Dirty New-York

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 Un stade c'est pas que pour le base-ball (pv Kasey)

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MessageSujet: Un stade c'est pas que pour le base-ball (pv Kasey)   Ven 23 Sep - 15:18

Comme tous les dimanches depuis un an maintenant, je me trouvais au Yankee Stadium entourée d’une bande de gamins trop pauvres pour pouvoir se payer une quelconque activité extrascolaire. Je faisais ça gratuitement et puis ça permettait à ces enfants de faire autre chose que de traîner dehors à devenir de futurs délinquants. Le Bronx était déjà un quartier malfamé, ce n’était pas la peine de faire devenir la nouvelle génération encore pire que la précédente. Je ne m’attendais pas à avoir autant de gamins. Au début, je n’en avais que cinq ou six et puis au fil des semaines, le nombre avait augmenté. Aujourd’hui, j’étais entourée d’une trentaine de gamins à qui j’apprenais diverses chorégraphies. J’en avais des vraiment bon dans mon groupe, certains qui, j’étais certaine, pourraient faire de la danse leur métier. Mais les conditions de vie dans lesquelles ils vivaient rendaient ce rêve impossible parce qu’il fallait de l’argent pour pouvoir intégrer une école de danse. J’en savais quelque chose.

Pour moi, qu’ils deviennent danseurs n’était pas le plus important. Le plus important à mes yeux c’était que je puisse leur apporter quelque chose dans la vie, ou bien une simple distraction. Nous étions entrain de travailler la dernière chorégraphie apprise et j’étais heureuse de constater qu’ils la connaissaient déjà quasiment à la perfection. Il y avait encore quelque loupé, mais ce n’était pas bien grave. Je pouvais être exigeante avec eux, mais je savais aussi dire quand c’était bien. Il fallait bien les récompenser de temps en temps, sinon, ils perdraient la motivation. Et ce n’était pas le but. Ce qu’il manquait à ses élèves là, c’était un miroir afin qu’ils puissent se voir et voir les autres afin de les aider à la coordination. Ils étaient bon, ils arrivaient à être ensemble, mais par moment, il y avait des couacs et un miroir pourrait les aider. Mais on était obligé de faire sans.

Transpirante, mais heureuse, je félicitais une nouvelle fois mes élèves qui étaient heureux de leur cours. J’étais surtout très heureuse de leurs progrès. Ils en avaient fait des tas. Je coupais la musique et leur souhaitais une bonne semaine, leur donnant rendez-vous la semaine prochaine. Si je pouvais, je ferais d’autres cours pendant la semaine, mais malheureusement, j’avais un emploi du temps extrêmement serré et le dimanche était mon seul jour de repos. Tant qu’on pouvait utiliser le Yankee Stadium, nous étions relativement tranquilles, mais je savais qu’un jour ou l’autre, on me demanderait de faire ça ailleurs. Tant qu’on me laissait tranquille, je ne changerais pas d’endroit, mais le jour où j’aurais une remarque, je serais obligée de trouver un autre endroit. Je ne pouvais pas les accueillir dans mon studio de danse, ils étaient trop nombreux et les dimanches, je n’avais pas le droit d’y faire du bruit parce que l’immeuble accueillait des personnes âgées et celles-ci aimaient le silence. Cependant, j’utilisais les lieux pour mon propre plaisir en me mettant de la musique sur mon MP3.

Une fois mes élèves partis, je commençais à ranger mes affaires. Quelques uns restaient toujours pour me demander quelque chose ou pour me demander des conseils. Je jetais un coup d’œil à mon téléphone portable afin de voir si je n’avais pas manqué un appel ou bien si j’avais reçu un sms mais rien. En revanche, la photo de mon fond d’écran me submergea d’un sentiment de mélancolie. Depuis trois ans, mon fond d’écran était toujours le même : Miles et moi à la mer. Je songeais alors que ça faisait un moment que je n’étais pas allée au cimetière… À chaque fois ça m’angoissait d’y aller, mais j’y allais pour lui. Et je lui offrais des fleurs. Quelle ironie. Il m’en avait tant offert auparavant et maintenant c’était moi qui lui en offrais.
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MessageSujet: Re: Un stade c'est pas que pour le base-ball (pv Kasey)   Ven 16 Déc - 21:17

Mon rêve, ou plutôt, l’un de mes rêves étaient de me produire au Yankee Stadium. Toutes les plus grandes stars y avaient performé, il était donc pour moi normal qu’un jour, ce soit mon tour. Sans pour autant être une star mondialement connue, j’étais plutôt connu aux Etats-Unis et dans quelques pays. Dans les journaux, on disait de moi que j’étais une star montante. J’aimais bien cette idée, j’étais vu comme étant une future célébrité mondialement connue. Du coup, je me donnais corps et âme dans les répétitions. Tout devait être parfait. Que ça soit dans mes textes, dans ma voix mais aussi dans ma danse.

J’adorais chanter mais danser était encore bien plus fort. La chanson me permettait d’exprimer tout ce que je n’arrivais pas à dire. Une fois, j’avais écrit une chanson pour mes parents, mes parents adoptifs. Je n’arrivais pas à leur dire toute ma gratitude alors je l’avais chanté. Ma mère en avait pleuré. La danse… C’était pour moi la meilleure façon de me défouler. Parfois, lorsque la colère revenait, je m’isolais et me donnais dans une chorégraphie. Certains courent, moi je dansais. Ces deux passions m’avaient sauvé la vie. Si je n’avais pas eu cela, j’aurais peut-être fait une rechute et je serais à nouveau dans les rues…

Parfois, je me redonnais un peu de courage en allant au Yankee Stadium, histoire de me rappeler pourquoi je faisais tout ça. Un peu comme aujourd’hui. Alors que je me baladais, j’entendis de la musique. Je m’arrêtais alors et vis un groupe de jeunes avec leur prof. Ils s’entraînaient, sûrement pour un événement. Ils étaient réellement bons ! Je décidais alors de m’approcher pour mieux voir leur performance. Et je pus ainsi remarque que leur prof… Etait juste à tomber ! Autant en danse que physiquement ! Je restais néanmoins un peu à l’écart, histoire de ne pas les perturber. Surtout que je me doutais que dans le lot, certains me reconnaîtraient et ce serait vite l’anarchie.

Leur répétition se termina. J’étais bluffé de voir à quel point ils étaient bons. Et puis, ça me rappelait mes propres progrès, quand j’avais commencé à danser. J’attendis que le dernier élève soit parti pour m’approcher de la jeune femme.

« Waouh, vos élèves sont vraiment doués ! Il n’y a pas à dire, je suis impressionné. » lui dis-je un sourire aux lèvres.
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MessageSujet: Re: Un stade c'est pas que pour le base-ball (pv Kasey)   Ven 23 Déc - 14:59

Les yeux rivés sur le fond d’écran de mon téléphone, je n’étais plus du tout connectée au monde. La Troisième Guerre Mondiale aurait pu explosée, je ne me serais rendue compte de rien. Je pensais à Miles, encore et toujours. Je ne pouvais pas me défaire de lui, c’était impossible. Il était encore beaucoup trop présent et j’avais bien l’impression qu’il le serait éternellement. Je n’arrivais pas à franchir le cap, j’en avais pleinement conscience. Certains me diraient qu’il faudrait que je consulte pour parler de mon problème, mais il était hors de question que j’ai recours à quelqu’un pour me sortir du deuil. Ce genre de chose se faisait avec plus ou moins de rapidité selon les gens et surtout, selon la perte. Quand Miles était parti, j’avais perdu la quasi-totalité de mon monde. Il fallait le temps que celui-ci se reconstruise mais dans tous les cas, il y aurait toujours un canyon qui ne pourrait être comblé.

Je sursautais, manquant de laisser tomber mon téléphone, quand une voix surgit de derrière moi. Cette voix était celle d’un homme et n’avait absolument rien à voir avec la voix d’un de mes élèves, même si certains étaient en pleine mue étant donné leur âge. Rattrapant tant bien que mal mon téléphone, je me retournais pour découvrir un homme. D’instinct, je reculais légèrement, le jugeant trop près de moi, avant de lui offrir un sourire.

- Merci beaucoup pour le compliment, répondis-je. C’est vrai qu’ils sont bons, ils se débrouillent bien.

J’étais plutôt fière de mes élèves. Et puis, ils étaient motivés à chaque fois qu’ils venaient. Ils supportaient également ma mauvaise humeur quand elle était présente, mais aussi mes ordres quand quelque chose ne me convenait pas. Je rangeais mon téléphone dans mon sac. L’arrivée de cet homme avait permis que je trouve la force de me détacher de mon fond d’écran, jusqu’à la prochaine fois où j’aurais un moment de nostalgie. Je reportais mon attention sur l’homme qui se tenait en face de moi. Étrangement, sa tête me disait quelque chose, mais je n’arrivais plus vraiment à le situer. Nous étions-nous déjà croisés ?

- Votre tête me dit quelque chose, lâchais-je en continuant de ranger mes affaires. Vous jouez au base-ball ?

Après tout, le Yankee Stadium fait pour les matchs de base-ball donc il serait logique qu’un joueur y vienne de temps à autre.

- Oh, j’espère qu’on n’a pas empêché votre entraînement, si c’est le cas. Généralement, à cette heure-ci, il n’y a personne donc...

Je lui offris un petit sourire d’excuse tout en chargeant mon sac sur mon épaule.
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MessageSujet: Re: Un stade c'est pas que pour le base-ball (pv Kasey)   Lun 5 Juin - 15:26

Je n’avais pas eu de but précis en venant au Yankee Stadium. Si ce n’est que je venais me ressourcer, comme à chaque fois. D’habitude, le stade était vide, du coup, je pouvais en profiter pour visualiser la scène où je me produirais. Mais aujourd’hui, une jeune femme et son groupe d’élèves étaient sur la pelouse. Ils s’entraînaient avec une rigueur qui me fit sourire : elle me rappelait la mienne.. Chaque pas devait être exécuter à la perfection, sans quoi, je recommençais inlassablement jusqu’à obtenir le résultat quasi-parfait.

Leur professeur était plutôt jolie d’où j’étais. Une jolie métisse aux cheveux bruns. Je ne voulais pas les déranger et puis, je voulais voir de quoi ils étaient capable, du coup, je restais en retrait. Je devais avouer que j’étais dans une période où je ne voulais pas être assailli par des fans. Ne sachant pas qui me reconnaitrais, je décidais que je ne m’avancerais qu’une fois que la jeune femme serait seule… En priant pour qu’elle ne parte pas en même temps que ses élèves… Et bien heureusement, elle prit son temps. Du coup, je me dépêchais de descendre les gradins et m’approchais de la jeune femme. J’avais complimenté ses élèves parce qu’il y avait parmi eux du potentiel. Et puis, je devais avouer que je ne savais pas trop comment l’aborder, le fait qu’elle soit en train d’entraîner un groupe était un coup de chance. Je sautais donc sur l’occasion pour lui en parler.
Malgré son mouvement de recul, elle m’offrit un sourire… Et merde, elle était vraiment belle. Elle me remercia du compliment en confirmant que ses élèves étaient très doués.

« Vous devez être très fière d’eux ! Je les ai regardé danser et sincèrement, certains ont beaucoup de potentiels, ils pourraient réussir dans le métier ! »

Même si j’essayais de séduire la jeune femme qui me faisait face, je n’en demeurais pas moins sincère quant à ses élèves. Je lui parlais en tant que professionnel et passionné de danse. Certains de ses élèves étaient réellement doués et avec de l’entraînement, de la persévérance, ils pourraient devenir de grands danseurs ou chorégraphes. J’en voyais bien danser avec moi dans mes clips ou mes concerts. Certes, je n’étais pas encore un grand nom de la scène musicale mais je pouvais être un très bon tremplin pour eux. J’avais fait des premières parties de stars mondialement connues donc j’avais une certaine notoriété.

Alors que je parlais de ses élèves, la jeune femme me dit alors que ma tête lui disait quelque chose… Et étrangement, je ne voulais surtout pas qu’elle sache que j’étais célèbre, enfin si on voulait. Pour une fois, j’aurais voulu être un anonyme. Beaucoup de femmes venaient à moi. Non pas pour qui j’étais réellement mais plutôt pour ce que je représentais : l’argent, la célébrité naissante. Ne sachant pas à qui j’avais réellement affaire, j’étais constamment sur mes gardes.

« Ce n’est pas la première fois que l’on me dit ça, je dois avoir une tête très banale, dis-je en riant. Non, je ne joue pas au base-ball. Je suis d’ailleurs assez nul à ce sport. Je me débrouille mieux au basket. »


Je n’avais pas menti. Et théoriquement, je ne lui cachais rien. Après tout, elle ne m’avait pas posé de question sur mes activités. Et puis, je lui avais dit la vérité, moi et le base-ball… On ne s’entendait plus depuis le jour où je m’étais étalé devant tout un public durant un match entre orphelinat. La honte de ma vie ! J’avais toujours préféré le basket. Sûrement parce que j’étais plutôt grand et mince : je collais au stéréotype du grand noir passionné de basket.

« Au fait, je ne me suis pas présenté, je m’appelle Marcus. »
lui dis-je en lui tendant la main.

La encore, je ne mentais pas. Je m’étais toujours fais appeler Kasey, mon deuxième prénom. Je le préférais à mon prénom composé à rallonge : Marcus-Julian. Ma génitrice avait toujours adoré les prénoms composés, du coup, j’étais Marcus-Julian et ma sœur Billie-Satheen… Notre génitrice vivait sur une autre planète. Mais pour le coup, j’étais bien content d’avoir ce prénom à rallonge. Ca m’évitait de chercher un prénom !
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MessageSujet: Re: Un stade c'est pas que pour le base-ball (pv Kasey)   Mar 5 Sep - 16:57

Ma grand-mère m’avait toujours dit que j’étais née pour danser et que je ne savais pas « marcher ». C’était vrai que depuis que j’étais petite, d’aussi loin que je pouvais me souvenir, j’avais dansé. Sur absolument toutes les chansons je m’étais amusée à créer des chorégraphies. Des chorégraphies d’enfant qui n’avaient aucun sens, mais elles avaient un sens et une valeur pour moi. Et maintenant, voilà où j’en étais. Après Juliard, j’étais devenue professeur de danse et professer de danse clandestine. Je trouvais dommage de priver des enfants qui avaient envies d’apprendre à danser et qui n’avaient pas d’argent pour payer des cours. Miles m’aurait soutenu s’il avait pu. Il se tiendrait en ce moment même à mes côtés et aurait accompagné chacun de mes pas de danse. Il s’était spécialisé en art dramatique mais il restait à mes yeux un danseur hors pair. Je me souvenais d’à quel point j’aimais le regarder danser quand je le prenais en flagrant délie. Il affirmait bouger comme une patate, je trouvais qu’il avait un don.

Comme à chaque fois, Miles me manquait et je sombrais souvent dans des moments de nostalgie où tout ce que j’avais envie, c’était de me mettre dans un trou et rester là à ne rien faire, attendant que le temps passe. Sauf que cette fois-ci, je n’avais pas vraiment eu le temps de me morfondre car on complimenta mes élèves. Apparemment, nous avions été vus pendant une répétition. Je ne m’en offusquais pas. Généralement, quand on dansait en plein air, c’était le risque de se faire voir par les passants. Pourtant, j’avais fait exprès de choisir un jour calme au Yankee Stadium pour pas que nous soyons embêtés par les passants. Certains de mes élèves étaient trop timides pour danser devant des gens. D’autres profitaient qu’on les regarde pour donner le meilleur d’eux-mêmes. Mais ceux là se laissaient disperser trop rapidement et ils perdaient leur concentration ; après, ça devenait ingérable.

Je remerciais le jeune homme pour les compliments, affirmant que mes élèves étaient doués et j’étais contente de leur travail. J’étais parfois dure avec eux, mais ils me remerciaient toujours. Quand il s’agissait du travail, je pouvais être dure, mais je prenais toujours le temps d’avoir au moins un mot gentil pour eux parce qu’ils essayaient vraiment de faire ce que je leur demandais.

- Oui, ils pourraient. Mais pour ça, il faudrait qu’ils aient de l’argent, répondis-je.

Je tenais à ce que ce soit une réalité pour tout le monde : ils ne pouvaient pas forcément se payer ce qu’il y avait de mieux. Je ne pourrais jamais faire d’eux des professionnels parce que je n’étais que prof, je n’avais pas l’argent à leur fournir pour qu’ils puissent faire une école de danse. S’ils voulaient percer, il n’y avait pas d’autres solutions que de se faire repérer. Et ça, malheureusement, ça ne courrait pas encore les rues. C’était très rare que cela se produise. Dans tous ceux qui étaient présents ici, il y aurait peut-être une personne qui arriverait à faire de la danse son métier. Pour le reste, cela ne resterait qu’une passion, et rien de plus.

En regardant le jeune homme un peu plus sérieusement, j’eus l’impression de l’avoir déjà vu quelque part, mais j’ignorais où. Je lui posais la question en supposant qu’il jouait peut-être au base-ball et celui-ci m’affirma avoir une tête banale. Je haussais les épaules. Oui, il avait surement raison. C’était peut-être moi qui me faisais des idées, rien de plus.

- Désolée, je croyais.

Je rangeais mes affaires ainsi que mon téléphone portable. Je ne pouvais pas rester coincée face à la photo de Miles indéfiniment. J’attrapais ma bouteille d’eau pour la ranger lorsqu’il se présenta sous le nom de Marcus. Je relevais les yeux vers lui et hochais la tête.

- Moi c’est Ella.

Je ne savais pas trop quoi dire d’autre à Marcus. Je ne me laissais que très peu approcher depuis que j’avais perdu Miles. Et surtout, je n’avais pas l’habitude de parler aux gens quand je travaillais. J’étais plutôt du genre à rentrer chez moi la tête baissée et à vivre dans ma bulle. Je le regardais sans rien dire. A vrai dire, je ne savais pas trop quoi lui dire.

- Hum… il y avait autre chose ? demandais-je légèrement mal à l’aise.

Je ne savais pas du tout où cette conversation allait mener alors autant que je lui laisse la main pour savoir ce qu’il attendait exactement de moi.
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MessageSujet: Re: Un stade c'est pas que pour le base-ball (pv Kasey)   Mar 12 Déc - 16:59

Contrairement à ma jeune sœur Keri, je n’avais pas grandi dans le luxe et l’opulence. Non, moi j’avais grandi dans un orphelinat. Je n’avais pas manqué de grand-chose… En dehors d’avoir des parents aimants et attentionnés. Bon, j’avais grandi avec un tas d’enfants auxquels je m’étais attaché. Mais ils avaient grandi et voulaient avoir des parents… Malgré notre pacte « Vivre pour toujours ensemble sans parents ». Je ne leur en voulais pas car je comprenais bien que certains aient besoin de figures paternelles. Et puis, en voyant comment certains avaient mal tourné en restant à l’orphelinat… Je le savais car j’avais fais partie de ceux qui avaient mal tourné.

En grandissant, nous nous étions mis à traîner dans les rues mal famées de Los Angeles. Nous avions connu alors la drogue et l’alcool. Nous passions beaucoup de temps à nous défoncer dans des squats avant de rentrer à l’orphelinat, par je ne sais quel miracle. Même une fois adopté, j’avais continué, repoussant toujours plus mes parents adoptifs. Mais lorsqu’une overdose avait manqué de me tuer, j’avais fini par revenir à la raison et par voir la chance que j’avais : j’avais des parents formidables qui, plutôt que de m’abandonner à mon sort, avaient tout fait pour m’aider.

Toute ma colère, mes peurs, je les laissais s’exprimer non plus dans la drogue et l’alcool mais plutôt dans la musique qui était ma passion depuis l’enfance.
Dans la danse, je pouvais me dépenser, libérer toutes les énergies négatives qui, parfois, embrouillaient mon esprit. J’expulsais ma rage dans l’effort physique.
Chanter, c’était pouvoir parler de ce qui me tracassait. Souvent, lorsque je me sentais mal, j’écrivais. Mes chansons étaient souvent imagées mais moi, je savais de quoi elles parlaient. C’était mon histoire, ma souffrance et mes peurs.

C’est ainsi que la danse avait pris une place importante dans ma vie. En plus de devenir mon métier. Et cette passion qui m’habitait m’aidait à reconnaître une personne réellement passionnée par cet art qu’était la musique. Savoir chanter ou danser était une chose mais se laisser emporter pour ne faire plus qu’un avec la musique était autre chose. En voyant cette jeune professeure et ses élèves, j’avais pu voir que certains se laissaient totalement envouter par la musique et finissaient par en oublier leur identité… Et cette jeune femme faisait partie de ces gens-là. D’où mon enthousiasme à aller lui parler.

- Ou alors, s’ils se faisaient repérer, certains pourraient avoir une belle carrière.

Il fallait provoquer sa chance. C’était ce que j’avais fait. Encouragé par mes parents, j’avais alors démarché les maisons de disques, les producteurs, les grosses comme les petites boîtes. Pour me faire remarquer, je n’avais pas hésité une seule seconde aux vidéos tournées par des amateurs dans la rue, à danser sur des quais de gare, dans lieux connus des touristes. Après tout, toute publicité était bonne et tout ça avait payé. Aujourd’hui, je voulais aussi aider de jeunes talents. J’avais toujours en tête ce projet d’ouvrir une école de danse pour les plus démunis. J’avais eu ma chance, pourquoi pas d’autres.

La jeune femme pensait m’avoir déjà vu ce qui n’était pas étonnant. Je n’étais pas non plus une célébrité mondiale mais j’avais acquis une certaine notoriété. J’arrivais encore à passer inaperçu, même si parfois, il suffisait d’un paparazzi pour que je me fasse pister par ses confrères et des fans. Mais je profitais qu’elle ne se rappelle pas m’avoir vu un jour. Je ne voulais pas attirer l’attention sur moi. Après tout, c’était elle et ses élèves qui m’intéressaient plus que le reste.

- Enchanté, répondis-je à Ella en souriant.

Je remarquais rapidement qu’elle n’était pas du genre bavarde… J’eus même peur de la déranger, vu la question qu’elle me posa. Déboussolé, je me passais la main derrière la tête avec un petit rire gêné. Comment lui expliquer que pour une fois que j’avais l’occasion de parler danse avec une personne, je voulais en profiter, sans pour autant passer pour une espèce de voyeur, pervers sur les bords ? Et puis, je ne voulais pas non plus qu’elle pense que je la draguais… Bon, si un peu quand même, il faut dire qu’elle était très belle et tout à fait mon genre mais ce n’était pas mon but premier. La danse passait avant tout.

- Je vous avoue que si je suis venu vers vous, c’est parce que je suis dans le milieu de la danse. Sauf que je ne côtoie pratiquement jamais de personne aussi passionnée que moi.La plupart sont doués mais ils sont plus intéressés l’éventuel succès et reconnaissance par l’art lui-même… Sauf que vous semblez différente. Vous me donnez l’impression de vous plonger corps et âme dans la danse…

Je m’arrêtais… J’allais finir par passer pour un pervers mais pourtant c’était la vérité. Ella semblait passionnée par la danse. Je ne lui avais pas menti. Je cotoyais des chorégraphes, des danseurs… Pour beaucoup, ils aspiraient à la gloire. Danser avec les plus grands. Je n’étais qu’un tremplin pour eux. Sauf pour ceux qui croyaient assez en mon succès prochain pour se dire que je finirais par faire d’eux des danseurs et des chorégraphes célèbres.
Lorsque nous parlions danse, nous parlions essentiellement de budget en réalité. De budget, de concerts etc. Mais rarement nous parlions de nouvelles danses, de nouveaux pas à inclure ou d’anciens etc…
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MessageSujet: Re: Un stade c'est pas que pour le base-ball (pv Kasey)   Mar 19 Déc - 22:35

Techniquement il n’y avait rien qui m’empêchait d’enseigner la danse à des jeunes dans les rues. Mais à chaque fois nous devions trouver un endroit où aller. Si on squattait trop longtemps un même endroit, on finirait par avoir des problèmes. Du coup, je sillonnais assez souvent New York pour trouver un lieu de rendez-vous que je communiquais à mes élèves. Parfois nous retournions à un endroit que nous avions déjà utilisé, mais j’essayais de faire en sorte que ce soit un endroit discret et le moins possible au regard des autres. Parfois je faisais ça dans mon studio de danse, mais comme c’était contrôlé, je ne pouvais pas trop. Et mon but ce n’était pas de me faire licencier.

J’avais été surprise par un spectateur clandestin et honnêtement, je me sentais mal à l’aise face à lui. Depuis la mort de Miles, j’avais du mal à discuter avec la gente masculine – hormis mes élèves avec qui j’étais d’un naturel à tout épreuve. Quand il suggéra que certains de mes élèves pourraient faire carrière, je fis mention du manque d’argent de certains – pour ne pas mentionner leur pauvreté parfois extrême – et qu’ils ne pourraient sans doute jamais intégrer une école d’art à moins de dégoter un trésor. L’homme en face de moi songeait plutôt à du repérage. Je haussais les épaules.

- Pour ça, il faudrait qu’il y ait des gens du métier qui les regardent, répondis-je. Je ne les force en rien.

Je n’étais pas défaitiste pour eux, loin de là. Mais il fallait bien se rendre compte de la réalité des choses : pour que quelqu’un les repère, il faudrait un public et justement, pour l’instant ce n’était pas d’actualité. Je ne voyais pas comment les faire se produire hormis clandestinement dans les rues de New York. Et les spectacles clandestins n’étaient pas forcément les plus appréciés par les autorités locales.

Mon spectateur clandestin se présenta sous le nom de Marcus et je lui rendis la politesse en me présentant également. Bon, je lui donnais plutôt mon surnom mais je n’avais aucune envie qu’il m’appelle Mirella. Enfin ça… C’était si on allait se croiser à nouveau, ce qui était moins sûr. Le silence s’installa légèrement entre lui et moi et je ne trouvais rien de mieux que de lui demander s’il y avait autre chose qu’il souhaitait me dire, ce qui provoqua un rire que je sentis nerveux de sa part. Bon, je manquais un peu de tact, je voulais bien l’avouer. Finalement, il m’avoua être dans le milieu de la danse et que c’était ce qui l’avait poussé à venir me parler. Il expliqua son ressenti vis-à-vis de moi et je ne pouvais pas nier qu’il disait vrai dans ses paroles.

- Vous avez parfaitement raison, fis-je. La danse fait tout simplement parti de moi depuis que je suis née, apparemment. Vous appartenez à quel milieu dans la danse ?

C’était peut-être pour cette raison que Marcus me semblait connu. Peut-être l’avais-je déjà vu quelque part. J’avais participé à quelques congrès, quelques représentations, etc. Il y avait parfois tellement de monde qu’on ne pouvait pas se souvenir de tous les visages. Mais peut-être que s’il me donnait une indication, je pourrais remettre son visage parce que j’étais persuadé qu’il n’avait pas une tête si banale que ça, comme il se plaisait à me l’affirmer.
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MessageSujet: Re: Un stade c'est pas que pour le base-ball (pv Kasey)   Jeu 15 Mar - 22:48

Ce qui m’avait donné le courage d’aborder Ella, c’était la passion qui se lisait sur son visage tandis qu’elle dansait. Elle se donnait corps et âme sans se soucier de qui pouvait la regarder. Elle aimait ce qu’elle faisait et encore plus lorsqu’elle l’enseignait. Ca se voyait sur son visage. Pour avoir côtoyer de nombreux danseurs et danseuses, j’avais pu voir ceux qui le faisaient par amour et ceux qui le faisaient en espérant devenir célèbre et riche… Sauf que le métier de danseur, n’apportait pas autant d’argent que le métier de chanteur. A moins, d’avoir les bons sponsors, tourner des pubs, passer dans des émissions etc. Mais rien n’était sur dans ce domaine et beaucoup finissaient par abandonner. Il fallait être passionné, déterminé pour réussir dans le monde de la danse.

« Je suis du métier… Enfin, pas non plus d'un rang réellement élevé mais bon quand même»
dis-je en souriant timidement et bégayant… Chose qui ne m’était pas arrivé depuis belle lurette. Bon sang, heureusement que Keri ne me voyait pas. Sinon, je n’avais pas fini de l’entendre se moquer de moi.

J’avais fini par faire part de mon ressenti à Ella. Je le sentais qu’elle aimait ce qu’elle faisait, bien plus que la plupart des gens que j’avais rencontré. Il faut dire que lorsque la danse est tout ce que vous avez et qu’elle sauve la vie, difficile d’être plus passionné. Et elle confirma ce que je soupçonnais, elle était née dans la danse et en avait fait son métier. Elle me demanda alors dans quel domaine j’appartenais. J’aurais pu lui expliquer que j’étais chanteur-danseur mais… Dans le fond, je ne voulais pas lui dire. Je sentais bien qu’elle n’était pas le genre de femme matérialiste, intéressée par l’argent d’autrui… Je ne pensais même pas l’intéresser. Mais je ne voulais plus prendre le risque… J’avais eu beaucoup de déceptions et de mauvaises surprises de ce côté. Donc, je décidais de passer par le mensonge par omission.

« Je suis danseur professionnel. »

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MessageSujet: Re: Un stade c'est pas que pour le base-ball (pv Kasey)   Jeu 10 Mai - 15:26

J’avais une très haute opinion de mes élèves. Je connaissais leurs capacités, leurs potentiels, tout ce qui faisait d’eux de bons danseurs. Mais soyons honnêtes, qui souhaiterait les prendre dans une troupe ou bien leur offrir un avenir dans la danse s’ils n’avaient pas les moyens d’intégrer une école d’art ? On pourrait leur offrir une bourse, bien évidemment, mais la bourse ne ferait pas tout. Moi, j’avais eu la chance de pouvoir faire ce que je voulais, je ne venais pas forcément d’un milieu aisé, mais les possibilités étaient un peu plus grandes que du milieu d’où venait tous ces gamins. Mes parents avaient réussi à mettre de côté pour me payer les études que je souhaitais faire. Leurs parents à eux avaient à peine de quoi manger parfois. C’était pour cette raison que je donnais des cours non payant à ces jeunes-là. C’était des cours clandestins, mais tant pis, je prenais le gauche.

Jusqu’à présent, personne ne nous avait vraiment surpris jusqu’à cet homme qui était venu me voir à la fin de mon cours. Il complimenta mes élèves. Enfin, les compliments, il les fit juste à moi. Les gamins à qui je donnais des cours étaient présents à cent pour cent pendant leur apprentissage mais une fois que je leur rendais leur liberté, ils filaient parfois sans un regard en arrière. Je ne leur en voulais pas. Pour la plupart d’entre eux, leur mère les attendait pour les aider avec les plus jeunes de la fratrie. J’étais fille unique. Je ne savais pas du tout ce que c’était que d’avoir un frère ou une sœur. Aurais-je bien aimé ? Je n’en savais trop rien. Je n’avais jamais souffert de ce manque, mais dans un sens, je pouvais me dire que ça aurait pu être sympa de ne pas être seule face à mes parents.

- Du métier, hein ? répondis-je avec un demi-sourire. Est-ce que vous pouvez leur offrir une bourse et une place dans une école d’art pour autant ?

J’avais tendance à être beaucoup trop méfiante envers les gens et quand j’avais affaire à des paroles un peu trop pédante… J’avais tendance à être cassante. J’avais bien conscience que l’homme en face de moi ne disait pas cela pour être blessant, cassant ou bien être plus puissant qu’il ne voulait le faire croire, mais je n’aimais pas qu’on offre de l’espoir quand il n’y en avait pas. En tout cas, je ne pouvais pas lui retirer le fait qu’il avait réussi à cerner ma passion pour la danse. Il parlait comme un professionnel et du coup, je souhaitais savoir dans quel domaine de la danse il exerçait. La danse, en soit, c’était très vaste. On pouvait être danseur, chorégraphe… C’était plus vaste que ce qu’on voulait bien le faire croire. Je hochais la tête quand il m’annonça être danseur professionnel.

- Je vois. Alors vous devez participer à plein de casting ? Y’a-t-il un spectacle ou un clip qui se monte en ce moment-même à New York ?

Être danseur professionnel, c’était quelque chose. Mais ça avait aussi ses inconvénients : on avait du boulot que lorsqu’on était repéré au cours d’un casting. C’était un peu pour cette raison que je m’étais rangée en professeur de danse. Au moins, j’étais certaine d’avoir du travail. Ça avait été compliqué au début d’avoir assez d’inscription pour vivre et à remplir la paperasse pour avoir un salaire mensuel via la fédération, mais j’étais plutôt fière du résultat que j’avais obtenu.
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Un stade c'est pas que pour le base-ball (pv Kasey)

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