, histoire de ne pas avoir à plier bagage à la dernière seconde pour me précipiter à l’aéroport pour prendre le même avion que lui afin de ne pas le perdre de vue, mais il n’y avait pas encore de nouvelle destination de prévue. Devais-je me sentir rassurer ? Pas si sûr que ça. Je fis semblant de préconiser les départs de dernière minute qui pouvait avoir du bon et en soit, c’était vrai que ça faisait du bien de se dire « Viens ce week-end on se tire à la montagne ». Je l’avais déjà fait et c’était extrêmement ressourçant comme situation. Mais ce n’était clairement pas le cas pour celui qui vous suivait. Je croquais dans mon pain au chocolat et je fus extrêmement surprise d’à quel point celui-ci était excellent. C’était sans aucun doute un de meilleurs que j’avais mangé dans ma vie.

- Faites attention à ne pas trop tomber dans le nationalisme, répondis-je. Et puis, à bien y réfléchir, n’importe quel habitant de n’importe quel pays peut dire la même chose. Mais on ne peut nier que la cuisine française est la meilleure !


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MessageSujet: Re: Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]   Jeu 15 Mar - 22:47

J’avais un certain talent pour séduire les femmes. Je savais parler avec elles mais surtout, je savais écouter. Ma mère m’avait appris à écouter les femmes parler car sans le savoir, elles révélaient énormément de choses sur elles. Que ce soit sur leur passé ou leur caractère, elles donnaient d’excellentes indications sur elles qui pouvaient me servir plus tard. Par exemple, je savais que Chiara aimait les voyages et était du genre à aimer la marche plutôt que les transports en commun… Surtout ceux qui étaient bondés. Mais lorsque l’on n’a jamais eu l’occasion de prendre les métros bondés des grandes villes, on est forcément très mal à l’aise une fois dedans. J’en savais quelque chose, mon premier voyage dans le métro m’avait fait hésiter entre lui et faire bouger de l’argent sur mon compte pour louer les services d’un chauffeur et d’une berline de luxe. C’était dans ces moments que je regrettais mon statut de fils de mafieux. En Italie, j’avais droit à la richesse, mais ici, je devais me faire tout petit.

« Comme je vous comprends ! Si j’en ai la possibilité, j’évite le métro. Je déteste ça ! Et puis, à quoi bon venir dans une ville aussi intéressante si ce n’est que pour voir les tunnels ? »


Soudain, nous avions dérivé sur le sujet de l’amour. Je n’étais jamais tombé amoureux. J’avais eu des relations plus ou moins sérieuses mais rien de plus. Et puis, j’étais du genre à vivre au jour le jour. Carpe Diem. Si l’amour me tombait dessus, je l’accueillerais…. Avec une certaine méfiance mais je ne lui fermerais pas la porte au nez. Il faut dire qu’avec ma situation précaire, je ne pouvais pas me permettre de prendre des risques pour une femme. Mais si Chiara voulait tenter sa chance… Je ne lui aurais pas dis non. Il faut dire qu’elle correspondait à mon idéal : une belle et grande femme, intelligente, blonde et surtout una bella italiana ! Et si en plus, elle savait faire à manger comme ma mère, autant le dire, je serais un homme comblé.

« Votre grand-mère n’a pas tort. Mais je n’ai pas encore eu l’occasion de voir cette chance. Je l’attends encore… »

Ce que je ne pouvais pas dire à Chiara, c’est que je ne connaissais rien au départ précipité… En dehors de celui qui m’avait conduit ici. D’habitude, mes voyages étaient sélectionnés et préparés à l’avance. Mais pour celui-ci, je n’avais pas pu. Un informateur m’avait expliqué que j’étais dans le collimateur des autorités italiennes. J’avais donc fuis discrètement et sachant que je n’étais pas connu aux USA, j’y avais déposé mes bagages, en espérant ne pas avoir encore à fuir.

« Oui, c’est vrai qu’il y a du bon dans tout ça. Parfois, le voyage nous réserve de belles surprises. Et comme vous dites, les billets sont bien moins chers ! »


En voyant sa réaction après avoir goûté une des viennoiseries qu’elle avait choisies, j’eus un petit rire.

« Je ne vous aurais pas emmené ici, si la nourriture n’était pas excellente. En bon italien, j’aime la bonne nourriture. »
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MessageSujet: Re: Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]   Lun 7 Mai - 16:06

Être une touriste. Voilà le rôle que je me donnais depuis quelques minutes maintenant – peut-être voire même pouvais-je parler en heure. Si mon chef voyait ça, il aurait sans aucun doute pété un câble. Pour lui, il était inconcevable d’agir de cette façon. Mais que pouvais-je faire d’autre ? Il m’avait vu. Je lui étais malencontreusement rentrée dedans – ou peut-être était-ce l’inverse – et il avait fallu que j’improvise. Il connaissait mon visage, il pourrait me reconnaître à n’importe quel moment pendant une de mes filatures. J’avais fait la première chose qui m’était venue à la tête et j’avais pris un rôle qui n’était pas le mien. Et maintenant je me retrouvais assise dans un café juste en face de lui à avoir un semblant de conversation. Même si mes paroles n’étaient pas des mensonges, elles n’étaient pas totalement vraies non plus. Je cachais la vérité sans pourtant mentir. Disons que j’évitais d’étaler de trop ma vie.

Matteo partageait mon avis sur le métro. Ce qu’il ignorait, c’était que je me déplaçais en fonction de ses déplacements à lui. Et comme il évitait le métro, je ne le prenais pas tant que ça non plus. Mais les rares fois où j’avais dû le suivre dans le métro, ça avait été compliqué car le temps pour sortir et rentrer dans le métro était assez court et il m’était déjà arrivé de devoir taper un sprint pour pouvoir le suivre et ne pas le perdre de vue. C’était aussi une des raisons qui faisaient que je n’aimais pas le métro. Mais j’avais aussi une expérience personnelle du métro ! J’avais voyagé dans ma vie et pas uniquement pour le travail. Donc je pouvais quand même dire que le métro n’était pas mon moyen de transport préféré. Il était pratique, bien évidemment, mais quand j’étais réellement touriste, je profitais aussi du paysage et des différentes rues que je pouvais trouver. On trouvait souvent des trésors assez intéressants.

Notre conversation dévia sur l’amour et Matteo m’avoua ne jamais être tombé amoureux de sa vie. Je fis la sotte romantique qui affirmait qu’il n’avait pas encore rencontré la personne qui lui donnerait l’envie de se poser une bonne fois pour toute. Je ne pouvais pas lui révéler que j’étais déjà en couple avec quelqu’un et fiancée. Cela relèverait trop de ma vie privée et je comptais bien la garder pour moi autant que possible. Du coup, j’étais bien contente que la question ne se retourne pas contre moi. En même temps, je faisais aussi en sorte qu’on ne s’intéresse pas trop à ma vie. Ce n’était pas toujours facile dirons-nous. Mais je tenais bon. Il fallait que je n’oublie pas que j’étais en mission et pas en vacances.

- Elle viendra, j’en suis certaine.

Je lui offris un sourire, mais intérieurement je ne pouvais pas m’empêcher de me dire qu’il trouverait peut-être jamais cette femme car si nous arrivions à lui mettre la main dessus, ce ne serait pas pour le relâcher de sitôt. Mais pour l’instant, nous n’avions pas ce qu’il nous fallait, alors nous patientions. J’espérais que cette attente ne serait pas trop longue non plus car mon séjour ne pouvait pas être éternel. Il me faudrait rentrer et se serait soit les mains pleines, soit les mains vides. Et autant avouer que je préférais pleines que vides pour le coup. Il en allait de ma carrière ! Un échec dans sa carrière n’en faisait pas la ruine non plus, heureusement d’ailleurs. Mais c’était toujours une fierté de revenir victorieux.

J’essayais d’en savoir un peu plus sur sa future destination, histoire de ne pas avoir à plier bagage à la dernière seconde pour me précipiter à l’aéroport pour prendre le même avion que lui afin de ne pas le perdre de vue, mais il n’y avait pas encore de nouvelle destination de prévue. Devais-je me sentir rassurer ? Pas si sûr que ça. Je fis semblant de préconiser les départs de dernière minute qui pouvait avoir du bon et en soit, c’était vrai que ça faisait du bien de se dire « Viens ce week-end on se tire à la montagne ». Je l’avais déjà fait et c’était extrêmement ressourçant comme situation. Mais ce n’était clairement pas le cas pour celui qui vous suivait. Je croquais dans mon pain au chocolat et je fus extrêmement surprise d’à quel point celui-ci était excellent. C’était sans aucun doute un de meilleurs que j’avais mangé dans ma vie.

- Faites attention à ne pas trop tomber dans le nationalisme, répondis-je. Et puis, à bien y réfléchir, n’importe quel habitant de n’importe quel pays peut dire la même chose. Mais on ne peut nier que la cuisine française est la meilleure !
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MessageSujet: Re: Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]   Dim 19 Aoû - 21:47

Je n’étais pas du genre à la recherche de mon âme sœur. Non pas que je ne croyais pas en l’amour, simplement je n’en avais pas fait une priorité. Si je devais tomber amoureux, ça arriverait en temps et en heure. Mais je n’étais pas pressé, surtout avec ma situation… Je ne me voyais pas imposer mon mode de vie à une femme. Je pouvais m’enfuir et disparaître n’importe quand, ce n’était pas le moment pour moi de me poser avec une femme.
Je posais alors mon regard sur la jolie blonde qui me faisait face. Bien plus que jolie, elle était très belle et élégante. Il se dégageait d’elle un charisme énorme. Curieux, je demandais alors :

« Et vous ? L’Amour a-t-il déjà frappé à votre porte ? »


Je bus une gorgée de mon espresso et en savourais le goût amer. Je me sentais presque chez moi avec cette boisson. C’était dans ces moments que mon pays me manquait. Parfois, j’en arrivais à regretter mon choix de vie. Certes, mon père avait décidé de faire de moi son héritier mais j’aurais pu faire tellement mieux… En continuant mes études, trouvant un bon métier. Certes, je n’aurais pas eu le même train de vie mais j’aurais été plus serein. Je me serais peut-être marié, j’aurais eu des enfants. Mais surtout, je serais toujours en Italie.

« Je dois avouer que je le suis un peu, nationaliste. Disons que je suis fier d’être italien, comme n’importe quel citoyen de son pays. Il n’y a qu’à voir les américains et leur patriotisme. La cuisine française… Ca dépend dans quoi. Il faut le dire, leurs viennoiseries sont les meilleures. Mais leurs pâtes, j’en suis moins fan. »

En y pensant… Les meilleures pâtes restaient celles de ma mère. Personne ne cuisinait mieux qu’elle. Oui, je le hurlais haut et fort. J’étais un fils à sa maman et pour moi, elle était la seule à cuisiner parfaitement.
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Dieu ne peut rien pour toi [pv Matteo]

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