Dirty New-York

Qui a dit que le linge sale se lavait uniquement en famille ?
 
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 Qui ça ?! Moi bourrée ?!

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MessageSujet: Qui ça ?! Moi bourrée ?!   Jeu 17 Sep - 22:08

Je vomissais dans une poubelle pas loin de la boîte de nuit. Et merde ! Qu'est qui m'avait pris de boire autant ?! Aucune idée mais en tout cas, je l'avais fais et maintenant... Je ne savais pas comment j'allais faire pour rentrer chez moi. C'est dans ces moments-là que j'aurais bien voulu avoir des amies ou un copain qui m'aideraient à tenir debout... Mais je ne faisais confiance à personne. Je n'attendais plus rien de personne, à quoi bon !

Je me relevais et m'essuyait la bouche avec un papier que j'avais gardé. J'avais toujours la tête qui tournait. Heureusement que j'étais dans Manhattan, je risquais moins de me faire agresser. Je portais deux doigts à ma bouche et sifflais en levant mon autre main pour appeler un taxi. Tout bon new-yorkais sait siffler un taxi ! J'entrais en lui donnant mon adresse. Une fois arrivée, je payais la course avant de sortir. Je retirais mes talons et marchais pieds nues dans les rues du Bronx sans aucune inquiétude. Les effets de l'alcool sûrement ! Je commençais à danser et à chantonner. Je me mis à tourner lorsque je me sentis basculer vers l'avant. Je lâchais mes chaussures et me rattrapais sur la première chose que je trouvais... Un homme qui marchait juste devant moi. Je l'attrapais au cou. Heureusement, il avait plus d'équilibre que moi du coup, grâce à lui, je ne me retrouvais pas à embrasser le sol. Je retrouvais un semblant d'équilibre et lui dis : Olalalah ! Désolée mon tout beau, je crois que j'ai un peu trop bu... Où sont mes pompes ?! Je tournais en rond comme un chien cherchant à attraper sa queue. A cette allure, j'allais dégueuler encore une fois. Mais finalement, je les retrouvais. Je les ramassais. Je m'appelle Jordynn, Jordynn Carter... En fait, je m'appelle Duchess mais j'assume pas ce prénom bizarre, du coup, je préfère qu'on m'appelle Jordynn. Jordynn, c'est plus joli comme prénom ! Duchess c'est plutôt pour mon boulot mais chuuuttt y faut rien dire ! dis-je en lui posant un doigt sur les lèvres. J'étais bel et bien bourrée. Je devenais un moulin à paroles et en plus je me permettais de le toucher... En temps normal, jamais, je ne me le serais permise...
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MessageSujet: Re: Qui ça ?! Moi bourrée ?!   Sam 3 Oct - 17:46

La journée avait été particulièrement longue et je n’étais pas mécontent qu’elle soit terminée. Il était très tard dans la nuit quand je rentrais chez moi. J’étais lessivé et je n’avais qu’une envie : rentrer chez moi pour aller m’affaler dans mon lit et dormir pendant vingt-quatre heures. Et c’était ce que j’allais faire parce que j’avais une journée de congé et je comptais bien la passer à me reposer à fond. Sur la route qui menait à chez moi, c’était incroyablement calme. D’habitude, le bronx était beaucoup plus animé que ça entre les dealeurs, les drogués et les prostitués… Peut-être que c’était mon jour de chance ! Je l’espérais vraiment parce que j’avais vraiment envie de rentrer chez moi pour aller me coucher et dormir sans retenu. Un bon sommeil réparateur, ça faisait un petit moment que je n’avais pas connu ça.

Sauf que j’avais parlé trop vite… Je marchais sur le trottoir quand une jeune femme qui arrivait en face de moi se mit à danser et à chanter tout en avançant. Bon, j’avais le droit à mon ivrogne du soir. Finalement, ce n’était pas si calme que ça. Au moment où je la croisais, elle perdit l’équilibre et par je ne sais quel miracle, je réussis à la rattraper avant qu’elle n’aille rencontrer le sol. Je l’aidais à se redresser. C’était un vrai chantier mais quand je voulus lui demander si elle allait bien, ce qui n’était manifestement pas le cas parce que sinon elle n’aurait pas trébuché pour aller rencontrer le sol, elle s’excusa avant de s’écarter pour chercher ses chaussures.

Je la fixais assez bêtement parce que je ne savais pas du tout si je devais continuer ma route ou bien s’il fallait que j’attende pour voir si elle rentrait chez elle en toute sécurité. A cause de ma réflexion, elle revint vers moi pour se présenter. Je fronçais les sourcils quand elle souligna qu’elle usait son premier prénom plutôt pour son travail. Ca voulait dire quoi ça ? Que j’avais affaire à une prostituée ?! Je la regardais de haut en bas et au vu de ses vêtements, c'’tait fortement possible… Je jetais un coup d’œil autour de nous pour voir s’il n’y avait pas son mac dans le coin parce que si c’était le cas, je ne voulais vraiment pas avoir de problème. Mais comme nous semblions être seuls…

- Promis, je ne dirais rien, fis-je. Je m’appelle Maxon et si tu le permets, je vais te raccompagner chez toi, hein ?

Je l’attrapais délicatement par le bras, la menant dans la direction où elle allait et qui était à l’opposé de la mienne. Etant donné sa démarche peu sure, je craignais que ça ne prenne du temps mais bon… Ce n’était pas dans mon tempérament de la laisser livrée à elle-même. C’était même contraire à mon étiquette. Mon côté flic, probablement ! Même si c’était une prostituée et qu’il y avait certains soirs où on les arrêtait parce que c’était quand même une activité illégale, je ne pouvais pas la ramener au poste. Et puis… le poste était trop loin maintenant j’avais la flemme d’y retourner !
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MessageSujet: Re: Qui ça ?! Moi bourrée ?!   Mer 17 Fév - 1:09

Pour une fois que je n'allais pas travailler... Enfin travailler... J'allais dans des soirées chics aux bras d'hommes riches que je ne connaissais pas. Eh oui, je le servais de petite amie, le temps d'une soirée. Ca payait bien, je n'allais pas m'en plaindre. Du coup, j'avais décidé de sortir, histoire d'oublier... Oublier est un synonyme de boire dans mon vocabulaire. J'oubliais qu'à un moment de ma vie, j'avais été une grosse conne naïve, j'oubliais le viol... Ce truc atroce dont le psy que m'avait fait voir ma mère me disait "tu finiras par guérir de tes blessures..." Qu'est qu'il en savait ? Son diplôme lui donnait une science infuse ? Il parlait comme s'il avait subi ça... L'intrusion violente de cette personne que vous aimiez à en mourir... Je n'avais pas le coeur brisé... J'étais brisée. Renfermée sur moi-même, j'avais fini par quitter le domicile familial pour un un appartement ridiculement petit. Mais je m'en foutais royalement, tant que j'avais un toit. Enfin bref, j'avais décidé de boire... Ce que j'avais fais. Au final, je ne marchais plus vraiment droit, pour ne pas dire que je manquais de me retrouver au sol... Heureusement qu'un charmant jeune homme passait par là. Il me rattrapa, m'empêchant de m'écrouler. Je le remerciait en lui racontant ma vie... L'alcool délie les langues et dans mon cas, c'était la stricte vérité ! J'en disais beaucoup trop sur moi une fois pompette ! Mais lorsque j'étais sobre, je ne parlais jamais de moi ou de mon passé. C'était bien trop douloureux pour que je le fasse. Mais il faut croire que sous alcool, c'était plus facile.
Le jeune homme, qui se présenta sous le prénom de Maxon, me proposa de me raccompagner. Il prit gentiment mon bras. Je souriais avant de dire : Merci Maxon, c'est gentil... Dommage que mon ex est pas été aussi gentil que toi... Je soupirais. Je sentais que j'allais tout déballer et j'avais beau me dire de ne pas le faire, sous l'effet de l'alcool, je ne contrôlais plus rien. J'étais prise d'une diarrhée verbale qu'il m'était impossible de calmer à moins de dormir... Il m'a violé... Avec un des clients qu'il devait me ramener... Attention, je ne suis pas une pute mais escort-girl... Je dois payer mes études d'esthétique... J'étais une fille bien avant. Je payais mes études en travaillant dans la vente... Tu me diras, j'y suis toujours hein... dis-je avec ironie. Je riais mais des larmes montèrent très rapidement. Mon Dieu, qu'étais-je devenue ? Tout ça à cause d'un petit con... Alors, l'alcool m'autorisa à être faible l'espace de quelques instant. Mes larmes coulèrent sur mes joues et je ne fis rien pour les en empêcher. J'étais tellement épuisée. Après quelques minutes de marche, nous arrivions devant mon immeuble. Heureusement, j'habitais au premier étage. Je me voyais mal monter les escaliers jusqu'au troisième... J'étais bien trop fatiguée !
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MessageSujet: Re: Qui ça ?! Moi bourrée ?!   Mar 29 Mar - 11:15

Je n’avais qu’une envie : aller me coucher et mettre fin à cette journée qui avait été particulièrement longue. Sauf que les choses ne se passaient jamais comme on le voulait et j’étais tombé sur une pauvre fille qui dansait et chantait dans la rue comme si elle se trouvait sur la scène d’un concert. Une ivrogne, pour ne pas changer. Oui, parce que même si cette femme buvait qu’en soirée, je ne pouvais que la considérer comme telle car il n’y avait pas besoin de picoler jusqu’à être ivre pour passer un bon moment. D’accord, j’avais déjà bu jusqu’à être complétement bourré – après tout, j’étais humain, non ? – mais ce n’était pas à chaque fois. Enfin bon, quand elle manqua de s’étaler au sol pour aller faire ami amie avec, je la rattrapais parce qu’au même moment je passais à côté d’elle.

La jeune femme me remercia avant de me débiter son identité et en quelque sorte sa vie. Enfin, ça c’était ce que je supposais parce qu’user de son premier prénom pour le travail… Honnêtement, il n’y avait pas trente-six métiers dans ce cas là. Enfin bon, maintenant que je l’avais dans les bras, que pouvais-je en faire ? Je ne pouvais pas la laisser là, ce serait pas moral et surtout contre les idéaux de mon métier. Être policier, ça voulait surtout dire être mal vu et n’avoir d’idéaux que quand ça nous arrangeait, mais j’étais un fervent adorateur de la justice et ce ne serait pas juste de laisser Jordynn là et la laisser se débrouiller toute seule était une idée qui ne me plaisait pas. Du coup, je déclarai la raccompagner chez elle.

L’alcool aidant encore, elle me raconta que son ex n’était pas aussi gentil que moi. Possible. Qu’en savais-je moi ? Je n’étais pas son ex copain. Parce que je me sentais mal de la laisser sans réponse quand elle soupira, je hochais la tête, comme pour lui donner raison et qui sait ? Peut-être pour la rassurer ? Avec les personnes ivres, on ne savait pas trop comment ils allaient réagir si jamais on les contrariait. Nous commençâmes à marcher quand soudain, Jordynn lâcha la bombe. Je me stoppais aussitôt de marcher tandis qu’elle débitait ce qu’il s’était passé. J’appris ainsi qu’elle n’était pas une prostituée comme je l’avais pensé, mais une escort-girl, ou une call-girl, je ne savais pas trop la différence – et s’il fallait il n’y en avait pas du tout. Tout en marchant, elle continua de me raconter qu’elle était étudiante et faisait ce boulot uniquement pour payer ses études. Le pays tombait vraiment très bas… C’était à mon tour de soupirer.

J’étais devenu extrêmement silencieux. Je ne voyais pas quoi lui dire, ni même la couper dans son récit. Je l’entendis pleurer et aussitôt, je tournais la tête vers elle pour voir les larmes couler sur ses joues. Machinalement, je sortis un paquet de mouchoirs de mon blouson de cuir et lui en donnait un avant de passer à nouveau un bras autour de ses épaules. Dans ce genre de moment, qu’étais-je censé dire ? Je caressais le haut de son bras en geste de réconfort. Je n’osais même pas lui demander si elle avait porté plainte. Puis nous arrivâmes juste devant un immeuble où elle s’arrêta. Je supposais que c’était ici qu’elle vivait. Je levais les yeux jusqu’en haut de l’immeuble.

- Tu habites ici ? Si tu n’as plus besoin de moi, je peux te laisser là.

Je n’avais pas vraiment envie de la laisser toute seule dans cet état d’esprit, mais je ne pouvais pas non plus m’imposer comme ça chez elle. Enfin, si elle vivait bien là, je pouvais la laisser l’esprit tranquille. Il ne lui arriverait rien, n’est-ce pas ? Sauf que je restais planté là, sans chercher à m’éloigner. J’avais cette question qui me taraudait l’esprit depuis qu’elle m’avait avoué avoir subi des violences sexuelles. Je passais une main sur ma nuque et après je ne sais trop combien de temps je me décidais enfin à lui poser la question :

- As-tu… porté plainte pour… tu sais ?

Je n’avais pas envie de raviver une quelconque douleur, même si je n’étais pas coupable de sa souffrance, alors je préférais prendre des pincettes en parlant de ça.
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MessageSujet: Re: Qui ça ?! Moi bourrée ?!   Ven 12 Aoû - 23:06

Je savais déjà que boire autant m’attirerait des problèmes. Mais jamais, je n’aurais pensé que je finirais par raconter à un parfait inconnu mon hooorriiiible secret ! Mais, je m’en foutais. Sous l’effet de l’alcool on dit n’importe quoi, pas vrai ? Et puis, il n’allait pas me revoir de sitôt… Sauf si c’était un de mes clients et que je l’avais oublié !! OOOOOOH MON DIEU !!!! Je compromettais ma mission ! Allô Houston, nous avons un problème ! E.T. téléphone maison !!! Oups, je délirais !
Alors que je lui racontais ma vie, je sentis les larmes couler sur mon visage sans que je n’essaye de les essuyer. Voilà, voilà, mon mascara coulait, laissant de vilaines traces noires sur mon visage. J’allais finir par réellement ressembler à une prostituée.
Le gentil Maxon avait eu la gentillesse de me donner des mouchoirs. Je m’essuyais tandis qu’il passa un bras autour de moi et m’emmena vers mon immeuble. Alors que nous arrivions en bas, il me demanda si c’était ici que j’habitais. Je hochais la tête par l’affirmative. Je me mis à me ronger la peau de l’intérieur des joues. Je ne voulais pas rentrer… Me retrouver à nouveau seule, mes questions et mes peurs pour seules compagnie… Alors que j’essayais de me raisonner qu’il fallait que je monte, Maxon me demanda si j’avais porté plainte… J’eus un petit rire cynique.

« Personne ne me croirait. Je me suis retrouvée dans cette chambre d’hôtel avec ces deux sales types… On va dire que j’ai fait exprès, que je l’ai bien cherché… Non, non… »


Je me mis à faire non de la tête comme une enfant qui ne voulait rien savoir. Puis je baissais les yeux et observais mes orteils. Je les remuais comme soudainement fascinée par ce que je pouvais faire. Puis, je relevais la tête et dis à Maxon :

« Non, je veux les retrouver et je me vengerais… Comme Deadpool ! »

Ouaaaiiiis ça c’était une suuuper idée ! Bon, j’avais pas les pouvoirs de Deadpool mais je pouvais faire pareil non, genre je retrouve ces deux cons et je leur fais payer, d’une façon ou d’une autre… J’allais trouver…
Oooooh le monde tournait autour de moi. Ca tanguait un peu trop ! Oh merde ! J’allais vomir. Je mis d’abord une main sur ma bouche et finalement, je m’éloignais de Maxon et allais régurgiter mon dîner dans un buisson. Pourquoi j’avais décidé de boire comme ça ?!
Une fois vidée, je m’essuyais avec le mouchoir que j’avais eu plutôt. L’avantage, c’est que j’avais récupéré un peu de mes esprits. Le problème, c’est que je commençais à avoir très faim….
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MessageSujet: Re: Qui ça ?! Moi bourrée ?!   Mar 20 Sep - 12:17

Ramener la jeune femme à bon port n’avait pas été une des tâches les plus simples, mais nous avions réussi à le faire. Quelque part, cette fille là me faisait de la peine et en même temps, je ne pouvais pas m’empêcher d’être en colère. C’était mon âme de policier, voyez-vous ? Les violeurs tout ça… on leur donnait la chasse. Comme quoi, il y avait des malades partout. Des femmes violées par leurs petits copains, maris etc. c’était plutôt monnaie courante par rapport à ce qu’on pouvait penser. Bien sur, on en avait plus qui subissait ça d’inconnus, mais ça se jouait à quasiment du 50/50. Étonnant, n’est-ce pas ?

En tout cas, une fois arrivé devant l’immeuble de Jordynn, je lui demandais si elle vivait bien là et elle me répondit par l’affirmative. J’avais rempli mon devoir : je l’avais ramenée jusque là, je pouvais rentrer chez moi sans m’en vouloir parce que je l’aurais laissé au beau milieu de la rue. Sauf que je ne pouvais pas m’empêcher de vouloir en savoir plus à propos du viol qu’elle avait subi. Machinalement, je lui demandais si elle avait porté plainte. Je m’attendais un peu à ce qu’elle me réponde quelque chose du genre « bien évidemment », sauf que ce ne fut pas du tout le cas. Elle ne l’avait pas fait. Alors ça, j’étais un peu sur le cul parce que c’était la première chose qu’on faisait dans un cas pareil. Elle était persuadée qu’on ne la croirait pas. Je la croyais bien moi ? Et pourtant, je faisais parti des forces de l’ordre, même si techniquement, elle ne le savait pas encore.

J’étais aussi étonné qu’elle pense encore avec humour pouvoir se venger comme un héros Marvel. Enfin, on avait fait mieux comme héros que Deadpool. Ce film avait juste été fait pour avoir une touche d’humour dans la saga parce qu’il ne fallait pas trop le prendre au sérieux. J’arquais un sourcil et ne pus m’empêcher de lâcher :

- Tu comptes l’enfermer dans le coffre de ta voiture ?

Elle n’eut pas trop le temps de me répondre car aussitôt, elle s’éloigna de moi, tout en tanguant dangereusement sur les côtés. Elle allait à nouveau se ramasser si je ne la suivais pas. Sauf que ni une, ni deux, elle se pencha en avant et se mit à vomir ce que contenait son estomac. Il fallait bien que ça arrive à un moment ou un autre. Le mieux ça aurait été qu’elle fasse ça dans ses toilettes. Les pauvres gars qui lavaient la rue le matin allaient avoir du boulot. J’attendis qu’elle ait terminé pour la rejoindre et l’éloigner de sa flaque. Je n’étais plus trop sûr qu’elle puisse rentrer chez elle toute seule.

- Hum… Je pense qu’il vaut mieux que je te ramène jusqu’à ta porte, non ? Promis, je ne rentrerai pas si tu ne le souhaites pas.

Je pouvais aisément la laisser sur le pas de sa porte. Après, ce qui se passait au sein de son appartement ne me regarderait plus bien qu’il puisse lui arriver n’importe quoi : comme se prendre les pieds dans un tapis et s’assommer etc. Mais je n’étais pas un super héros, je ne pouvais pas tout empêcher dans la vie.
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MessageSujet: Re: Qui ça ?! Moi bourrée ?!   Ven 16 Déc - 21:20

Parfois, lorsque je souffrais réellement trop, je décidais d’aller faire la fête, de boire pour oublier et pour avoir l’impression d’être comme tout le monde. Sauf que souvent je finissais par me rappeler de la raison qui me faisais autant boire. Et la descente commençait. Je fondais en larmes et je n’arrivais plus à m’arrêter. Mais aujourd’hui, le gentil Maxon était là pour m’aider. Du coup, je me sentais un peu moins seule, ce qui m’empêchait de trop pleurer.

Je lui avais expliqué mon plan. La vengeance à la Deadpool. L’idée était plutôt cool ! Sauf que Maxon ne sembla pas d’accord avec moi. Alors que je réfléchissais à la question, mon estomac me prévint d’un haut-le-cœur. J’allais vomir. Une main sur la bouche, je m’éloignais de Maxon pour ne pas lui vomir dessus. Je me laissais alors aller dans un buisson pas loin. Je sortis un mouchoir et m’essuyais. Je détestais vomir mais l’avantage, c’est que je recouvrais un peu de mes esprits. Et je me sentais minable… Maxon me proposa de me ramener sur le pas de ma porte. Je m’entourais de mes bras, je sentais que j’allais craquer… Tout en retenant mes larmes, je lui dis :

« Ne me laisse pas toute seule, s’il te plaît… »

Je n’en pouvais plus de cette solitude constante… Je ressassais sans cesse cette terrible nuit, tout en me demandant, « Et si… »… Bien sûr, je n’avais pas de réponse, mais toutes ces questions me rendaient folle et me plongeais un peu plus dans l’alcoolisme. Heureusement que je n’avais pas touché à la drogue sinon je serais sûrement morte depuis longtemps d’une overdose.

Je savais que c’était stupide. Maxon ne serait pas éternellement là… D’ailleurs, je ne le connaissais pas. Mais pour une fois que j’avais trouvé une oreille attentive, je ne voulais pas le laisser partir. Cette nuit, j’avais peur d’être seule car j’avais peur de ce que je pourrais faire. Cette nuit, j’étais capable de tout, même de me faire du mal…
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MessageSujet: Re: Qui ça ?! Moi bourrée ?!   Mar 27 Déc - 14:04

Ramener la jeune femme à bon port n’avait pas été une des tâches les plus simples, mais nous avions réussi à le faire. Quelque part, cette fille là me faisait de la peine et en même temps, je ne pouvais pas m’empêcher d’être en colère. C’était mon âme de policier, voyez-vous ? Les violeurs tout ça… on leur donnait la chasse. Comme quoi, il y avait des malades partout. Des femmes violées par leurs petits copains, maris etc. c’était plutôt monnaie courante par rapport à ce qu’on pouvait penser. Bien sur, on en avait plus qui subissait ça d’inconnus, mais ça se jouait à quasiment du 50/50. Étonnant, n’est-ce pas ?

En tout cas, une fois arrivé devant l’immeuble de Jordynn, je lui demandais si elle vivait bien là et elle me répondit par l’affirmative. Je n’avais plus qu’une seule envie : aller me coucher. Mais je ne pouvais pas laisser cette femme se débrouiller toute seule. Surtout qu’elle avait l’air d’aller très mal. Il fallait vraiment aller mal dans sa peau pour boire à ce point, à s’en rendre malade. Des personnes comme Jordynn, j’en voyais tous les jours. Oui, quand j’étais de patrouille le soir, je les ramassais pour les mettre en cellule de dégrisement. Mais ce soir, je n’étais pas de service donc la seule chose que je pouvais faire, c’était de la raccompagner chez elle et éviter de croiser les collègues pour ne pas devoir leur expliquer quoi que ce soit.

J’avais de la chance que Jordynn soit assez lucide pour s’éloigner dès qu’elle sentait l’envie de vomir, pour éviter de le faire sur mes chaussures. Du vomi, ça se nettoyait, mais ce n’était pas ce qu’il y avait de mieux quand même. Nous étions arrivés devant l’immeuble où elle vivait. Je lui proposais de la ramener jusqu’au pas de sa porte, lui affirmant que je ne rentrerai pas, afin d’éviter qu’elle ne flippe ou qu’elle ne se fasse des « films » à cause de ce qui lui était arrivé. Peut-être qu’un prochain jour je reviendrai la voir afin qu’elle fasse au moins un dépôt de plainte. Même si cela s’était passé il y a un moment, ce qui lui était arrivé était tout de même grave aux yeux de la justice.

Je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit sur le point de pleurer. Elle devait être vraiment, vraiment, au plus mal. Puis quand elle demanda à ce que je ne la laisse pas toute seule, je ne sus pas du tout quoi répondre. Je hochais simplement la tête en guise de réponse parce que je ne pouvais décidément pas lui dire de se débrouiller toute seule parce que moi aussi j’avais une vie, que j’étais KO et que j’avais envie de dormir. Peut-être que c’était mon âme de flic qui parlait… Foutu conscience !

- Ok, ok, je reste un petit peu, répondis-je.

Tranquillement, je m’approchais d’elle et passais un bras autour de ses hanches pour l’aider à marcher jusqu’à la porte de son immeuble. J’espérais seulement qu’elle ne prendrait pas mal mon geste en revivant le jour où elle avait été violé. Non parce que s’il y avait bien une chose à laquelle je ne penserais jamais : violer une femme, aussi jolie soit-elle. J’aidais Jordynn à monter les escaliers jusqu’à la porte d’entrée de l’immeuble. J’attendis tranquillement qu’elle sorte les clés pour pouvoir entrer à l’intérieur et la mener jusqu’à sa porte. Je ne voyais pas trop ce que je pouvais faire d’autre pour le coup.
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MessageSujet: Re: Qui ça ?! Moi bourrée ?!   Lun 5 Juin - 15:27

Depuis cette nuit… Je m’étais sentie terriblement seule et abandonnée. La confiance, je ne connaissais plus cela. Après tout, comment faire confiance après ce que j’avais subi ? Ce n’était pas un inconnu qui m’avait menti, trahi et violé. C’était mon petit ami, l’homme que j’aimais… J’étais vierge. Il m’avait volé ma virginité, mon innocence. Mon envie de vivre n’existait que parce que j’avais soif de vengeance. Mais une fois que cela serait fait… Je ne voulais pas y penser…

Toujours était-il que maintenant que je retrouvais peu à peu ma lucidité, je me sentais minable… Heureusement que je ne vivais plus avec mes parents. S’ils voyaient ce que j’étais devenue… Parfois, j’allais les voir… Je leur mentais pour les rassurer. Je leur avais fait croire que j’avais fini par obtenir une bourse afin de faire mes études d’esthétique. En réalité, j’avais surtout continué la profession d’escort. Certes, je ne couchais toujours pas avec mes clients… La seule relation intime que j’avais connu avait été … Violente. Malgré mes réticences, je devais payer mes études. Je voulais toujours avoir mon salon… Mais, mes priorités avaient beaucoup changé. Mon agresseur étant dans ma ligne de mire. Mon ex avait quitté New-York. Je ne savais ni pourquoi il était parti, ni où il se trouvait. Peut-être avait-il eu vent de mes recherches… Mais le connaissant, il ne devait pas avoir peur que je le retrouve… Après tout, je n’étais qu’une faible femme.

Revenant à la réalité, je demandais à Maxon de rester un peu avec moi. Je ne supportais plus de rester seule avec mes souvenirs douloureux. Oui, Maxon ne resterait pas éternellement avec moi… Mais cette nuit, je ne supportais pas cette solitude. Maxon accepta. Mieux encore, il m’aida à avancer jusqu’à mon immeuble puis à monter les escaliers qui menaient à mon appartement. J’eus quelques difficultés à mettre la clé dans la serrure. Mes mains tremblaient, mes yeux étaient pleins de larmes… Mon Dieu, que m’arrivait-il ?
Une fois à l’intérieur, je jetais dans un coin mes chaussures et mon sac. Tout en allant dans le salon, je retirais mon manteau que j’abandonnais au sol. Il n’allait pas s’envoler, demain, je pourrais le remettre à sa place.
Je me calais dans un coin du canapé, les jambes relevées… Et soudain, les larmes coulèrent sans que je ne puisse les arrêter. Je pleurais ma vie d’avant, mes souffrances, ma vengeance… Et je n’arrivais pas à me calmer, les sanglots me faisant trembler. Bien que mes pleurs furent silencieux, j’avais l’impression qu’ils étaient aussi bruyants que si j’avais hurlé… Maxon allait me prendre pour une hystérique bipolaire !
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MessageSujet: Re: Qui ça ?! Moi bourrée ?!   Ven 17 Nov - 18:53

Lorsque je n’étais pas en service, j’essayais de me détacher un maximum de tout ce qui pouvait être relatif à mon boulot – oui parce que ramasser des jeunes femmes entrain de vomir leurs tripes, parfois ça faisait partie de mes attributions. Sauf que ce soir, je n’avais pas pu passer à côté de cette femme-là. Peut-être que mon instinct de flic était trop fort pour que je puisse y résister. Et puis ce n’était pas mon style de laisser quelqu’un dans le besoin comme si de rien était. Alors j’étais venu à son aide avec la désagréable sensation que je n’aurais pas dû parce que j’allais le regretter. Je ne m’attendais pas à ce la jeune femme vive un mal être aussi grand. Des femmes ivres, j’en voyais tous les jours. Elles avaient bien souvent une raison de boire et il semblerait que celle-ci soit assez grande pour qu’elle se tourne désespérément vers moi.

En bon gentleman, je la raccompagnais chez elle, essayant de faire des liens logiques avec les brides d’éléments qu’elle me donnait – consciemment ou non. Je pensais pouvoir la laisser en bas de chez elle afin qu’elle rentre tranquillement pour aller se reposer et passer une bonne nuit afin que demain soit un autre jour, mais elle ne semblait pas vouloir être seule. Elle avait besoin de compagnie et parce que je ne pouvais pas la laisser seule sans m’en vouloir – foutue bonne âme – je l’accompagnais chez elle. J’acceptais de rester un peu, en espérant que ça serait pas la nuit entière. Moi aussi j’étais crevé et j’avais besoin de sommeil. Mais je ne pouvais pas trop lui annoncer la chose comme ça. Elle serait capable de se sentir minable et de faire une connerie que je regretterai par la suite.

J’aidais donc Jordynn à rentrer chez elle. Elle eut un peu de mal à insérer sa clé dans la serrure à cause de ses mains tremblantes. Je voulus l’aider mais quand j’ouvris la bouche pour lui dire de me laisser faire, elle réussit enfin à ouvrir la porte de chez elle. J’entrais chez elle à sa suite et alors qu’elle retirait ses chaussures, j’en fis un peu de même. C’était une marque de respect envers son lieu de vie. Chez moi je n’avais aucun problème avec les personnes qui gardaient leurs chaussures, mais c’était mon choix. Un choix probablement discutable, mais bon. Tandis que Jordyn se dirigeait vers son canapé, j’allais ramasser le manteau qu’elle avait abandonné au sol. Je l’amenais jusqu’au canapé où je le posais. Il n’était peut-être pas mieux rangé, mais au moins il n’était pas au sol.

La jeune femme s’était mise à pleurer en se recroquevillant sur elle-même avec ses jambes remontées vers sa poitrine. Je m’installais à une distance assez raisonnable pour éviter qu’elle ne se sente envahie dans son espace personnel. Certains n’aimaient pas ça, même si certains préféraient avoir du soutien physique, certains, juste une présence à proximité ça suffisait. Je ne connaissais pas Jordynn pour savoir ce qu’elle préférait. Alors je préférais rester à une distance raisonnable.

- Est-ce que tu as déjà raconté ce qu’il s’est passé à quelqu’un ? demandais-je finalement.

Bon, implicitement je lui faisais comprendre que j’avais plus ou moins bien compris où était son problème dans toutes cette histoire. Mais en même temps, elle avait tout fait pour aussi laisser comprendre son problème. Il faudrait être idiot pour ne pas l’avoir compris, en même temps.
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MessageSujet: Re: Qui ça ?! Moi bourrée ?!   Mar 12 Déc - 22:03

Au cours de ma « carrière » d’escort, j’avais rencontré toutes sortes de personnes. Mes collègues étaient souvent des filles, plutôt jeunes et consentantes. Ce petit jeu de prostitution pour riches les amusaient. Pour la plupart, elles ne voyaient pas le mal car tant qu’il n’était question nulle part de prostitution, tout allait bien. Oui, pour beaucoup être escort-girl n’était pas de la prostitution. Plus d’une fois, j’avais essayé de faire entendre raison à certaines : payer pour du sexe, c’est de la prostitution. Mais bien sûr, c’était peine perdue. J’avais fini par abandonner car j’allais finir par m’égosiller pour rien.

J’avais beau me dire un nombre incalculable de fois que je n’étais pas une prostituée, je n’en croyais pas un mot. Ce n’était pas mes collègues que j’essayais de persuader mais mon propre esprit. Sauf que ça ne marchait pas… En dépit de mes efforts, d’où ma consommation excessive d’alcool. Je devais oublier tout ça. Le viol. Ma condition. Ce que je faisais pour vivre et payer mes études. Ca payait bien d’être la petite amie d’un soir d’un petit riche. Mais mon égo en prenait un coup. Et un violent. Je n’arrivais pas à comprendre comment d’autres y prenaient du plaisir, pouvaient aller jusqu’à se faire payer pour coucher avec leurs clients… Pour moi, c’était au-dessus de mes forces. Pas moyen pour moi de coucher avec un homme, argent ou pas. D’ailleurs, je ne leur faisais absolument plus confiance… Sauf mon papa. Lui, c’était le meilleur !
Assise sur le canapé, j’avais relevé mes jambes contre ma poitrine et les entourait de mes bras. Je me mis à pleurer de manière incontrôlable. Enfin pas avec des cris. J’étais silencieuse mais mes larmes ne cessèrent de couler. Je pleurais ma vie d’avant, ma virginité, ma joie de vivre… Toutes ces choses que j’avais perdu un soir, dans une chambre d’hôtel. Parfois, je m’en voulais… Comment avais-je pu être aussi naïve ? Si vraiment mon petit ami m’aimait, il n’aurait pas pu me vendre de la sorte, non ?
Maxon me demanda si j’avais déjà parlé de cette histoire à quelqu’un… Je lui répondis en lui faisant signe que non avant de lui dire en deux sanglots :

« Jamais… Personne… Ne… Croira… La… Prosti…tuée ! »

Je toussais légèrement et reniflais… Plus glamour, tu meurs. Sauf que je n’étais pas encore dans mon état normal. Et puis, Maxon m’avait vu vomir mes trippes un peu avant, m’entendre renifler… Il ne devait plus être à ça de près.
J’allongeais mon bras et pris le paquet cartonné de mouchoirs. Je me mouchais, puis m’essuyais les yeux, répandant ainsi tout mon mascara sur mes joues. Je devais ressembler à un cadavre…

« Je suis perdue… Je ne m’en remettrais jamais, c’est impossible… »

Ma voix se brisait un peu plus à chacune de mes phrases. C’était la première fois que je parlais de mon viol. La première fois qu’une personne voyait ma souffrance. Parfois, on me disait que j’avais un regard un peu triste, comme éteint. Mais j’arrivais à faire passer cela pour de la fatigue. Mais aujourd’hui, j’avais baissé les bras… Je ne me sentais plus capable de me battre…
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MessageSujet: Re: Qui ça ?! Moi bourrée ?!   Dim 24 Déc - 12:31

Je sentais bien que je m’étais mis dans une galère quelconque mais la jeune femme semblait être tellement dans le mal que je ne pouvais pas me résoudre à la laisser et à faire comme si de rien était. C’était ma conscience professionnelle qui parlait, bien sûr. Mais que pouvais-je y faire ? Alors j’avais raccompagné Jordynn jusqu’à chez elle. Moi qui voulais simplement rentrer chez moi pour aller dormir, c’était loupé. Et dire que j’avais pris une journée de congé… Je pourrais toujours dormir ensuite mais mes plans étaient tout de même contrecarré.

Dans l’appartement de la demoiselle, celle-ci était directement partie s’installer sur le canapé, à moitié roulée en boule sur elle-même. Elle vivait là un véritable traumatisme et j’ignorais comment l’aider pour le coup. Je n’étais pas psychologue. Des femmes violées, on en voyait tous les jours au poste. Mais à part prendre des dépôts de plaintes et arrêter les violeurs, je ne faisais pas grand-chose d’autre. Écouter les problèmes n’était pas mon métier mais là, je n’avais pas d’autre choix. Je m’assis sur le canapé, à une distance assez raisonnable d’elle afin qu’elle ne pense pas que j’envahissais son espace personnel. Je lui demandais si elle avait déjà parlé de cette histoire à quelqu’un mais apparemment ce n’était pas le cas parce qu’elle pensait qu’on ne la croirait pas.

- Et pourquoi pas ? demandais-je.

Elle se moucha et essuya ses yeux et ses joues, répandant ainsi son mascara, la faisant un peu ressembler à un panda. Mais j’avais déjà vu bien pire. Oh oui ! Je pouvais comprendre qu’elle semblait perdue.

- Pourquoi penses-tu que personne ne te croira ? continuais-je. Tu sais, on prend toujours au sérieux les affaires de viol, peu importe le métier pratiqué.

Si elle était vraiment une prostituée, elle pratiquait le sexe contre de l’argent, mais cela ne justifierait jamais un acte de viol. Peut-être que des personnes étroites d’esprit diront qu’elle l’avait cherché, mais moi je ne voyais pas les choses de cette façon.

- Aller, raconte-moi, lui demandais-je. Ça ne pourra que soulager un peu ta conscience.
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MessageSujet: Re: Qui ça ?! Moi bourrée ?!   Jeu 15 Mar - 22:50

Je m’étais toujours considérée comme quelqu’un de bien. Je ne volais pas, j’essayais de ne pas mentir, sauf si j’étais forcée. Je ne faisais de mal à personne… Alors pourquoi vivre une expérience aussi horrible ? On disait souvent que la vie n’était pas un long fleuve tranquille… Mais de là à souffrir d’une trahison aussi grande ? J’aurais préféré apprendre qu’il me trompait. Je l’aurais quitté et basta ! Mais non… Il avait fallu qu’il me viole. Rien que d’y penser, je me sentis trembler comme une feuille.
Je buvais dans l’espoir d’oublier mais à chaque fois, je répétais le même schéma. Pendant un temps, les souvenirs disparaissaient. Mais lorsque le brouillard de l’alcool se dissipait, ils revenaient petit à petit. Je me sentais alors minable de boire autant, de croire que je m’en sortirais… Je dessoûlais alors en pleurant seule, sur le canapé ou dans mon lit jusqu’à ce que le sommeil vint me chercher.

« Pourquoi ? Peut-être parce que je vends mon corps pour de l’argent… On ne viole pas une prostituée… »

C’est ce que j’avais entendu une fois… Une prostituée ne peut pas prétendre au viol. Elle donne son corps pour de l’argent, elle est donc un objet… Je reniflais doucement en regardant mes orteils vernis de noir. J’essayais de me rappeler ce que s’était d’avoir une vie normale, une vie où la couleur de mon vernis était la seule préoccupation que j’avais… Enfin, façon de parler. Maxon me proposa alors que je lui raconte ce qui m’était arrivée. J’hésitais… Je n’avais jamais raconté à qui que ce soit ce qui m’était arrivé, en dehors du policier auprès de qui j’avais déposé ma plainte… Mais après tout…

« Je… Je suis une fille bien… J’ai juste… Par où commencer… Mon Dieu… »

Je me passais les mains sur le visage, étalant un peu plus mon mascara sur mes joues. Au point où j’en étais…

« Cette merde a commencé quand je suis entrée en école d’esthétisme. J’ai toujours voulu avoir mon propre salon. Mes parents m’ont toujours soutenu mais l’école coûte cher. Je travaillais avant dans un fast-food. Et mon petit ami de l’époque m’avait proposé de devenir escort-girl. Je ne voulais pas, j’étais vierge et je n’étais pas prête à coucher avec lui alors avec des inconnus… Mais il m’a rassuré en m’expliquant qu’une escort n’est pas obligée de coucher, je n’aurais qu’à me faire passer pour la petite amie d’un homme. J’avais vraiment besoin d’argent donc j’ai accepté. Un soir, je devais rencontrer un homme dans un hôtel. Je devais me faire belle à ses frais pour une soirée, un gala d’après ce qu’il m’avait dit. Ce que j’ai fait… Sauf qu’ensuite… Le client est entré dans la suite, avec mon petit ami… Ils… Ils… »

Je tremblais, pleurais mais je voulais être forte. Pour la première fois depuis la plainte, j’en parlais… Maxon n’avait pas tort, ça me soulageait et en même temps… Je me sentais si mal. C’était comme si, j’acceptais que tout ceci soit vrai. Rien ne pourrait plus s’effacer…

« Ils m’ont violé… A deux. Chacun leur tour et parfois en même temps… Je criais mais personne n’est venu… Après, ils m’ont abandonné avec l’argent, en m’insultant. J’ai porté plainte… Mais je n’ai jamais eu de suite… En même temps, je suis escort, je l’ai bien cherché non ? Si, je n’avais pas fait confiance… »

Je craquais. J’éclatais en sanglots, le corps secoué. Je ne pensais pas pleurer encore mais c’était dur de retenir mes larmes. Après quelques minutes, je dis alors à Maxon :

« Je suis restée escort, même si, je refuse toujours le sexe. Je dois payer mon école mais je dois aussi retrouver mon ex et me venger. Je dois savoir où il est et lui faire payer ce qu’il m’a fait ! Il m’a volé ma virginité… Je… »

Mon cœur se brisa, ma voix également et je me mordis la lèvre inférieure dans l’espoir de ne pas encore craquer.
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MessageSujet: Re: Qui ça ?! Moi bourrée ?!   Jeu 10 Mai - 15:59

Les gens avaient de moins en moins confiance envers la police. Et je pouvais comprendre pourquoi. Mais moi qui me trouvais dans le métier, je pouvais aisément affirmer que parfois, on ne nous laissait pas beaucoup de choix, beaucoup d’option et nous n’avions pas toujours voix au chapitre. C’était difficile d’agir quand on nous liait les poignées. Techniquement, nous avions le droit de tirer à vue si l’envie nous chantait, mais quand il s’agissait de certaines affaires, nous devions attendre des ordres, des instructions de la justice. Ce qui faisait que parfois, nous ne pouvions pas arriver en force comme des malades sur l’instant présent et ouvrir le feu. On devait attendre des ordres. Et c’était ça que les gens ne comprenaient pas toujours.

La femme que j’avais en face de moi semblait avoir perdu tout espoir. Et pas forcément espoir envers la police, mais envers « tout le monde ». Je lui demandais les raisons qui la poussaient à croire que personne ne la croirait si elle racontait ce qui lui était arrivé. Je secouais la tête négativement.

- C’est vrai qu’on pourrait croire ça, mais être une prostituée ou pas, ça ne donne pas le droit à une autre personne d’abuser sexuellement de quelqu’un.

Je l’incitais à parler, à me raconter ce qu’il s’était passé. Je sentis bien son hésitation à me parler. Qui étais-je après tout ? Un inconnu qui l’avait ramassé sur le trottoir alors qu’elle vomissait l’intégralité de son estomac. Et puis, j’étais aussi un policier. Mais j’avais terminé mon service depuis quelques heures maintenant alors j’étais redevenu un simple citoyen de New York. Je ne la forçais pas à parler. Je ne voulais pas qu’elle se sente obligée, mais finalement, elle commença à s’exprimer ; affirmant qu’elle était une fille bien, ce dont je ne doutais pas. Elle ne semblait pas être une mauvaise fille. C’était juste une demoiselle qui n’avait vraiment pas eu de chance.

Je restais silencieux tout le long de son récit. Elle souhaitait devenir esthéticienne mais n’avait pas les moyens nécessaires pour intégrer son école. Comme la plupart des étudiants, elle avait voulu trouver un travail pour financer ses études. Mais il était clair qu’escorte ne faisait pas vraiment parti des métiers que les étudiants faisaient pour leurs études. Je compris qu’au final, elle s’était fait piéger. Je la laissais éclater en sanglot quand le récit commença à devenir trop dur pour elle. Que pouvais-je faire ? Il fallait affronter ses démons à un moment ou un autre. Et elle semblait déterminée à affronter ses démons puisqu’elle désirait se venger de son ex petit-ami qui lui avait volé son innocence. Cela pouvait se comprendre. Mais était-ce la bonne manière d’agir ?

- Si tu es escort, aujourd’hui, tu dois bien travailler pour une agence ? Ou alors es-tu à ton propre compte ? demandais-je.

Il n’y avait là aucune curiosité de ma part. C’était juste que si elle travaillait pour quelqu’un, son patron devait lui assurer la sécurité et elle avait le droit à l’assistance en cas de danger. Mais si elle travaillait pour son propre compte, à moins d’être enregistrée dans le répertoire des métiers, elle n’avait aucune garantie de sécurité et ça allait être compliqué de lui venir en aide par la suite.
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