Dirty New-York

Qui a dit que le linge sale se lavait uniquement en famille ?
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
 

 Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

avatar

♈ Messages : 12
♈ Friandises : 13
♈ A New York depuis : 21/06/2015

MessageSujet: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Lun 22 Juin - 19:20

Je baillais en m'étirant. Il était 6h du matin et comme chaque matin, je commençais par un bon footing. Qu’il neige, pleuve ou vente, je courais chaque matin. C’était une habitude que j’avais pris avec mon coach, même si j’avais mis fin à ma carrière, je continuais l’entraînement. J’avais mes petites habitudes que je n’avais pas abandonnées… Et que je n’abandonnerais sûrement jamais.  
Je repoussais les couvertures et posais mes pieds sur la moquette de ma chambre. Il me fallait toujours quelques minutes pour me réveiller. Je me passais les mains sur le visage avant de me lever. Je m’étirais encore avant d’aller dans la salle de bains. Il faisait un peu frais mais tant pis, j’allais me couvrir un peu. J’entrais dans la salle de bains, j’allumais la lumière et plissais les yeux à cause de la lumière. Une fois accommodé, j’ouvris le robinet d’eau froide et m’aspergeais le visage. L’effet fut immédiat, je me sentais bien plus réveillé. Je m’essuyais le visage avec une serviette. Je m’observais un petit moment dans le miroir. Je me touchais le menton… Finalement, cette barbe de quelques jours m’allait plutôt bien. Je souris à mon reflet avant de retourner dans ma chambre. J’attrapais un débardeur noir, un gilet à capuche gris. J’enfilais mon jogging gris, mes baskets. Je pris les clés et sortis. Je n’étais pas sûr que Lizzie soit debout quand je rentrerais donc pour ne pas la réveiller, je préférais prendre les clés.
Je sortis de la maison. Je m’étirais rapidement devant le portail de la maison avant de m’élancer. Ecouteurs aux oreilles, je courais sans faire attention. Les rues de Brooklyn étaient désertes et plutôt calmes. C’était dans ces moments que j’adorais mon quartier. Je n’avais pas besoin de faire attention aux passants, aux voitures et compagnie. Bon, il y avait quelques personnes mais pas autant que dans l’après-midi. A partir d’une certaine heure, Brooklyn était bondé de monde, bruyante.
Après une trentaine de minutes à courir, je m’arrêtais dans un mini parc. Il y avait des robinets où je pouvais me désaltérer. Ce que je fis. Je continuais de marcher, il ne fallait pas que je m’arrête ou que je m’assois. Sinon, c’était la crampe assurée. Mains dans les poches, je marchais tête baissée, capuche relevée. Je ne pris conscience de mes pensées qu’après plusieurs minutes. Je me remémorais les dernières paroles que j’avais dites au coach… Je m’en voulais. Enormément. La dernière fois que l’on s’était parlé, je lui avais dit qu’il était complètement idiot de ne pas me laisser combattre et qu’il était trop vieux pour comprendre… Entre autre… Je sentis une larme couler sur ma joue. Je dépêchais de l’essuyer en reniflant tout doucement. Qu’est que j’avais été con… Si je n’étais pas parti sur un coup de tête, il serait sûrement là… Tandis que je ressassais mes sombres pensées, je rentrais à la maison. Tout doucement, j’entrais en prenant soin de ne pas faire de bruit. Je me dirigeais alors dans la salle de bains, me déshabillais et pris une bonne douche. Une fois propre, je sortis et me ceinturais la taille d’une serviette. J’allais dans ma chambre. J’enfilais un t-shirt blanc et un jean. Je restais pieds nus, comme toujours lorsque j’étais à la maison… Une vieille habitude. J’allais dans la cuisine et commençais à préparer le petit-déjeuner. Durant ma relation avec Caitlinn, je lui faisais souvent à manger en pensant qu’elle appréciait… Je soupirais. Aujourd’hui, c’était à ma filleule et de temps en temps à ma sœur. Oh, je ne m’en plaignais pas mais parfois, j’aurais aimé qu’avec Caitlinn… Enfin bref ! Je commençais à préparer du café. Pendant que la cafetière faisait son boulot, je me mis derrière les fourneaux. Je commençais par faire une omelette et du bacon. Je disposais tout cela sur des assiettes que je posais sur le plan de travail qui trônait en plein milieu de la cuisine. Je fis également des gaufres. Alors que je fis couler la pâte à gaufres dans l’appareil, j’entendis du bruit derrière moi. Je fermais l’appareil et me retournais.

« Tiens, t’as fini par te réveiller la marmotte ! Assis toi, j’ai fait une omelette et du bacon. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 15
♈ Friandises : 11
♈ A New York depuis : 18/06/2015
♈ Quartier : Brooklyn

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Mar 23 Juin - 16:59

Dormir était devenu difficile depuis près d’un an maintenant. Il m’arrivait de me réveiller en sursaut sans savoir où je me trouvais, effleurant la crise de panique mais rapidement, je reprenais mes esprits et je me souvenais d’où je me trouvais. Parfois, je cherchais encore mon ancienne chambre, celle de la maison où j’avais grandi mais je n’y étais plus. Les meubles étaient les mêmes étant donné que j’avais tout pris dans cette pièce, mais la disposition était différente étant donné qu’il avait fallu que je m’installe dans une nouvelle chambre. Même si je vivais avec Jay, la vie n’était pas moins facile car le poids de l’absence de mon père se faisait toujours sentir. Bien que son décès remonte à plusieurs mois maintenant, je n’avais toujours pas passé le cap. Peut-être ne le passerais-je jamais ? Et pourtant c’était nécessaire car cela m’empêchait d’avancer. J’avais l’impression de faire du sur place alors que le monde continuait d’avancer sans moi. Quand le sommeil avait fini par me gagner, il était très tard dans la nuit ou très tôt le matin, ça dépendait de quel point de vue on se plaçait.

J’avais sombré dans un sommeil sans rêve, ce qui était rare à présent. Mais malgré ça, je ne me sentais pas reposée pour autant. J’étais constamment fatiguée et j’avais l’impression de porter le poids du monde sur mes épaules. Quand je me réveillais le matin, il était tôt. Enfin… tôt dans le sens où mon nombre d’heure dormi était assez petit et pas assez pour que je sois complètement reposée. Mais j’allais survivre la journée et ainsi de suite. Ma situation actuelle n’était pas la seule à avoir fait que je ne dorme pas beaucoup, il y avait aussi cette bonne odeur qui commençait à s’infiltrer dans ma chambre. Ca sentait bon. Et mon estomac se mit à gargouiller aussitôt. L’estomac, c’était peut-être encore le seul truc qui fonctionnait encore correctement chez moi. C’était bon signe, non ? Apparemment, tant que l’être humain continuait de manger, tout allait bien au niveau de la santé. Le moral, c’était à part. Je pris quand même le temps d’émerger, histoire de ne pas ressembler à un zombie et filer une crise cardiaque à Jay. Après quoi, je me levais et ouvris les volets ainsi que les fenêtres afin d’aérer ma chambre.

Vêtue de mon petit short et d’un débardeur usé, je relevais mes cheveux dans une espèce de chignon fait à la va-vite et sortis de ma chambre sans attendre. L’odeur de nourriture m’entoura et mon ventre recommença à réclamer. Je posais une main sur mon ventre et descendis les escaliers pour me rendre directement dans la cuisine. J’avais eu raison, c’était Jay qui cuisinait. Parfois, quand je me réveillais, j’avais l’agréable surprise de trouver Jenna. Mais la plupart du temps, c’était Jay. Sans lui ma vie ne serait vraiment plus rien étant donné que je n’avais plus de parents. J’étais chanceuse de l’avoir avec moi. Un petit sourire vint se dessiner sur mes lèvres. Je l’observais presque béatement pendant quelques secondes avant de me reprendre. Je secouais légèrement la tête et m’avançais un peu plus, sauf que maladroitement, je me cognais dans un meuble. Je grimaçais un peu, mais je n’avais pas si mal que ça. Le bruit que je venais de faire avait prévenu Jay de ma présence qui s’était tourné vers moi.

« A ton avis, pourquoi est-ce que je me suis levée, d’après toi ? » répondis-je avec un sourire. « Je ne peux pas résister à tes talents de cuisinier. »

Avant de m’asseoir, je me rendis jusqu’au frigo pour prendre le ketchup et m’installais sur ‘ma’ chaise pendant que Jay plaçait mon assiette face à moi. J’étais une adepte des mélanges fait avec le ketchup. Parfois, ça ne donnait pas envie, mais c’était vraiment bon en gout. Il faudrait qu’un jour je fasse le jeu où je donnerai à manger à quelqu’un aux yeux bandés afin qu’il se rende compte que les mélanges que je faisais avec du ketchup n’étaient pas tous complètement dégueulasse. Peut-être que je pourrais essayer sur Jay ?! Ca c’était un bon plan.

« Bien dormi ? » demandais-je en badigeonnant mon omelette de ketchup.

Je découpais le tout avant de faire ma tambouille en mélangeant. A force de me voir faire, les gens ne s’offusquaient plus de me voir mettre du ketchup dans à peu près tout, mais pour ceux qui voyaient ça pour la première fois, j’adorais observer leur tête. Surtout quand je mélangeais des pâtes, des œufs sur le plat et du ketchup. C’était trop bon ! Voilà. Et celui qui ne connaissait pas avait loupé toute sa vie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 12
♈ Friandises : 13
♈ A New York depuis : 21/06/2015

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Dim 9 Aoû - 20:55

J’avais appris à cuisiner assez jeune… Sûrement parce que c’était une façon d’avoir le contrôle sur quelque chose. D’après le psychologue que j’avais vu étant plus jeune, j’avais un besoin de contrôle sur ce qui m’entourait, du coup, il fallait que je fasse des activités qui me donne cette impression… En plus, d’un sport qui me défoulerait. Du coup, j’avais fini par apprendre à cuisiner. Et j’adorais, non pas la sensation d’être le capitaine à bord, mais plutôt le fait de lui cuisiner. Mijoter des plats, sentir les effluves remonter lentement… Et goûter le résultat. Toutes ces petites choses me faisaient aimer la cuisine… Si mon macho de père me voyait… Lui qui était persuadé que les hommes n’avaient rien à faire dans une cuisine… Bizarre que les grands chefs soient des hommes pourtant…

Donc, en me réveillant ce matin, j’avais décidé de faire le petit-déjeuner. Depuis la mort de mon coach et père adoptif, je tentais de me reconstruire en m’occupant le plus souvent l’esprit. Je ne voulais pas penser à sa mort, ni à la culpabilité qui me rongeait le cœur. Et puis, je devais avouer que vivre seul… Pourtant, j’avais eu une petite amie avec qui allait parfaitement… Du moins, en apparence. Du coup, j’avais accueilli ma filleule, Lizzie, qui rencontrait quelques difficultés financières. J’étais super content car à présent, je ne me sentais plus seul et puis… Je retrouvais une part de mon enfance… En parlant du loup, enfin la louve, elle pointa le bout de son museau. Rapidement, elle s’installa en m’expliquant que c’était mes talents de cuisinier qui l’avait réveillé. En lui souriant, je lui déposais une assiette d’omelette et de bacon. En la voyant se lever, je savais d’avance ce qu’elle prenait. Du ketchup… Si je la laissais faire, elle s’en mettrait dans son café, tiens !

Je me servis une tasse de café avant de m’adosser au plan de travail en attendant que les gaufres cuisent. Je bus une légère gorgée pour ne pas me brûler la langue… Mais il faut dire que j’adorais le café brûlant, selon moi, il était bien meilleur que tiède.

« Oui, plutôt bien. Et toi ? Je t’ai entendu ronfler dans le couloir quand je suis sorti ce matin. »

Je soufflais au-dessus de ma tasse avant de boire. Je reposais ma tasse sur le plan avant d’ouvrir l’appareil à gaufres. Je pris les dernières gaufres restantes et les déposais devant Lizzie. J’ouvris un placard et en sortis du nutella. Je pris une cuillère et une assiette avant de m’installer face à elle. Je pris une gaufre en la badigeonnai de chocolat avant de croquer dedans.

« Qu’est que tu comptes faire de ta journée, dis-moi ? » lui dis-je la bouche pleine.

J'étais tellement habitué à avoir Lizzie dans ma vie, que je ne me gênais pour rien... Bon, je ne me baladais pas non plus nu comme un ver dans la maison, mais, j'étais très à l'aise avec elle. En plus, elle était agréable à vivre et adorait les jeux vidéos. La coloc' parfaite ! Sauf que je devais avouer que si un mec venait la chercher... Je risquais d'avoir des envies de meurtres. Lizzie était comme ma petite soeur, je tenais beaucoup à elle, alors voir un petit branleur s'approcher d'elle me foutait en rogne rien que d'y penser...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 15
♈ Friandises : 11
♈ A New York depuis : 18/06/2015
♈ Quartier : Brooklyn

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Jeu 20 Aoû - 18:36

La vie n’avait plus réellement de sens depuis prêt d’un an. Tout avait perdu ses couleurs et sa saveur. Continuer à avancer ; c’était ce qu’on attendait de moi. Mais personne ne semblait vouloir savoir ce que moi je voulais. Ce que je voulais, c’était m’allonger et dormir pendant des années afin de laisser le malheur derrière moi. Cependant, c’était impossible… Heureusement pour moi, je n’étais pas encore totalement seule. J’avais encore Jayden et Jenna. Je n’avais plus qu’eux. Si je venais à les perdre, qu’est-ce que je deviendrais ? Quand j’y pensais, j’en avais mal aux tripes et au cœur. C’était comme si on m’arrachait les entrailles. Bref, c’était difficile à expliquer comme sensation. Il n’y avait pas de mot pour exprimer la douleur. Je l’avais beaucoup trop expérimenté au cours de ma vie. Ma mère nous avait abandonné et mon père avait été assassiné pour je ne sais quelle raison. Concrêtement, j’avais eu un espoir que ma mère réapparaisse à l’enterrement de papa, mais ça n’avait pas été le cas. Je ne savais pas ce qu’elle était devenue et je m’étais faite à l’idée qu’elle ne reviendrait pas. Aujourd’hui, il n’y avait plus que Jay, Jenna et moi.

C’était chez Jay que j’avais élu domicile étant donné que je ne pouvais pas vivre seule. Je n’avais pas les moyens de me prendre en charge. Techniquement, j’étais encore étudiante, même si je n’avais plus du tout la foi de me rendre chaque jour à l’Université. C’était devenu très difficile de me concentrer. Je pouvais l’être au début mais progressivement ma concentration s’effritait jusqu’à devenir inexistante. On m’avait conseillé d’aller voir un psychologue pour passer ce mauvais stade mais je ne voulais pas. Je n’étais pas désespérée à ce point. J’avais juste besoin d’un peu de temps pour surmonter mon deuil. Et ça prendrait un peu de temps parce qu’il s’agissait quand même de mon père et c’était lui qui avait été présent pendant plus de vingt ans. Heureusement, je n’étais pas la seule à vivre ce malheur. Jay et Jenna partageaient ma peine. Mais on ne se laissait pas abattre, on essayait de s’en sortir comme on pouvait.

Les odeurs de nourriture avaient fini par me tirer de mon sommeil. C’était Jay qui s’occupait de la nourriture. Parfois, je faisais à manger mais la plupart du temps c’était Jay qui s’y collait. Simplement vêtue de mon short en tissu usé et d’un débardeur assez ample, je sortis de ma chambre après m’être fait un chignon à la va-vite. J’étais sincère quant aux talents de cuisinier de Jay. Il déposa mon assiette juste en face de moi et aussitôt, je me relevais pour aller chercher mon condiment préféré : le ketchup ! Je badigeonnais mon assiette de ketchup quand je lui demandais s’il avait bien dormi. Puis, je levais les yeux au ciel quand il signala mes ronflements.

-Je ne ronfle pas, répliquais-je. Mais oui, j’ai bien dormi.

Je touillais mon omelette quand Jay me présenta les gaufres. Pendant que lui commençait à étaler du nutella sur ses gaufres, moi j’attaquais mon omelette et mon bacon. Je finirais par les gaufres. Pendant que je mâchouillais le contenu de ma bouche, Jay me demanda ce que j’avais prévu pour aujourd’hui. Je haussais les épaules. On ne pouvait pas dire que j’avais une vie sociale palpitante. Des amis, j’en avais mais depuis quelques temps, je n’avais pas envie de sortir.

- Rien de spécial. Passer la journée dans mon lit à essayer de rattraper mes cours ? Mais je sais que ça va durer qu’une heure alors à quoi bon.

Je devais bien reconnaître que je faisais ma défaitiste, mais je savais d’avance ce que ça allait donner. Jay le savait aussi bien que moi. Piquant dans mon assiette, je levais les yeux vers mon parrain :

- Et toi ? Un entraînement ? La salle de boxe a besoin de toi ?

Jay avait récupéré la salle de boxe de mon père. C’était son héritage, en quelque sorte. Mon père la lui avait léguée sur le testament qu’il avait fait. Du coup, c’était lui qui gérait les locaux et qui reprenait le flambeau en quelque sorte. L’esprit de papa était toujours présent parmi nous.

- Parce que si la salle peut se passer de toi, je suis tout à fait disposée à te mettre la raclée de ta vie aux jeux vidéo !

Un sourire narquois se dessina sur mes lèvres. Entre Jay et moi, c’était une vraie compétition. C’était lui qui m’avait appris à jouer aux jeux vidéo et j’étais une excellente élève. Je ne maîtrisais pas encore tous les jeux mais je ne me débrouillais pas trop mal. Je préférais aussi quand lui et moi nous faisions équipe parce qu’on faisait un bon duo. Mais il nous arrivait aussi d’être l’un contre l’autre et ça partait dans tous les sens. Ca devenait aussi la guerre dans le salon.

- Mais si tu préfères te défiler… je comprendrais.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 12
♈ Friandises : 13
♈ A New York depuis : 21/06/2015

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Mer 17 Fév - 1:13

Lizzie était comme une petite soeur pour moi. J'étais bien dans mon rôle de parrain. Quand elle était encore enfant, je la gâtais, la taquinais et la protégeais autant que je le pouvais... En fait, je le faisais exactement comme je l'aurais fais pour Jenna, ma vraie petite soeur.
D'ailleurs en pensant à elle, je pensais la voir pointer le bout de son nez mais apparemment, j'allais passer une journée seul. J'avais déjà rempli tous les papiers qui concernait l'administration de la salle de boxe que mon père adoptif m'avait légué. Du coup, je m'autorisais une journée tranquille...
Cette salle... Elle m'avait bien aidé et même sauvé la vie... Même si au final, c'était grâce à elle que j'avais pût venger ma mère et ma petite soeur de notre putain de géniteur.

Lizzie s'était installée, prête à dévorer son assiette. Je le savais parce qu'elle adorait quand je me mettais derrière les fourneaux et comme j'y prenais un réel plaisir. Et puis, j'adorais les compliments, il faut l'avouer. J'avais taquiné Lizzie sur le fait que je l'avais entendu ronfler. Comme à chaque fois que je la provoquais, elle répliquait immédiatement. Je lui fis un sourire taquin avant de boire un peu de mon café brûlant. Puis, je m'assis face à elle pour manger mes gaufres que j'avais au préalable, noyé sous le nutella. J'écoutais Lizzie m'expliquer qu'elle allait essayer de combler son retard.
Depuis la mort de son père, Lizzie avait beaucoup de mal avec les cours. Même si elle n'en parlait pas souvent, je savais qu'elle traversait une période très difficile. Je n'essayais pas de la faire retourner en cours ou que ce soit. J'estimais qu'elle y retournerait quand elle s'y sentirait prête.
Lizzie devait trouver le moyen de gérer cette douleur mais lui forcer la main ne l'aiderait pas.
Du coup, je me contentais de me montrer présent pour elle à chaque fois qu'elle semblait m'appeler au secours... Un peu comme cette provocation pour que l'on aille jouer !

« Oh mademoiselle veut se faire démolir ! Pas de soucis ! J'ai ma journée de libre. »

Je lui fis un sourire taquin avant de boire à nouveau mon café. Enfant, j'avais appris à Lizzie comment jouer aux jeux vidéos. Plus les consoles sortaient et plus mon père adoptif nous achetait ces consoles. Du coup, j'apprenais à Lizzie comment jouer. Jenna n'était pas douée mais Lizzie... Elle apprenait vite. Rapidement, elle devint ma partenaire dans les parties de jeux en ligne. A nous deux, nous formions une équipe victorieuse à chaque partie. Mais il arrivait que nous jouions l'un contre l'autre. Pour un pari ou pour décider qui se taperait la vaisselle... Et étant un excellent prof, Lizzie arrivait à me battre.

« Lizzie, tu sais très bien que je ne me défile jamais devant un défi ! »


Je terminais ma gaufre nutella... Ou plutôt le nutella à la gaufre que je mangeais. C'était dans ces moments là que je me disais que j'étais bien chanceux de faire du sport. Sinon, il y avait longtemps que j'aurais perdu mes abdos, et mon magnifique cul musclé ! Oui, je m'aime bien des fois !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 15
♈ Friandises : 11
♈ A New York depuis : 18/06/2015
♈ Quartier : Brooklyn

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Mar 29 Mar - 13:19

Que serait ma vie sans Jay ? Elle ne serait rien. Il était tout pour moi. Je n’avais plus que lui et je ne m’imaginais pas un seul instant vivre sans lui à mes côtés. J’étais prête à vivre toute ma vie sous le même toit tellement j’étais attachée à lui. Enfin, ne nous faisons pas d’illusion, il faudrait bien qu’un jour nos chemins se séparent. Il avait déjà eu une fiancée, pourquoi n’en aurait-il pas un jour une autre ? Bizarrement, cette pensée m’agaçait et faisait naître un étrange sentiment au fond de moi. À mes yeux, absolument aucune femme n’était assez bien pour lui tellement il était génial. Il savait quasiment absolument tout faire ; c’était l’homme parfait. Sa cuisine était à se rouler par terre. D’ailleurs, je dévorais mon petit déjeuner. Suite au décès de mon père j’avais perdu pas mal de kilos et j’avais l’impression que Jay s’était donné comme mission de me faire reprendre ces kilos que j’avais perdu.

D’habitude, le matin, je n’étais pas très bavarde, mais quand j’étais face à lui, je ne pouvais pas rester silencieuse. Surtout quand il m’attaquait sur mes ronflements inexistants. Je détestais qu’on me dise que je ronfle parce que je savais que ce n’était pas le cas. Quand je dormais je ne me rendais compte de rien, mais on m’avait déjà dit que j’étais silencieuse – peut-être même trop silencieuse parfois. Tandis que nous déjeunions, il me demanda ce que j’avais prévu de faire pendant la journée. Je lui avouais mes bonnes attentions en essayant de travailler mais je ne lui cachais pas mon manque de motivation pour ça. Pourtant, j’étais certaine que dans de meilleures conditions, j’y arriverai mais depuis que papa était décédé, j’avais l’impression que plus rien n’avait vraiment de sens. Du coup, je cherchais une échappatoire en proposant à Jay une partie de console et comme à chaque fois, il accepta ma demande.

« Moi, me faire démolir ? » Je ris. « N’oublie pas que j’ai eu le meilleur professeur de jeux vidéos au monde et qu’un jour, l’élève dépassera le maître. Qui te dit que le jour n’est pas arrivé ? »

Je lui tirais la langue avant d’enfourner une nouvelle bouchée de mon assiette. Je levais les yeux au ciel face à l’affirmation de Jay, juste histoire de l’embêter un peu. Je savais bien qu’il ne répondrait jamais « non » quand je lui demanderait de jouer avec moi parce que j’étais la meilleure partenaire qu’il n’ait jamais eu. Quand nous étions dans la même équipe, nous étions le meilleur couple qui soit et nous pouvions jouer des heures sans nous arrêter. Je me souvenais d’une fois où papa avait débarqué à quatre heures du matin dans le salon en nous ordonnant d’aller nous coucher avant qu’il n’en prenne un pour taper sur l’autre. À l’époque, je devais avoir une dizaine d’année et Jay dix de plus, mais l’un comme l’autre, quand mon père avait débarqué furieux, nous avions décampé sans demander notre reste.

Une fois toute mon assiette avalée et mon ventre légèrement gonflé par la nourriture, je déposais le tout dans l’évier et me tournais vers Jay toujours assis à table. Je m’avançais vers lui et me penchais dans son dos pour faire venir ma bouche au niveau de son oreille et soufflais :

« Le dernier arrivé est un cafard poilu ! »

Sans plus attendre je me redressais et me mis à courir en direction de la salle de jeux.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 12
♈ Friandises : 13
♈ A New York depuis : 21/06/2015

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Jeu 11 Aoû - 21:18

J’adorais Lizzie, elle avait beau être plus jeune que moi, elle avait une maturité que j’avais rarement croisé. Parfois, je regrettais même que mon ex n’ait pas été aussi mature qu’elle. Peut-être que les choses auraient mieux marché entre nous...Enfin bref. Lizzie était la colocataire idéale. Avec elle, je savais que je pouvais être moi-même, parler de tout et de rien, rire, me confier… Je me sentais bien avec elle et j’avais la sensation que c’était réciproque.

Quand elle me proposa une partie de console, je ne pouvais pas lui dire non. En fait, j’avais du mal à lui refuser quoi que ce soit, et ça depuis l’enfance. Elle me rappelait parfois ma petite sœur que je devais protéger envers et contre tous, du coup, je devenais protecteur et bien trop gentil. Mais ce n’était pas mauvais, non ?
Donc je taquinais ma jeune colocataire en lui expliquant qu’elle allait se faire démolir. Je lui avais appris à jouer aux jeux vidéo car, contrairement à ma jeune sœur, Lizzie était plus curieuse et très douée !

« Ah mais ne rêve pas trop, ma petite ! Je suis et resterais le meilleur. D’ailleurs, je t’interdis de devenir meilleure que moi, compris ? »
lui dis dis-je en la pointant avec ma petite cuillère.

Bah oui, je risquais ma place de champion, il fallait bien que je me défende ! Et puis, il faut le dire, je ne voulais pas qu’elle soit meilleure que moi parce que tant qu’elle était moins douée que moi, je pourrais toujours jouer son professeur. Bah oui, je voulais la garder avec moi. Moi au moins, je ne voulais que son bien alors qu’un autre mec…
Alors que je mangeais ma dernière bouchée de gaufre, Lizzie s’était levée pour déposer son assiette dans l’évier. Alors que je comptais me lever, elle vint me chuchoter à l’oreille un nouveau défi… Bizarrement, sentir son souffle dans mon cou me fit frissonner. Heureusement, elle ne vit rien car elle s’empressa de courir hors de la cuisine. Précipitamment, je déposais mon assiette et ma tasse dans l’évier puis je m’élançais dans le couloir. Je rattrapais Lizzie au moment où elle entrait dans la salle de jeux. J’entourais alors sa taille et la soulevais. Je la tins contre moi avant de nous laisser tomber dans le canapé en riant.

« Bon, tu es prête à prendre une dérouillée ? »
lui demandais-je un sourire en coin.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 15
♈ Friandises : 11
♈ A New York depuis : 18/06/2015
♈ Quartier : Brooklyn

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Sam 3 Sep - 18:16

Habituellement, le matin, j’aimais bien quand c’était calme et silencieux, mais quand j’étais avec Jay, discuter était plutôt facile. En fait, nos conversations devenaient du gros n’importe quoi : comme aujourd’hui, par exemple. Les ronflements étaient un sujet qui me faisait horreur. Je n’avais rien contre les gens qui ronflaient mais qu’on affirme que moi je ronflais, c’était trop gros pour que je me taise là-dessus. Je ne ronflais pas. Peut-être que par moment, je respirais fort – surtout quand j’étais malade et que j’avais le nez boucher – mais je ne ronflais pas. Il pouvait le demander à n’importe lequel de mes amis. Cependant, parler de ça n’était pas vraiment un sujet qui fâche parce que c’était avec Jay que je parlais et pas avec un autre.

La conversation dériva sur les jeux vidéos. Jay m’avait tout appris des jeux vidéos et j’adorais jouer avec lui. Parfois, nous faisions des parties qui duraient des heures et des heures si bien qu’on ne voyait pas le temps défiler. Le plus drôle, c’était quand nous jouions l’un contre l’autre. Cela provoquait des cris dans toute la maison. Mais c’était drôle de voir la tête de Jay quand il perdait. Il avait une expression qui rendait hilarante la chose. Du coup, j’aimais bien quand nous étions dans une équipe opposée. Cependant, quand nous étions dans la même équipe, nous formions un duo du tonnerre, je devais bien l’avouer.

Jay était un homme et par moment, il avait un égo surdimensionné. Alors quand je suggérais que le temps était peut-être venu pour l’élève de dépasser le maître, c’était le drame. Un petit sourire en coin se dessina sur mes lèvres. Je terminais mon morceau de bacon et lâchais :

« Ah tu me l’interdis ? Bah figures-toi que tu n’es pas en position de m’interdire. »

Je lui tirais la langue et terminais mon assiette. Les plats que préparaient Jay étaient toujours bien réussis. Il aurait pu être cuisinier s’il n’avait pas préféré s’orienter vers la boxe. En même temps, à mes yeux, Jay n’avait absolument aucun défaut ; il était parfait. Peut-être que c’était pour cette raison que je n’arrivais pas à trouver chaussure à mon pied en matière de garçons. J’avais eu des petits copains, mais ils m’avaient tous semblé fade à côté de Jay. Pourtant, j’avais nourri de vrais sentiments pour eux, sinon, je n’aurais jamais accepté de sortir avec eux, mais il me manquait ce je ne sais quoi dont Jay était doté. Peut-être parce que je l’avais trop idéalisé tout au long de ma vie. Mais je ne désespérais pas, je n’avais que vingt-deux ans après tout. J’avais le temps pour tout ça. Et ma priorité numéro un, c’était d’enfin surmonter ce deuil qui avait mis ma vie entre parenthèses.

Je déposais mon assiette dans l’évier puis me penchais vers Jay, dans son dos. Une fois à hauteur de son oreille, je lui lançais un défi à ma sauce comme quoi le dernier arrivé était un cafard poilu. Aussitôt dit, je me précipitais vers la salle de jeux, courant aussi vite que mes jambes pouvaient le faire. Je n’étais pas une grande sportive – pour ne pas dire que le sport n’était pas du tout pour moi – alors je faisais comme je pouvais. Je ne tardais pas à entendre les pas précipités de Jayden qui s’était lancé à ma poursuite. Alors que je voyais la porte de la salle de jeux se rapprocher, je sentis brusquement deux bras m’entourer, m’arrachant un petit cri de surprise. Mes pieds décollèrent du sol tandis que Jay me portait jusqu’au canapé où nous tombâmes. J’éclatais de rire tandis que j’étais tout contre lui.

Lorsque je m’en rendis compte et surtout quand je me rendis compte que mon visage était aussi proche du sien, mon cœur loupa plusieurs battements. Je plongeais bêtement mon regard dans le sien tandis qu’il me demandait si j’étais prête à prendre une dérouillée. Je repris mes esprits le plus rapidement possible et répliquais :

« La vraie question est : est-ce que toi tu es prêt à prendre une déculottée, monsieur le champion de boxe ? »

Je me redressais, quittant ainsi la chaleur de son corps. Je me levais du canapé et me dirigeais vers la console. Je me sentais brusquement « froide », comme s’il me manquait quelque chose. C’était plutôt étrange, mais je ne m’en formalisais pas plus en avant.

« À quoi joue-t-on ? » demandais-je. « C’est à toi de choisir cette fois, et hors de question de me proposer Fifa ! Tu gagnerais à coup sur et ce n’est pas fair play ! »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 12
♈ Friandises : 13
♈ A New York depuis : 21/06/2015

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Ven 16 Déc - 21:31

J’avais toujours été du genre protecteur avec les femmes. Sûrement à cause de ce que j’avais vécu étant enfant. Mon père battait ma mère et ensuite, il s’était mis à me cogner moi aussi parce que je défendais ma mère. Mais lorsqu’il s’en était pris à ma petite sœur… Autant le dire, j’avais perdu mon sang-froid. J’avais tellement de haine et de colère en moi que j’aurais pu tuer cet homme qu’était mon père. Bien heureusement, je ne l’avais pas fait. Mais c’était ‘’grâce’’ à cette vie pathétique que j’avais pu rencontrer Lizzie, enfin son père. Il m’avait coaché et m’avait tout appris de la boxe. Il m’avait pris sous son aile, m’avait donné toutes mes chances pour réussir dans la vie… Il était normal qu’à présent, je m’occupe de sa fille maintenant qu’il n’était plus là.

J’avais toujours adoré Lizzie. Je l’avais toujours protégé, conseillé…Charrié aussi. Un peu comme un grand frère. Contrairement à Jenna, Lizzie était douée pour les jeux vidéo et elle adorait ça. Du coup, je ne ratais jamais une occasion de jouer avec elle. Parfois, elle me battait, ce qui entraînait des hurlements de frustrations et des cris de victoires. Et si nous décidions de faire équipe ? Nous détruisions tout sur notre passage.


J’avais attrapé Lizzie et j’étais retombé sur le canapé avec elle, dans mes bras. Mon regard plongea dans le sien… Et je sentis mon cœur battre plus fort… Il me semblait que l’on était restés ainsi un long moment avant que je ne reprenne mes esprits et lui demande si elle était prête à perdre. Sa réponse me fit rire. Lorsqu’elle se leva pour choisir un jeu… Je ne pus m’empêcher de l’observer. Pas comme un vieux pervers… Mais je me rendis compte à quel point… Elle était belle. Toute cette simplicité qui émanait d’elle la rendait terriblement attirante. J’en vins à penser qu’aucun homme ne la toucherait… Je refusais qu’un homme pose les mains sur elle…

« Tu ne veux pas de Fifa parce que tu sais que sinon, tu perdrais 36 à 0… En trichant !, dis en rigolant. Bon, mets Call Of Duty. Je sens que je vais faire un massacre ! »

Je me levais et fis semblant de m’étirer comme lorsque je me préparais avant un combat. Je sautillais tour à tour sur un de mes pieds tout en soufflant. J’avais pris un faux air sérieux, je devais avoir l’air un minimum crédible, non ?

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 15
♈ Friandises : 11
♈ A New York depuis : 18/06/2015
♈ Quartier : Brooklyn

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Mer 28 Déc - 19:13

Courir plus vite que Jayden, c’était impossible pour moi. Je n’étais pas une grande sportive alors il n’eut absolument aucun mal à me rattraper bien avant que je ne puisse franchir la porte qui menait à la salle de jeux. Un petit cri de surprise s’échappa de mes lèvres et éclatais de rire quand nous atterrîmes dans le canapé qui se trouvait là. Mon rire dura quelques secondes puis quand je cessais de rire, je remarquais que le visage de Jay se trouvait à quelques centimètres du mien. Mon cœur s’affola, battant à tel point que j’avais l’impression qu’il allait s’échapper sous peu de ma poitrine. Ce qui était impossible bien sur. Pourquoi est-ce que je réagissais de cette façon ? C’était Jay… mon parrain. Il ne fallait pas que je l’oublie !

Il me reconnecta à la réalité en me demandant si j’étais prête à prendre une dérouillée. Je lui répliquais que c’était à lui de prendre une dérouillée. Je me levais, m’éloignant, brisant la proximité qui s’était installée entre Jayden et moi. L’éloignement contribua au fait que j’eus brusquement froid. Mais je me ressaisis et me concentrais sur ce à quoi nous allions jouer. Je l’informais qu’il était inutile pour lui de choisir Fifa afin d’être certains de gagner car je ne souhaitais pas jouer à ce jeu. Non pas que je ne l’aimais pas, mais je n’étais pas une grande fan de football. J’y jouais occasionnellement pour faire plaisir à Jay.

Je levais les yeux au ciel et posais mes poings sur les hanches. J’arquais un sourcil tandis que monsieur s’échauffait. Quand il s’étira, son t-shirt se souleva légèrement, dévoilant le bas de son ventre, ainsi que cette fine ligne de poils sombres qui partait tout droit dans son pantalon… LIZZIE REGARDE EN L’AIR !!!!! Je sentis mes joues m’empourprer légèrement et aussitôt, je me tournais vers les jeux qui étaient correctement rangés sur leur étagère. Je passais une main dans mes cheveux, reprenant contenance du mieux que je pouvais tout en répliquant :

« C’est bien, tu avoues toi-même être un tricheur. »

Je sortis le jeu de Call Of Duty et l’insérai dans la console.

« En équipe ou toi contre moi ? » demandais-je tout en donnant une manette à Jay.

Je tirais les rideaux puis m’installais confortablement dans le canapé. Je tapotais la place à côté de moi afin qu’il me rejoigne et une fois que ce fut fait, je m’installais le dos contre son épaule, comme j’avais l’habitude de le faire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 12
♈ Friandises : 13
♈ A New York depuis : 21/06/2015

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Mar 18 Avr - 20:17

Depuis mon adolescence, je m’étais fait la promesse de toujours protéger les femmes de mon entourage. Ma mère, ma sœur et Lizzie. A une époque, Caitlinn avait fait partie de ces femmes mais lorsque j’avais appris pour son avortement… Je n’avais pas supporté. Nous avions de nombreux problèmes mais ça… C’était la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase. Je n’ai jamais regretté ce choix, je regrettais simplement de ne pas l’avoir fait plus tôt. Après tout, lorsque l’on aime une personne, on se doit de la soutenir, pas de l’enfoncer…

Maintenant que je vivais avec Lizzie, je venais à me dire que si nous avions eu la même tranche d’âge, les liens qui nous liaient auraient été bien différents. J’étais proche d’avoir 35 ans alors que Lizzie n’avait même pas encore atteint les 25 ans… Dix ans nous séparaient ! Je ne pouvais pas la voir autrement que comme une petite sœur. Pourtant, plus d’une fois, je m’étais surpris à l’observer, à admettre qu’elle était réellement belle et attirante… Si j’avais eu ne serait-ce que cinq ans de moins qu’elle…

Alors que nous parlions du jeu auquel nous pourrions jouer, je fis semblant de m’échauffer. L’un contre l’autre, disons qu’une mini guerre explosait. Et étant un mauvais joueur, je le prenais très mal lorsqu’elle gagnait face moi. Mais lorsque je gagnais… Je lui en faisais baver. Lizzie me proposa alors Call Of Duty. J’acceptais. J’allais rapidement dans la cuisine nous chercher les gaufres et le nutella. J’avais toujours faim lorsque je jouais à la console. Lizzie le savait bien. En revenant, je déposais le tout sur la table basse tandis que ma filleule me fit signe de m’installer à côté d’elle, ce que je fis. Tout de suite, je la sentis s’adosser à moi. C’était nos petites habitudes, pourtant aujourd’hui, je me sentis tout drôle…

« Allez, en équipe, il doit bien y avoir quelques joueurs en ligne à dégommer ! » lui dis-je en riant.

Ensemble, nous étions un duo de choc. Parfois, je me disais que ce devait être le signe d’une puissante amitié, d’un lien fort… A moins que les choses soient différentes… Rien que cette proximité… Pourtant, j’y étais habitué. Depuis l’adolescence, nous jouions ainsi. Sauf qu’aujourd’hui, sa chaleur me donnait envie de la prendre dans mes bras… Mais pas comme on serrerait sa jeune sœur, non… Comme on prendrait sa petite amie dans ses bras. Sauf que jamais je n'aurais osé le faire... Mon père adoptif m'aurait tué s'il avait été présent et au courant de mes pensées. Et Lizzie... Elle déménagerait sûrement. Oui, je ne suis pas un pédophile mais tout de même... C'était ma filleule et je la voyais comme une soeur. Enfin plus maintenant !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 15
♈ Friandises : 11
♈ A New York depuis : 18/06/2015
♈ Quartier : Brooklyn

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Sam 27 Mai - 19:38

Vive avec Jay était très loin d’être un supplice. Bien au contraire, il était cool et surtout extrêmement patient. La patiente était ce dont j’avais besoin de lui depuis le décès de mon père. J’avais du mal à m’en remettre et très sincèrement, j’avais l’impression que jamais je ne m’en remettrais réellement. En même temps, j’avais perdu un père. Je n’avais plus que lui depuis que ma mère était partie sans un mot. Et maintenant, je me retrouvais orpheline. Heureusement que j’avais Jay à mes côtés pour me garder la tête hors de l’eau parce que sinon, il y aurait bien longtemps que je me serais noyée. J’avais toujours adulé celui que mon père avait nommé parrain pour moi et qui avait grandi à mes côtés pendant toutes ces années. Pour moi, Jay était l’homme parfait et c’était peut-être à cause de ça que je n’avais jamais réussi à être avec un garçon plus que quelques semaines : parce que j’attendais d’eux d’être Jay. Or, ils ne le seraient jamais. Jay était unique en son genre. Alors peut-être qu’il fallait que je me fasse une raison et surtout que j’arrête d’attendre d’eux d’être Jay. Non parce que Jay et moi, ça serait malsain, non ?

Je me concentrais plutôt sur le jeu auquel nous allions jouer pour occuper notre journée. Je me souvenais que quand j’étais gamine, il m’arrivait de me lever en secret pour rejoindre Jay dans sa chambre et jouer avec lui. Quand Papa nous surprenait, il piquait une crise comme quoi nous avions école le lendemain et que nous devions dormir. C’était des petits moments comme ça que je chérissais. Et puis, en grandissant, Papa nous donnait juste comme consigne « Ne vous couchez pas trop tard, tu as cours demain, Lizzie. Et toi, Jay, entraînement ». Ces phrases me manquaient. Maintenant, nous pouvions jouer autant que nous voulions sans que personne ne vienne nous dire stop. Mais ces limites me manquaient. Bien souvent, c’était quand on perdait quelque chose qu’on se rendait compte de sa valeur.

Nous choisîmes de jouer à Call Of Duty et alors que j’installais le jeu, Jay alla chercher des gaufres et du nutella. Chez nous, ce genre d’aliments disparaissait très rapidement ! Parce qu’on les mangeait tout le temps. Pourtant, j’aimais bien préparer des vrais repas mais parfois, la malbouffe, c’était cool aussi ! Alors que Jay prenait à nouveau place sur le canapé, je m’installais contre lui, mon dos contre son épaule. Je lui demandais si nous faisions équipe ou bien si nous jouions l’un contre l’autre. Dans les deux cas, nous étions de vrais chacals quand il s’agissait de gagner, mais quand nous étions rivaux, nous essayions de faire perdre l’autre en lui volant sa manette ou en le dérangeant en pleine action. La guerre avait aussi lieu dans notre salle de jeu.

« Ils vont rapidement apprendre comment on s’appelle ! » lançais-je en configurant le jeu.

Bien sûr, quand nous jouions, on le faisait avec le compte de Jay. Je n’avais pas de compte à moi alors forcément, quand je perdais et que nous avions une baisse de quota, il n’hésitait pas à me faire savoir qu’il avait remarqué. En même temps, on ne pouvait pas toujours gagner, hein !

« Hé, tu te souviens quand tu m’apprenais à jouer ? Tu écartais les jambes, je m’asseyais entre et tu jouais avec mes doigts sur la manette. »


Je souris à ce souvenir. À l’époque, je ne comprenais absolument rien, mais j’étais désireuse d’apprendre. Puis au fur et à mesure, il m’avait donné une deuxième manette et je faisais semblant de jouer avec lui et puis au final, j’avais eu une véritable partie en main.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 12
♈ Friandises : 13
♈ A New York depuis : 21/06/2015

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Sam 29 Juil - 15:52

Autant le dire, Lizzie était comme une petite sœur pour moi, même si… En ce moment, je commençais à me poser de nombreuses questions sur ce qui me liait à ma filleule. Je l’aimais réellement de tout mon cœur, comme un frère aime sa sœur… Sauf qu’elle n’était pas ma sœur et ça… Mon cœur commençait à souvent me le rappeler. Mais j’essayais de ne pas y prêter attention. J’étais son parrain après tout, je devais la protéger, pas la séduire !

Je décidais alors de me concentrer à nouveau sur le jeu. J’avais eu l’idée qu’on joue ensemble contre les petits joueurs du réseau. Elle et moi contre le reste du monde, nous étions tellement plus forts. Nous n’avions jamais de mal à battre les autres équipes, c’était parfois trop facile, il faut le dire. Mais je ne m’en lassais jamais, j’adorais jouer avec Lizzie… Je préférais la voir rire devant un jeu avec moi, plutôt que broyant du noir.

« Oh oui ! On va leur montrer qui commande ! »

Nous nous installions tandis que le jeu se mettait en marche. Comme toujours depuis le jour où j’avais enfin laissé Lizzie jouer avec moi, elle s’était mise contre moi pour jouer.
Mais ma filleule me rappela comment avant, je la prenais entre mes jambes pour lui montrer comment se servir de la manette, tout en jouant avec elle. Je riais doucement.

« Ouais, je m’en souviens. Mais si tu crois que je vais encore le faire, tu rêves, jeune fille ! Tu joues presque aussi bien que moi ! Tu n’as plus vraiment besoin de moi… »

Dans le fond, je me sentais assez mal de me dire qu’à présent, Elizabeth n’avait plus vraiment besoin de moi. Avant, je pouvais lui apprendre un tas de choses, aujourd’hui, je n’avais plus grand-chose à lui montrer. Bien sûr, je pouvais encore la défendre si jamais un mec s’en prenait à elle, mais en dehors de cela… Le jeu commença. Je choisissais un personnage tout en regrettant le passé. Avant, j’étais un véritable grand frère pour Lizzie, à présent…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 15
♈ Friandises : 11
♈ A New York depuis : 18/06/2015
♈ Quartier : Brooklyn

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Sam 9 Sep - 17:09

Les parties de jeux vidéo avec Jay n’avaient tout simplement pas de prix. Il m’avait bien évidemment tout appris, et j’assumais totalement mon petit côté geek. Contrairement à ce qu’on pouvait croire, les filles aimaient bien jouer aux jeux vidéo. Ce n’était pas réserver aux hommes. Et non, nous ne jouions pas aux jeux pour filles. Ça existait mais c’était chiant à mourir ! Il n’y avait rien de mieux qu’un bon jeu vidéo qui avait de l’action. D’ailleurs, nous nous lancions dans une partie de Call Of et j’étais prête à mettre la paté à Jay mais celui-ci préféra qu’on fasse équipe et qu’on explose les autres en ligne. C’était une excellente idée. Jay et moi étions quasiment imbattables en équipe. Le nombre de fois où nous avions perdu devait se compter sur les doigts de nos mains.

« On devrait participer aux tournois un jour, ça pourrait être drôle » lançais-je à la rigolade.

Je n’y croyais pas vraiment étant donné que pour participer aux tournois, il fallait participer aux sélections. Et ceux qui participaient à ces tournois étaient tout simplement des purs geeks qui connaissaient les jeux et les tactiques par cœur. On se ferait surement battre dès les dix premières minutes. Non, derrière notre télé et sur notre canapé, nous étions très bien pour le moment. Mais qui sait, peut-être qu’un jour, nous retiendrions l’attention ?

Comme à chaque fois que je jouais avec lui, je m’installais contre son bras. C’était notre position préférée. Enfin tout du moins la mienne. Mais Jay n’avait jamais eu l’air de s’en plaindre donc du coup, c’était devenu une habitude. D’ailleurs, je me plus à lui rappeler la façon dont il me faisait jouer avec lui quand j’étais gamine : assise entre ses jambes et ses doigts guidant les miens. Je l’entendis rire et ce son se trouva être si doux à mes oreilles que j’en redemandais encore.

« Non c’est vrai, je suis l’élève qui a surpassé le maître. Mais… un élève, peu importe le niveau, a toujours besoin de son maître. Donc, ne t’attends pas à être débarrassé de moi aussi facilement. Toi et moi c’est pour la vie ! »

Oui… Pour la vie. Jay et moi étions liés parce que mon père avait décidé de nous lier. Pourtant par moment je me surprenais à désirer que notre lien soit différent de celui que nous avions. Mais pouvait-il en être autrement ? J’en doutais. Je finis par choisir un personnage et la partie commença. Comme à chaque fois, le jeu commençait tranquillement, le temps de nous faire aux commandes. Sauf que les commandes on les connaissait par cœur à force d’y jouer. Du coup, nous rentrâmes rapidement dans le vif du sujet prenant un peu par surprise certains joueurs.

« Tu sais quoi ? L’autre jour j’ai joué à la démo du nouveau Resident Evil. Il faudrait qu’on l’achète ! À moins que tu ais peur d’y jouer » le taquinais-je.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 12
♈ Friandises : 13
♈ A New York depuis : 21/06/2015

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Mar 31 Oct - 23:15

Participer à des tournois… L’idée avait l’air bonne, en théorie. Sauf qu’en pratique, ce n’était clairement pas une bonne idée. J’étais un mauvais perdant, le genre qui éteint la console si jamais il estime qu’il y a de la triche dans l’air. Nous avions un bon niveau mais dans un tournoi, le niveau n’était pas bon, il était carrément excellent ! Les participants étaient des joueurs qui s’entraînaient pendant des heures et des heures pour être à leur meilleur niveau. Des types carrément imbattables !

J’aurais pu avoir un niveau aussi élevé. Mais je préférais tout de même la réalité au monde virtuel. Je préférais largement m’entraîner à la salle de boxe que de rester une journée entière devant la télé, à jouer. Même lorsque je jouais avec Lizzie, je finissais toujours par chahuter parce que je ne tenais pas en place.

« Nous dans un tournoi… On est trop doués pour eux, tu sais ! On risque de les mettre minables ! »
dis-je en riant.

On allait surtout se faire éliminer dès le premier tour, à moins qu’on tombe sur des amateurs qui, comme nous penserait avoir une chance de ne pas se faire éliminer…
Comme toujours, Lizzie s’était installée contre mon bras. Quand elle avait commencé à jouer avec moi, elle se mettait entre mes jambes pour que je puisse lui montrer comment jouer, quelle touche utiliser à tel ou tel moment. Avec le temps, ma filleule devint de plus en plus douée… Mais elle avait aussi fini par grandir, du coup, elle avait trouvé une nouvelle place, contre mon bras. J’aimais beaucoup ces moments que nous partagions. J’adorais Lizzie, sûrement bien plus que je n’osais me l’avouer. J’étais son parrain et j’étais bien plus vieux qu’elle… Dix années nous séparaient. Pourtant, jamais je ne m’étais aussi bien entendu avec une femme de mon âge. Soit j’étais immature, soit Lizzie était très mature… A moins que ça ne soit un peu des deux. Je savais que nous étions liés pour la vie mais… Je savais qu’au fond, il me manquerait toujours quelque chose mais je n’arrivais pas à mettre des mots sur le manque que j’éprouvais…

« Mouais ! Je te prends au mot, nous deux, c’est pour la vie. Donc tu n’as pas intérêt à oublier ton cher parrain ! Surtout pour tester des nouveaux jeux ! »


Après tout, je l’avais tout de même initié aux jeux vidéo, il était donc normal pour moi que je joue avec elle. Et je devais l’avouer, c’était aussi une façon de m’assurer de toujours avoir une place dans son cœur. De nos jours, il était tellement facile d’oublier et de se perdre de vue. Je refusais que cela arrive avec Lizzie. Je l’aimais vraiment, cette gamine… Plus que je ne lui aurais dit. Alors se perdre de vue était exclu à mes yeux. Elle faisait partie de ma vie, au même titre que ma petite sœur ou ma mère.

« Qui ça ? Moi peur d’y jouer ? Oh c’est bon, tu m’as vu sursauté une fois donc je deviens une chochotte ?? »


Nous avions regardé le dernier volet du film Resident Evil. Durant le film, j’avais sursauté à cause d’un zombie qui apparaissait sans prévenir et depuis, j’avais droit aux ricanements et aux moqueries de Lizzie. Elle pouvait se moquer, quand nous regardions des films d’horreur, elle se cachait derrière moi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 15
♈ Friandises : 11
♈ A New York depuis : 18/06/2015
♈ Quartier : Brooklyn

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Sam 25 Nov - 11:54

Je ne savais pas trop pourquoi j’évoquais l’idée d’aller faire un tournoi de jeu vidéo. Connaissant Jay, je savais d’avance que c’était impossible. Il ne supportait pas d’être perdant. Moi, gagner ou perdre, je m’en fichais. L’essentiel c’était l’instant que je passais avec Jayden. Il n’y avait rien de plus précieux que le temps que je passais avec ma famille. Et celle-ci s’était considérablement réduite depuis la mort de mon père. Alors je m’accrochais à ceux qui me restaient. Un peu comme une moule s’accrochait à son rocher. Par contre, j’avais parfois l’impression d’être la demoiselle pénible qui insistait pour pouvoir passer du temps avec les miens. Un pot de colle en somme. Jusqu’à présent, cela n’avait jamais semblé déranger Jay, mais parfois je me demandais s’il ne gardait pas pour lui le fait que j’étais pénible et que je l’étouffais.

Je ris quand Jay affirma que nous étions trop bons pour ceux qui se présentaient au tournoi. Ouais… Trop bon en partant de la fin. Et puis de toute façon, je n’avais pas la prétention d’être assez bonne aux jeux vidéos pour prétendre participer à un tournoi. C’était même le contraire. J’étais une joueuse du dimanche.

« Oui, ils auraient tellement honte de perdre face à nous qu’ils fuiraient » répondis-je tout en sachant pertinemment que ce serait nous qui nous ferons huer par la foule.

Du coup, nous jouions à loisir aux big boss depuis le canapé de la salle de jeux. Et je devais bien avouer qu’on ne se défendait pas trop mal. Quand nous faisions équipe, bien souvent, c’était nous qui remportions les parties. Installée sur son bras, je rappelais à Jay comment nous jouions quand j’étais plus petite. J’étais toujours installée entre ses jambes, mes mains tenaient la manette et les doigts de Jay naviguaient sur les boutons. Maintenant je jouais de moi-même et j’étais devenue excellente – sans fausse modestie. En grandissant j’avais trouvé ma nouvelle place et depuis je ne la quittais plus. C’était notre rituel.

Toute ma vie j’avais été très proche de lui et j’avais l’impression que plus les années passaient, plus j’avais besoin de lui. Peut-être que c’était parce qu’il ne me restait plus que lui et j’avais ardemment besoin de lui à mes côtés.

« Tu sais bien que même si le voulais, je ne pourrais jamais t’oublier »
répondis-je. « Tu es et resteras à jamais mon binôme. »

Sauf que Jay était tellement plus que mon binôme. C’était mon meilleur ami, l’incarnation que je m’étais faite du Prince Charmant quand j’étais petite, mais c’était surtout mon parrain. C’était entre ses mains que mon père avait remis ma vie quand il était décédé. Je chassais les mauvaises pensées et me concentrais sur la partie en cours. J’en vins à repenser à la démo que j’avais faite de Resident Evil 7 et je suggérais à Jay de l’acheter afin qu’on puisse y jouer. Je tournais la tête vers lui en arquant un sourcil quand il fit mention de la fois où il avait sursauté.

« Une fois ? Tu as oublié de compter certaines fois alors » répliquais-je en lui tirant la langue.

Je ne pourrais jamais oublier la fois où il avait sursauté. Bon, bien souvent, c’était moi qui avais peur face aux films d’horreur. Je n’étais pas une fille spécialement courageuse dans ces moments-là. Et puis, bien souvent, après je faisais le tour des coins sombres de ma chambre pour voir si personne ne s’y cachait. Mais ça, Jay ne le savait pas parce que sinon, il se moquerait de moi. Jusqu’à présent, je n’avais jamais débarqué dans sa chambre pour lui dire que j’avais la trouille, mais j’avais été à deux doigts quand nous avions regardé The Conjuring. Mais j’avais pris sur moi et j’étais restée l’intégralité de ma nuit dans ma chambre à sursauter au moindre petit bruit.

« Attends, je reviens, je vais chercher un truc à boire » fis-je en posant ma manette.

Je me redressais et me levais du canapé en laissant Jay tout seul dans la salle de jeux. Je me dirigeais vers la cuisine et ouvris le frigo pour me saisir d’une bouteille de jus de fruits.

« TU VEUX DU JUS D’ORANGE ?! » criais-je depuis la cuisine afin que Jay m’entende.

Sauf que je n’étais pas sûre de la réponse non plus. Parfois je m’étonnais à être sourde… Haussant les épaules, j’attrapais deux verres en plus de la bouteille que je trainais sous le bras. Je retournais dans la salle de jeux et déposais les deux verres sur la table basse qu’on avait installé devant le canapé. C’était un peu un deuxième salon mais aménagé pour les jeux et bien évidemment les soirées film.

« Comme je n’ai pas entendu ce que tu as répondu, je t’ai pris un verre. »

Je servis un verre à Jay et lui apportais mais j’ignore comment, au lieu que le verre vienne dans sa main, il atterri intégralement sur lui. Mes yeux s’écarquillèrent et ma bouche s’ouvrit en un O quasiment parfait avant que je ne puisse lâcher :

« Oh mon Dieu, Jay !!! Je suis désolée !! »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 12
♈ Friandises : 13
♈ A New York depuis : 21/06/2015

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Mar 12 Déc - 19:36

Lizzie avait fini par faire partie de mon univers. Surtout depuis qu’elle avait emménagé chez moi. J’avais pris l’habitude de la voir chaque matin, au déjeuner et le soir… Sauf pour nos journées à ne rien faire, là par contre, je la voyais à chaque instant de la journée. A force, je connaissais ses habitudes par cœur, et pareil pour elle avec les miennes. Lizzie faisait partie de ma vie, qu’elle le vienne ou non. Elle n’en avait pas conscience, enfin je le croyais, mais ce n’était pas seulement mon devoir de parrain qui me donnait envie d’être là pour elle. Je l’aimais vraiment… Enfin comme un parrain aime sa filleule quoi ! Du coup, je ne pouvais me résoudre à la laisser seule. Pas avec la tragédie que nous avions subie… Surtout que je me sentais toujours coupable. Il fallait que j’essaye de rattraper le coup, aussi impossible que soit ma mission.

Je riais à sa remarque concernant nos potentiels ennemis, fuyant devant notre toute-puissance… Inexistante ! Bon, nous étions plutôt bons mais nous étions très loin du niveau professionnel. Ces personnes là consacraient leur vie aux jeux vidéo. Comme moi avec la boxe. Ce qui avait fait de moi un boxeur de haut niveau, c’était que je m’étais donné corps et âme à ce sport. Je m’entraînais nuit et jour, sans relâche, j’essayais toujours d’être meilleur chaque jour. Je dépassais mes limites un peu plus. Mais je ne me voyais pas passer autant de temps devant un jeu vidéo, aussi captivant soit-il. Ce n’était pas vraiment mon truc. Mais j’aimais parfois gonfler mon égo en prétendant être bien meilleur que je ne l’étais réellement. Et dans cet exercice, Lizzie me suivait toujours. Raison pour laquelle je ne voulais pas la voir partir…

« J’aime quand tu parles comme ça… »
lui dis-je un sourire aux lèvres, satisfait de savoir qu’elle ne m’oublierait jamais.

C’était important pour moi de toujours être dans la vie de Lizzie. J’aurais donné ma vie pour elle. Quand son père m’avait adopté, je lui avais promis de toujours veiller sur elle et je comptais tenir ma promesse. Avec le temps, ce n’était plus simplement une promesse, c’était devenu un devoir. Je devais la protéger comme je pouvais. D’où mes envies de meurtres lorsque je soupçonnais qu’un jeune couillon se soit approché un peu trop de ma protégée. Et contrairement à ce qu’elle suggérait, je n’étais absolument pas une chochotte !

« Je crois que tu inventes beaucoup de choses, Lizzie ! J’ai sursauté qu’une seule et unique fois ! » dis-je en faisant semblant de m’indigner.

Il se pouvait que j’aie sursauté une ou deux fois. Bon allez, trois fois mais pas plus. Mais en voyant le sourire narquois de Lizzie, je compris vite qu’elle n’allait pas me lâcher de sitôt avec cette histoire.
Néanmoins, elle se leva pour aller se chercher un truc à boire. Je l’entendis crier de la cuisine pour me demander si je voulais un truc à boire. Je lui répondis du jus d’orange. Je ne savais pas si elle avait entendu mais je comptais sur son instinct pour se douter que je voudrais un jus d’orange… Comme à chaque petit-déjeuner.

Lizzie revint avec jus d’orange et verres. Elle me servit un verre. Alors qu’elle me tendit le verre, je le loupais, elle le lâcha et je me retrouvais mouillé. Sur le coup, je me levais de surprise. Il faut dire que c’était froid. Pauvre Lizzie, elle semblait sur le point de tomber dans les pommes. Je riais doucement.

« Eh ce n’est rien ! Regarde, le verre ne m’a pas touché. Je vais juste mettre ça à laver… » dis-je en retirant mon t-shirt.

Je pris ensuite du papier essuie-tout et me mis à éponger le jus. Une fois que le sol fut épongé, j’allais jeter les papiers à la poubelle, puis je pris une serpillère afin d’éviter que le sol ne colle. J’essuyais le sol puis remis la serpillère dans la salle de bains avant de retrouver Lizzie.

« Tu t’es remis de tes émotions, petite nature ? »
lui demandai-je en la taquinant.

J’avais eu dans l’intention d’aller chercher un autre t-shirt mais après tout, à quoi bon ? Ce n’était pas la première fois que Lizzie me voyait torse nu… Enfin, ça faisait un moment qu’elle n’avait pas eu l’occasion d’assister à mes entraînements mais tout de même, je n’étais pas nu non plus. Et puis, c’était une grande fille qui pouvait voir pire grâce à internet… Je devrais peut-être couper sa connexion internet…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 15
♈ Friandises : 11
♈ A New York depuis : 18/06/2015
♈ Quartier : Brooklyn

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Dim 24 Déc - 11:49

Je n’avais clairement plus beaucoup de famille dans le monde. Ma mère était partie sans jamais rien dire à personne, mon père était décédé… Je n’avais plus que Jay et sa sœur Jenna. Et tous les deux étaient ceux qui comptaient le plus pour moi. Sans eux, je ne serais plus rien et je m’estimais chanceuse qu’ils fassent parti de ma vie. Pour rien au monde je ne me passerai d’eux. Ils passeraient toujours en priorité. Et j’étais reconnaissante à Jay de m’avoir offert un toit quand je n’en avais plus un. Enfin, techniquement, la maison de mon père avait été à moi, mais j’avais préféré la vendre. Je n’avais pas de ‘quoi’ vivre dedans. Alors plutôt que de m’embourber dans les problèmes, j’avais préféré la mettre en vente. Et puis, je n’arrivais plus à mettre les pieds dedans. Tout me rappelait ces belles années que j’avais passé. Mon père avait été la chaleur de mon foyer et maintenant qu’il n’était plus là, la demeure était devenue froide et invivable.

« Je sais, mais aucun de mes mots n’est faux. Ils sont tous pensés et sincères. »


Jay ferait toujours parti de ma vie, quoi qu’il arrive. Mon père nous avait lié en faisant de lui mon parrain. Je le connaissais depuis toujours et surtout je partageais tellement de choses avec lui. Comme les nombreux sursauts qu’il avait bien pu faire.

« Traites-moi de menteuse, si tu l’oses » lançais-je.

Je lâchais la manette pour aller chercher quelque chose à boire. J’avais soif. Aussi attrapais-je une bouteille de jus et demandais à Jay s’il souhaitait du jus d’orange. J’entendis vaguement une réponse mais je n’étais pas sûre. Je pris un verre également pour lui. Je retournais dans la salle de jeux et servis un verre à Jay, mais sans que je ne puisse comprendre ce qu’il se passait, je renversais l’intégralité du verre sur lui. Les yeux écarquillés, la bouche ouverte en un O quasi parfait, je mis quelques secondes avant de comprendre ce qu’il se passait et me lançais dans des excuses tandis que Jay se mit à rire légèrement. Il affirma que ce n’était pas grave. Je me mordillais la lèvre inférieure et baissais les yeux.

« Oui, je sais » répondis-je. « Mais j’aurais dû faire un peu plus attention ! »

Je me sentis rougir lorsque Jay retira juste sous mes yeux son t-shirt, me dévoilant ainsi son torse. Ce n’était pas la première fois que je le voyais torse nu. Lorsqu’il était sur un ring, il l’était, mais là… C’était clairement la première fois qu’il effectuait un tel geste devant moi et je me sentis brusquement mal à l’aise. Je détournais le regard et reculais de quelques pas, veillant à ne pas trébucher. Il s’occupa de nettoyer mes bêtises tandis que je restais là à essayer de ne pas regarder les muscles de ses bras et de son dos rouler à chaque mouvement qu’il faisait.

Je me rassis sur le canapé, encore honteuse de ma bêtise et puis par le fait que Jay était à moitié nu devant moi. Comme je l’avais dit, ce n’était pas la première fois que je le voyais torse nu et malgré ça, ça me mettait mal à l’aise. Une fois qu’il eut nettoyé, il revint vers moi en me demandant si je m’étais remise de mes émotions. Je levais les yeux vers lui, essayant tant bien que mal de concentrer mon regard sur son visage et non pas sur les muscles de son torse.

« Je suis vraiment désolée… En plus, tu as nettoyé mes bêtises alors que c’est moi qui aurais dû le faire. »


Je détestais qu’on nettoie mes bêtises. J’étais responsable de ce qui était arrivé et j’aurais dû nettoyer tout ça au lieu de laisser Jay faire le sale boulot. Je passais une main dans mes cheveux et me mordillais à nouveau la lèvre nerveusement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 12
♈ Friandises : 13
♈ A New York depuis : 21/06/2015

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Jeu 8 Fév - 11:28

J’avais beau dire depuis sa naissance que Lizzie était comme une deuxième petite sœur pour moi, j’avais bien du mal à la voir ainsi. Enfin, je l’avais vu ainsi jusqu’à ce que je me rende compte qu’elle était devenue une véritable femme. Une très belle femme. Au début, je m’étais ma jalousie sur le compte de mon besoin incontrôlable de la protéger contre tous les cons qui pouvaient tenter de lui faire du mal. Mais parfois, je ne savais plus trop quoi en penser, je me sentais perdu… Ce n’était pas pour autant que je le montrais à Lizzie. Je ne voulais surtout pas l’effrayer, je l’avais accueilli à la maison pour qu’elle n’ait plus à s’inquiéter de rien concernant les factures. Je voulais qu’elle se concentre sur ses études… Bon, je ramais un peu de ce côté car elle avait réellement du mal à se concentrer et je ne voulais pas la forcer. La situation était bien trop compliquée pour que j’en rajoute…

Alors, en attendant de mieux comprendre ce qui se passait dans ma tête, je continuais à prendre soin de ma filleule. Ce qui impliquait jouer aux jeux vidéo avec elle, regarder des films d’horreur – bien que je déteste ça ! – et toutes les activités de son choix.
Lorsqu’elle m’invita à lui dire qu’elle était une menteuse, je lui fis un clin d’œil malicieux. Je ne pouvais pas dire qu’elle mentait mais je pouvais le laisser planer non ? Même si à l’heure actuelle, c’était moi le menteur. J’avais sûrement sursauté plus d’une fois en regardant un film d’horreur. Non pas que je sois un peureux, seulement les films d’horreur avaient été crée pour faire peur non ? Il fallait bien que ça marche avec une personne.

Tandis que Lizzie posait la manette, je continuais de jouer sans elle. Rapidement, elle revint avec un verre de jus… Qu’elle renversa sur moi. Sur le coup de la surprise, je m’étais relevé brusquement en écartant ma précieuse manette. Lizzie pouvait me mouiller autant qu’elle le voulait, ce n’était pas grand-chose mais pas la manette ! C’était cher, ces petites choses ! Sauf que Lizzie semblait au bord de l’évanouissement, se confondant en excuse. J’en riais, ce n’était rien ! Ce n’était que du jus d’orange, pas de la lave en fusion, je n’allais pas en mourir.

« Oui, mais ça arrive ! Donc, tu peux arrêter de t’en vouloir ! » lui dis-je en lui embrassant le sommet de la tête.

Elle était adorable comme tout, je ne pouvais pas résister à l’envie de la rassurer comme je pouvais. Surtout que c’était un truc bête. J’aurais voulu la serrer dans mes bras… Mais je me rappelais être torse nu. Bien que ce ne soit pas la première fois qu’elle me voit ainsi, nous n’avions jamais été proches physiquement… Moi dans cette tenue ! Je ne tentais aucun geste pour ne pas la mettre plus mal à l’aise… Même si je devais avouer que la voir éviter de me regarder avait quelque chose d’amusant !

Je nettoyais donc le jus renversé en sifflotant. Une fois que tout fut propre, je m’assis à côté de Lizzie… Qui ne se remettait pas de ses émotions. Je levais les yeux au ciel.

« Si tu veux, tu peux te faire pardonner en t’occupant de la cuisine, ça fait un moment que je pense à nettoyer le four… » dis-je en souriant.

Bah si elle tenait tant que ça à nettoyer, je pouvais lui trouver du boulot ! Elle pouvait même venir nettoyer la salle de boxe !! Ce n’était pas moi qui allait m’en plaindre !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 15
♈ Friandises : 11
♈ A New York depuis : 18/06/2015
♈ Quartier : Brooklyn

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Dim 18 Fév - 21:09

J'étais quelqu'un de sincère et honnête. Tout du moins j'essayais de l'être à cent pour cent. Ce n'était pas toujours facile de dire la vérité, surtout quand on me demandait " ça va ? " et que je répondais " oui, ça va " alors que ça n'allait pas toujours aussi bien que je voulais le faire croire. Mon père me manquait jour après jour et je n'avais pas l'impression de réussir à faire le deuil. Certes, je sortais à nouveau, je discutais plus facilement, mais le soir venu, je me retrouvais seule dans le noir à ressasser ce que j'avais perdu. Heureusement que j'avais Jay auprès de moi, il m'aidait à garder le cap. Mais malgré tout ça, il fallait bien avouer que je n'arrivais pas à me reprendre. Mes études me semblaient bien éphémères par rapport à ce qu'il m'arrivait. Ce n'était plus devenu ma priorité.

Alors que je jouais à une partie de Call Of Duty avec Jay, j'eus une envie soudaine de boire quelque chose de sucré et ramenais du jus d'orange de la cuisine. J'en versais un verre à mon parrain mais malheureusement, au moment de lui donner, je renversais le contenu du verre sur son torse. Je m'excusais de mille et une façons sur cet accident qui avait survenu sans que cela ne soit prémédité. Parfois je pouvais me montrer extrêmement maladroite. Et je ne le faisais pas exprès. J'étais née avec deux mains gauches… Selon mon père, il arrivait que ma mère soit maladroite aussi, mais je ne voulais rien savoir de cette femme qui était partie sans rien dire à personne. Les raisons qui avaient poussé ma mère à partir m'étaient complètement inconnues et elles le seraient peut-être à jamais. Je doutais fort que ma mère ne revienne un jour pour s'excuser. J'avais appris à faire avec.

Quand Jay posa ses lèvres sur mon front, je sentis mon cœur s'accélérer légèrement tandis que mes paupières se fermèrent sous sa douceur. Quand il se détacha de moi, je rouvris les yeux et le regardais avec un léger sourire. En revanche, je cessais de le regarder quand il retira son t-shirt, apparaissant devant moi complètement torse nu. Je l'avais déjà vu torse nu - pendant ses combats pour défendre son titre, par exemple - mais jamais ça ne m'avait mise mal à l'aise comme à l'instant. Peut-être parce qu'en dehors de son sport, je ne l'avais jamais vu… ainsi ? Jay avait nettoyé ma maladresse et je m'excusais à nouveau parce que c'était moi qui aurais dû nettoyer. Aussi, quand celui-ci suggéra que je récure la cuisine, je hochais la tête.

" Ça me semble être un excellent compromis " répondis-je. " Je m'y mettrais dès demain matin ! "

Nettoyer, faire le ménage, tout ça, ça n'avait jamais été un problème pour moi. Surtout que pendant longtemps j'avais été la seule fille au beau milieu de deux hommes. Heureusement que Jenna avait été un soutien féminin assez solide parce que sinon j'aurais sans aucun doute pété un plomb au milieu de Jay et mon père qui ne vivaient que pour la boxe. Même si mon père n'avait jamais négligé le moindre détail de mon éducation, de ma vie, etc… il était assez souvent dans sa salle pour entraîner Jay à devenir un champion.

Je servis un nouveau verre de jus d'orange à Jay et le lui tendis, veillant cette fois-ci à ne pas tout renverser sur lui. Heureusement pour moi, cette fois-ci, il prit le verre sans qu'il ne se renverse. Je me servis également un verre et en bus une gorgée.

" Bon aller ! C'est pas comme ça qu'on va gagner "
lançais-je en posant mon verre sur la table basse.

Je récupérais ma manette et me réinstallais sur le canapé. Sauf que cette fois-ci, je ne me collais pas à Jay. Je restais sagement de mon côté. J'ignorais pourquoi, mais étant donné qu'il était torse nu, je me voyais mal aller me coller à lui sans que cela ne paraisse bizarre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 12
♈ Friandises : 13
♈ A New York depuis : 21/06/2015

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Lun 30 Avr - 20:42

Depuis le temps que je voulais nettoyer le four, il allait être nettoyé et sans que je n’aie à le faire ! Je savais que c’était une excellente idée que je prenne Lizzie sous mon aile. Non plus sérieusement, Lizzie était chez moi parce que je n’aurais jamais pu me regarder dans une glace si je l’avais laissé se débrouiller seule dans un moment où elle avait le plus besoin de moi. Elle n’avait plus que moi et ma sœur, sa mère ayant abandonné leur famille. Son père m’avait accueilli chez lui à un moment de ma vie où j’aurais pu mourir sous les coups de mon père, le moins que je puisse faire, c’était de prendre soin de ma filleule. Et puis, on s’était toujours bien entendu, même très bien. Je l’adorais alors franchement, l’avoir chez moi était un plaisir. J’espérais simplement qu’elle se plaisait tout aussi bien chez moi.

« Et si tu veux, la salle d’entraînement aussi aurait bien besoin d’un coup de serpillère, tu peux y passer quand tu veux… » dis-je d’un air taquin, toujours le regard fixé sur l’écran.

Je me devais de la taquiner, c’était comme un devoir que je m’étais fixé lorsqu’elle était née. J’étais le seul à avoir ce droit. Personne n’avait le droit de la taquiner sans prendre un coup bien placé.
Après avoir nettoyé le jus, Lizzie annonça la reprise du jeu. Il fallait bien que l’on mette la pâtée à nos adversaires ! Je lui fis un sourire en attrapant la manette. Nous remîmes le jeu en route. Le jeu démarra et je me concentrais afin d’exterminer le plus d’ennemis possible tout en restant en vie. Je n’avais pas remis de t-shirt, sûrement l’habitude. Et puis, je n’étais pas non plus nu comme un ver. Lizzie m’avait vu combattre et lors des combats de boxe, je ne portais qu’un short plutôt ample. Aujourd’hui, je ne portais qu’un jogging ce qui m’arrivait parfois lorsque je m’entraînais. Encore une fois, Lizzie m’avait déjà vu torse nu. Du coup, je n’étais pas gêné le moins du monde… Peut-être que j’aurais dû, j’étais très proche d’elle… Mais je n’y arrivais pas.

Tout en jouant, je lui demandais alors :

« Dis-moi, tu parles avec qui aussi tard dans la nuit ? »

Je ne la surveillais pas, après tout, Lizzie était une grande fille… Mais je n’aimais pas l’idée qu’un mec puisse l’approcher, surtout lorsque je l'entendais discuter et rire aussi tard dans la nuit. Je ne voulais pas qu’on l’approche, après tout, je la protégeais. J’étais un mec, je savais très bien comment certains d’entre nous pensaient, et avec quoi, surtout ! J’avais été un petit con moi aussi et je n’avais pas toujours été tendre avec les filles.
Sauf que voilà, je ne voulais pas qu’un mec la fasse souffrir, je ne voulais pas qu’il s’approche d’elle. Si j’avais pu la garder pour moi, je n’aurais pas hésité une seule seconde. Mais avec une femme aussi indépendante que Elizabeth Calloway, c’était mission impossible. Donc, je restais dans l’ombre et tentais d’effrayer de potentiels prétendants. Oui, il m’était arrivé de leur faire un peu peur… Son père m’avait montré comment faire. Bien sûr, c’était dans l’intérêt de Lizzie. Donc, je lui avais posé la question, l’air de rien. Mais dans le fond, j’étais prêt à bondir pour retrouver le petit couillon qui osait s’approcher un peu trop près de MA Lizzie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar

♈ Messages : 15
♈ Friandises : 11
♈ A New York depuis : 18/06/2015
♈ Quartier : Brooklyn

MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   Dim 27 Mai - 15:56

Je m’en voulais parfois d’être aussi maladroite. Je ne le faisais pas exprès, et puis, ça ne m’arrivait pas aussi souvent qu’on ne pouvait le penser. Je n’avais pas non plus deux mains gauches mais quand c’était catastrophique, c’était catastrophique jusqu’au bout. Aussi, renverser un verre de jus sur Jay était très loin d’être prémédité. En même temps, je ne connaissais pas beaucoup de monde capable de renverser sciemment un verre sur quelqu’un à part les pestes et les garces qui ne savaient pas comment s’y prendre pour humilier quelqu’un. La méchanceté gratuite, tout ça, ça ne me plaisait pas. Les personnes qui faisaient du mal sciemment à quelqu’un, ça m’énervait. Et puis je trouvais injuste aussi qu’on puisse s’en prendre à des personnes qui n’avaient rien demandé. Enfin bon. On ne refaisait pas le monde aussi facilement.

« N’abuse pas non plus de ma gentillesse » répondis-je à Jay quand il se mit à parler de faire le ménage dans sa salle d’entraînement. « Et puis tu n’avais pas embauché une entreprise de ménage pour ta salle ? »

Je devais bien avouer que la salle de sport, ça faisait un long moment que je n’y avais pas mis les pieds. En réalité, depuis que papa était mort, j’avais du mal à mettre les pieds dans des endroits où j’avais eu pour habitude de le voir. Mais je ne pouvais pas tout fuir tout le temps. J’avais déjà vendu la maison – ce qui m’avait ramené un sacré paquet d’argent dans mon compte en banque, mais je ne comptais pas le dépenser de sitôt. D’ailleurs, je n’en avais même pas envie de cet argent, mais bon… soit disant me revenait-il en droit et serait utile pour plus tard.

L’incident étant clos puisque mes dégâts avaient été nettoyés, nous pouvions reprendre notre partie là où nous l’avions laissé. Seulement voilà, je n’avais pas repris ma position initiale. Jay avait dû retirer son t-shirt à cause de ma bêtise et il n’avait pas cherché à en remettre un. Aussi étais-je sagement assise sur le canapé, les jambes pliées sous mes fesses. Concentrée sur ma partie, Jay reprit la parole au bout de quelques minutes afin de me demander avec qui je parlais aussi tard la nuit. Je tournais la tête vers lui et soudain, je me demandais si je n’avais pas parlé un peu trop fort ou ris trop fort… J’avais dû le réveiller et aussitôt, je me sentis honteuse.

« Oh Jay, je suis désolée si je t’ai réveillé… Je faisais attention de ne pas faire trop de bruit. »

Je me mordillais la lèvre inférieure et baissais les yeux.

« Je discutais avec Tyron. Mais je te promets que je ferais plus attention de faire moins de bruit ! »

Depuis la mort de mon père, je ne remettais que très rarement les pieds à l’Université et Tyron m’aidait beaucoup dans mon retard. Il m’envoyait les cours par mail et quand je ne comprenais pas, il m’appelait pour qu’il puisse m’expliquer ce que je n’avais pas compris. C’était le seul qui prenait régulièrement de mes nouvelles. Comme quoi… les amis, on savait qui ils étaient que lorsqu’on avait un moment de galère. Mais j’étais contente de l’avoir lui. Surtout qu’on s’entendait à merveille et c’était le plus important.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie   

Revenir en haut Aller en bas
 

Oui, tu deviendras une patate ! - Lizzie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» ~Patate Fluo & Luciole en Frite ♥ ~
» Hyde Park Patate!
» « Patate. Patate douce, douce patate. Cruel légume. » [Louise]
» C'EST L'HISTOIRE D'LA P'TITE PATATE...
» Tu deviendras un homme, Loupiot. [Terminée]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Dirty New-York ::  :: Brooklyn :: Park Slope :: Maison de Jayden Anderson et Elizabeth Calloway-